8.5/10Séverin - Séverin

/ Critique - écrit par Plax, le 24/05/2012
Notre verdict : 8.5/10 - Vent frais, vent du matin (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Il y a quelques temps, on vous parlait de Séverin au travers de deux EP. Pour la première fois, il jouait lui même les musiques qu'il composait, et le moins que l'on puisse dire c'est que la qualité était au rendez-vous. Un an plus tard, et pas mal de travail accompli que ce soit pour son propre album, ou pour la belle Liza Manili, il revient sur le devant de la scène, avec cette fois-ci un album intitulé tout simplement Séverin.

Garçon glaçon

Séverin - Séverin
Séverin
Composer des musiques pour lui même a tout d'abord été un pas immense à franchir. Il nous dit : "Ce disque est un déclic. Avant, je n'aurais jamais eu le courage de me concentrer sur des textes, de parler à la première personne. Je suis d'un naturel discret, il m'a fallu du temps pour faire le grand saut, un peu raconter qui je suis". Des paroles bien humbles pour ce compositeur reconnu qui a déjà fait ses preuves. On perçoit dans ces paroles une sorte de timidité et un naturel très tendre que l'on retrouve avec grand plaisir dans cet album. Les deux EP qu'il nous avait fait découvrir en 2010 nous avaient laissé une impression très dynamique, avec beaucoup de clavier acidulé un peu "old school". C'est donc avec étonnement que l'on se met à écouter la première chanson.

La voix de Séverin vient se poser sur des notes très graves. Même si ses paroles ont toujours eu tendance à être mélancolique, Dans les graviers atteint un nouveau stade, presque triste...Chacun pourra se retrouver dans les mots de Séverin qui prennent aux tripes. On attend alors avec impatience la seconde chanson. Sexplication est inédite, et s'impose comme l'une des chansons phares du CD. Véritable coup de fraîcheur qui contraste complètement avec la première piste, on retrouve plus facilement le Séverin que l'on avait connu jusque là. Quelques secondes suffisent à véritablement accrocher et chantonner le refrain des heures après.

Parfaite alchimie

Séverin - Séverin
Séverin
La suite de l'album est exactement à l'image de ces deux premières chansons. On alterne entre musiques douces et musiques plus punchy, pour aboutir au final à un savant mélange très réussi. Les sujets abordés ont toujours quelque chose de très profond et on sent l'implication sentimentale de leur auteur. Ainsi Identité ou En Noir et Blanc reviennent sur des séparations douloureuses, et je n'ai pas besoin de vous expliquer de quoi parle Première Déclaration.

Malgré le fait que les sujets soient très profonds, cet album fait preuve d'une légèreté étonnante, une agréable nostalgie constante qui va vous coller à la peau tout au long des dix chansons. Influencé par l'un de ses héros, Jarvis Cocker de Pulp, capable d'écrire des choses très dures comme Common People, mais toujours avec une distance mélodique, Séverin arrive lui aussi a créer ce décalage.

Pour un premier album, c'est un coup de maître. On plane réellement pendant l'écoute d'un album qui ne ressemble à rien d'autre. On retrouve avec grand plaisir certains chansons de ces EP, on regrette que certains ne soient pas de la partie comme Les Yeux dans les Yeux, et on en découvre d'autres. Séverin s'ouvre véritablement à nous, et il est impossible de rester insensible à cette écoute. Une véritable réussite. Séverin, je te tire mon chapeau !

Sortie de l'album le 29 mai, et ne loupez pas son concert au Bus Palladium le 14 juin en compagnie de Liza Manili, Constance Verluca, Lafayette avec un un dj set de Punkyjewster.

Séverin - Séverin

  1. Dans les Graviers
  2. Sexplication
  3. La Revanche
  4. Identité
  5. Un Été Andalou
  6. Dommage Colatéral
  7. Première Déclaration
  8. Les Sirènes
  9. En Noir et Blanc
  10. Le Dernier Tube

En écoute, En noir et blanc

A découvrir
Maze - Some Noise
Maze - Some Noise
Urban Peace
Urban Peace
Lofofora - Le fond et la forme
Lofofora - Le fond et la forme