7/10Sépia - Sépia

/ Critique - écrit par juro, le 22/06/2006
Notre verdict : 7/10 - Portrait Sépia (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

Une ambiance sur laquelle on pourrait dépoussiérer un grenier abandonné pour retrouver de petites merveilles oubliées, la redécouverte d'une musique douce, sobre, aux accents simples et à l'allure légère. Sépia déclame des poèmes, des textes de qualité interprétés en duo avec retenue, conférant un côté observateur détonnant à des histoires nostalgiques ou actuels... qualité certainement obtenu à leur début sur la scène la plus populaire qui soit : les couloirs du métro parisien.
Derrière des titres courts aux sons émerveillés et merveilleux, ressuscitant tout un panel d'instruments rangés sortis de derrière les fagots. Avec un album éponyme, Florent et Marion nous emmènent dans leur monde fait de dualité siamoise. Etrange, sensuel et poétique.

Les instruments prennent une importance intéressante mêlant les genres entre un langoureux violon donnant une sensualité extravagante à ces petits bouts de texte sur lesquels la guitare reste l'élément de base. Sans attache particulière à un genre précis, Sépia se rapprocherait tout de même d'un certain genre de chanson française ponctuant le tout d'harmonica, de percussions et de piano. L'accordéon revêt encore une autre place, donnant un air discret de guinguette. Au-delà de l'instrumentation, les textes imagés sont superbement mis en valeur par un duo féminin/masculin aux voix s'alliant comme un métal indestructible. Pratiquant tous les styles, Sépia évolue entre solo et duo aux sonorités magiques, parfois naïves mais très souvent attachantes.

De la nostalgie se dégage d'images gravées dans les esprits : les départs de train (Le train express de midi) ou le troquet rempli de portraits hauts en couleur (La tête droite). Histoires mises en scène avec subtilité, les textes de Sépia créent un
véritable microcosme dans lequel on entre à tâtons, en s'imaginant ces descriptions (Carlotta, Le danseur de tango). Si le duo charme avec aisance, on a parfois l'impression que la diversité n'est pas toujours au rendez-vous et que le chant conserve les mêmes propriétés d'un titre à l'autre.
Désir de tranquillité épistolaire sur un air de piano, évitant facilement la page blanche de l'ennui (Nuisance) ou rupture (ir)raisonnée (Quiproquo), voici l'unviers de Sépia. Nicolévitch et Lévitch, titres siamois dans leur construction, ne sont que prétexte à transition pour mettre en valeur la sagacité des instruments sur Chanson claire obscure qui délivre la dualité déjà évoquée dans sa forme la plus parfaite, mettant Sépia face à lui-même, relatant un côté intimiste profondément marqué, en pointillé et sobriété. Jamais mieux servi que par l'ensemble de leur orchestration, le groupe connaît une flamboyance sur Et les jours passent, magnifique rêve éveillé.

Sépia parvient à créer une atmosphère entre goût d'antan et modernité, magnifiant le passé, explorant le présent. Une réussite qui aurait sans doute pu l'être encore plus sans les quelques côtés naïfs et inachevés de ce premier album. Et comme on sent déjà une qualité d'interprétation bien mise en scène dans l'album, la découverte sur scène s'impose...


Sépia - Sépia

01. Le train express de midi
02. Nuisance
03. La tête droite
04. Nicolévitch
05. Chanson claire-obscure
06. Lévitch
07. Carlotta
08. Librairie de Jadis
09. Quiproquo
10. Et les jours passent
11. Le danseur de tango
12. Vis à vies
13. Luna

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