7/10Sebastien Tellier - My God Is Blue

/ Critique - écrit par Carlitolindo, le 05/05/2012
Notre verdict : 7/10 - Le grand bleu (Ecrivez votre critique)

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Vous savez ce qui est bien ? C’est qu’en France on peut se targuer de regorger d’artistes de talents en matière de musique électronique, on a ceux qui percent de partout comme Justice, Daft Punk, Air, Laurent Garnier,.... ou d’autres qui montent de plus en plus comme Yuksek, Birdy nam nam, Mondkopff, Vitalic... Dans ceux-ci il y a un personnage encore à part qui a mis plus de temps à être reconnu, ce personnage s’appelle Sébastien Tellier. En règle général quand on prononce ce nom pour la plupart des gens, il vient malheureusement en tête l’épisode Eurovision. Vous savez ce grand rendez-vous musical européen où chaque nation envoie un guignol euh un artiste pour savoir lequel est le meilleur... c’est de plus en plus ringard mais vu que des groupes comme ABBA sont devenus connus grâce à ça on s’accroche encore à ce spectacle ridicule !


L'arrivé en Caddie de Golf c’était fort
Bref, il y a 4 ans Sébastien Tellier est choisi par France 3 pour représenter la France et c’est un petit désastre car il se classera que 19eme sur 25... Mais histoire d’en remettre une couche la chanson qu’il interprète Divine est en anglais et là toutes les générations senior voire même plus bas du pays s’offusquent car un chanteur qui représente la France doit chanter français (Merci la mentalité) et donc notre artiste chantera bien en anglais mais placera quelques mots de français histoire de ! Fin de cette parenthèse au combien douloureuse mais qui a eu le mérite de faire découvrir cet artiste grâce au buzz créé par cette représentation, peut-être était-ce calculé mais ce qui est sûr c’est que la cote de popularité de l’artiste a depuis grimpé en flèche.

 

Revenons à nos moutons Sébastien Tellier revient vers nous avec un nouvel album intitulé My God is Blue, après un album sur le thème de la politique avec Politics en 2004 puis le sexe avec... Sexuality en 2008 le chanteur, auteur, compositeur vient cette fois nous parler de la vision qu’il a eu après avoir ingurgité une forte dose de drogue qu’un shaman de Los Angeles lui avait appris à confectionner (véridique). Résultat notre homme a sombré dans un délire qui lui a fait découvrir le dieu bleu ou plutôt la vision d’un monde bleu... Enfin voilà le point de départ de l’album pour le thème, après l’artiste a décidé en parallèle de créer l’alliance bleue avec toutes les convictions qui vont avec ! Rassurez-vous ceci n’est pas une secte avec son gourou mais plutôt un mode de vie que je vous laisserai découvrir à travers ses interviews et pour certains le rassemblement qu’il a prévu à un endroit encore inconnu dans Paris. Chers lecteurs je me doute bien qu’avec ce paragraphe je vous ai plus fait peur qu’autre chose mais franchement quand on suit un peu le personnage on se doute bien qu’il n’y a rien de dangereux, il est sûrement un peu fou et c’est même plutôt amusant au final car cette petite folie ressurgit dans ses albums pour créer un univers sonore généralement fouillé et très mélodique... Bon il est temps de plonger dans ce bleu de My God is Blue go go go !

 

Rejoignez l’alliance bleue

 


la pochette ne passera pas inaperçu
On attaque avec le single Pepito bleu qui d’emblée avec son démarrage instrumental nous fait croire qu’on est devant un film. Le titre est baigné par des nappes électroniques, bien accompagnées par des chœurs et un petit texte religieux qui donnent l’élan mystique recherché par l’auteur... Si vous n’êtes pas convaincu regardez le clip il est particulièrement bien dans le ton. On suit avec The Colour of Your Mind qui sincèrement me suggère un peu Air à l’époque de Pocket Symphonie, le rythme est particulièrement lent, langoureux, atmosphérique avec quelques beats et effets électro bien placés pour un rendu final très spatial. On enchaîne avec Sedulous où notre auteur continue son voyage spirituel sur une rythmique toujours aussi lente pour finir sur un solo de guitare façon rockeur années 70. Cochon ville abandonne les sonorités vaporeuses pour nous rapprocher du bon vieux disco à l’ancienne. L’auteur avait souligné que quand il commence un nouvel album, il repart de rien et change complètement de matériel (sauf le piano bien sur) pour essayer de nouvelles sonorités. Sur ce coup là en l’espace de 3 chansons on vient de passer de l’électro french Touch 1.0 au rock puis au disco... Tellier ne se refuse rien et le manque d’équilibre nous désarçonne un peu.


Tellier  guide spirituelle? Celle la elle est pas mal
Pour preuve, la suite Magical Hurricane est une ballade à la guitare sèche avec le chant de Tellier en première partie suivi par une instrumentation électronique douce et mélancolique qui se termine par la puissance d’un orgue. Russian attractions porte bien son nom car l’instrumentation est étroitement liée à la grandiloquence du patrimoine musical russe. Vous voulez un peu d’alcoves ? Dans ce cas Mayday est fait pour vous ! La plage, les cocotiers à cette époque ça fait envie hein ? Toute l’architecture de la piste est basée là-dessus avec une construction langoureuse au possible ! Des restes de Sexuality peut-être... On passe l’interlude Draw your World pour parler directement de My Poseidon qui ne se dégage pas vraiment de l’emballage, instrumentation puissante mais pas vraiment de surprise sur ce titre. Against The Law est une démonstration Jarresque du travail électronique de l’artiste et du producteur de l’album Mr Flash, le titre baigne dans les beats et effets en tout genre supporté par le synthétiseur qui crée un fond sonore envoûtant. Au niveau du chant je vous dis juste qu’on discute apparemment d’un coiffeur... On passe au titre éponyme My God Is Blue qui est bien évidemment l’hymne mystique de l’opus, sans forcer son talent l’instrumental et les chœurs font le travail.  L’ultime piste Yes it’s possible est uniquement instrumentale, la piste démarre avec un déchaînement d’orgue pour nous plonger dans un grand fracas spatial frappé par une guitare électrique omniprésente, puis tout s’arrête jusqu'à la fin du titre comme pour symboliser le départ suprême vers les étoiles...

 

Le dieu bleu a trouvé son messie

 

Le 4e album studio de Sébastien Tellier devait en toute logique nous
Le trip de Mr Tellier n'a pas de fin
surprendre, et bien, on n’est pas déçu de ce point de vue là. « Maman » comme il se surnomme au sein de l’alliance bleu nous délivre un album à son image complètement barjot et en même temps toujours aussi poignant malgré un processus créatif complètement à l’opposé de Sexuality tant sa relation de travail avec Mr Flash fut compliqué. Il est évident qu’entre un Sébastien Tellier musicalement un peu extravagant, porté par ses visions et un producteur qui essaye de mesurer tout ça malgré un caractère bien trempé, il y a eu de la casse. Le résultat est tel que cette division se voit carrément sur l’opus qui est complètement décousu musicalement mais possède une certaine aura instrumentale. Le travail musical qui est, quoi que l’on puisse dire, remarquable, Colour of Your Mind, Cochon ville, Sedulous en tête, mais contrairement à ces anciens opus, celui-ci est beaucoup plus compliqué en terme d’approche d’écoute à cause d’une trop forte inégalité de style qui va sûrement faire bondir quelques récalcitrants malgré une omniprésence électronique devenue caractéristique chez notre auteur.

 


Au final Sébastien Tellier continue son chemin de trublion de la scène électronique française à travers une musique teintée de pop, de disco, de ballade à la guitare sèche ou encore de grand fracas instrumental soutenu par ce mysticisme trouvé à travers l’alliance bleu. On reconnaît volontiers que « Maman » continue de nous toucher avec sa musique et que d’après lui ce n’est que le début du long voyage vers les étoiles du dieu bleu.

 

Sébastien Tellier – My God Is Blue

 

1 Pepito Bleu

2 The Colour Of Your Mind

3 Sedulous

4 Cochon Ville

5 Magical Hurricane

6 Russian Attractions

7 Mayday

8 Draw Your World

9 My Poseidon

10 Against The Law

11 My God is Blue

12 Yes It's Possible

 

Pour finir voici le titre Cochon Ville suivi du « message » de Sébastien Tellier qui est juste... Oh allez je vous laisse découvrir !

 

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