7/10Friendly bacteria de Mr. Scruff

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 22/05/2014
Notre verdict : 7/10 - Cannot kill the bactery ! (Ecrivez votre critique)

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Les barbus ne font pas que du metal, ils peuvent aussi faire de l'electro. La preuve avec Mr. Scruff et ses bactéries amicales.

Me voilà bien embêté. Cette semaine est sorti Friendly bacteria, le dernier album de Mr. Scruff. En conséquence de quoi je me suis armé de mon courage, de mes oreilles propres et apprêtées et d'une feuille LibreOffice pour chroniquer cet album. La première écoute n'ayant apporté qu'une impression mitigée pour ne pas dire mauvaise, je plonge alors de nouveau dans les 54 minutes de l'opus. Une fois, deux fois, 5 fois, 10 fois. Pour au final rester sur un avis pas franchement plus tranché. La faute à quoi ? À qui ? La faute à un artiste qui sait faire de l'electro un poil originale, c'est-à-dire qui ne se contente pas de tenter de faire danser la foule à base de grosses basses vibrantes. Le titre éponyme part ainsi dans toutes les directions et on peine franchement à en extraire la substantielle moelle : les basses touillent les tripes avant que d'étranges sons viennent insinuer des frissons d'effroi le long de la colonne vertébrale. On commence à se dire que ces bactéries ne sont peut-être pas aussi amicales. Encore que le groove de Come find me, porté par la voix de Vanessa Freeman, semble contrebalancer cette impression en évoquant sensualité et suavité, sans vulgarité. Auparavant Stereo breath aura entraîné une agitation certaine mais pas effrénée des gambettes. Ailleurs Where am I officierait plutôt dans le registre de la remontée acide qui, une fois n'est pas coutume, se révèle franchement agréable tandis que We are coming verserait dans le neuroleptique technoïde agissant directement sur le cerveau.


DR. L'attaque des bactéries géantes, enfin presque

 

Le corps humain vit avec des centaines de milliers de bactéries amicales et Mr. Scruff semble s'être fait un devoir de démontrer que l'electro peut aussi toucher chaque parcelle de ce corps avec une flopée d'instruments comme autant d'espèces de bactéries : violoncelle sur Catch sound, piano sur Render me, guitare sur Thought to the meaning, trompette qui se transforme en rythmes d'influence caraibéenne sur Feel freeFriendly bacteria fait partie de ces disques que l'on pourrait écouter en boucle des jours durant et découvrir même à la millième écoute des détails nouveaux et inattendus.

Est-ce suffisant pour en faire un album à mettre entre toutes les mains ? Certainement pas, et là j'avoue parfois trouver l'opus un peu trop mou du genou, un peu répétitif (oui j'ose la tarte à la crème du mot répétitif pour un album electro) comme sur Deliverance et Render me. Le deuxième étant du reste le premier single issu de Friendly bacteria, vous pouvez vous en faire une idée ci-dessous.

Point faible : on s'pionce parfois

Point fort : il sait bien dessiner les bactéries

En écoute, Render me

Mr Scruff – Friendly bacteria

01. Stereo breath
02. Render me
03. Deliverance
04. Thought to the meaning
05. Friendly bacteria
06. Come find me
07. Where am I ?
08. He don't
09. What
10. We are coming
11. Catch sound
12. Feel free

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