7/10Scampi, héraut d'un monde nouveau

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 20/10/2018
Notre verdict : 7/10 - Scampip-hop (Ecrivez votre critique)

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Marketing, recommandations, bouche à oreille... et si, pour une fois, c'était le hasard qui nous faisait découvrir un bon groupe ?

C’est par le plus grand des hasards donc que je vous parle aujourd’hui de Scampi, groupe découvert dans une petite salle d’une petite ville de province des alentours de Lyon. Leur concert, parfois aérien et éthéré, parfois rampant et chtonien, m’ayant tout de suite emmené, je ne pouvais pas faire autre chose que me ruer sur leur galette, Do you know yourself ?, pour vous en faire part, chers krinautes adorés.

Guzheng en Rhône-Alpes

Mais avant toutes choses, rien de tel que de commencer par un petit tour sur leur site officiel où le groupe se place « «entre Morcheeba, Massive Attack et CocoRosie » pour une musique « teintée de hip-hop, de world, de rock progressif, sur un fond toujours marqué trip-hop ». Au passage, on note que l’étrange instrument utilisé sur scène par la chanteuse/instrumentiste s'appelle un guzheng. On constate aussi que le groupe a écumé les scènes de la région Rhône-Alpes avec des passages à l’Épicerie Moderne (69), à la Tannerie (01), au Fil (42) ou encore à la Belle Électrique (38). Assez normal finalement pour un groupe de Firminy (42).


DR.Scampi au Fil (photo de Joel Kuby)

 

Bref, cessons-là les lignes inutiles et plongeons-nous dans l’écoute de cet album à la pochette évoquant autant les volutes irisées du pétrole que des coupes de minéraux vues au microscope. Si la pochette nous évoque le pétrole, c’est sans doute à cause des longues nappes électroniques qui glissent sur les sons aqueux de Brand new world, un titre planant et mystique, savamment tissé et porté par une voix adorablement nasillarde rappelant les sœurs Casady de Cocorosie. En concert le morceau nous avait marqué : en CD, il ne se dépare pas de sa beauté. Si la pochette nous évoque un minéral, ce n’est sans doute pas sans rapport avec le très sombre Diggin’ dont le côté hip-hop visqueux et collant nous ancre profondément au sol. Si cette lourdeur étouffante, certes mâtinée d’envolées orientales donnant un peu d’air au titre, était encore plus palpable en concert, il n’en reste pas moins que ce Diggin’ est l’un des titres les plus marquants de Do you know yourself ? Planqué entre Brand new world et Diggin’, Do you know prend une complète autre voie en proposant une jolie et douce chanson d’amour avec un synthé et une batterie qui savent se faire délicats pour laisser toute la place à la suave voix de Morgane et dévoiler un nouvel aspect de Scampi.

Mis à part sur l’étrange Babet qui dépare un peu du reste de l’album avec ses sons acides, Do you know yourself ? valse constamment entre douceurs aqueuses (la bien nommée Water et ses vaguelettes qui deviennent rouleaux sur la fin), plages dansantes (United), morceaux sombrement beaux (Time on Earth) ou rythmes entêtants et hypnotiques (le sombre Unknown road). Autant dire que c’est un petit bonheur pour les oreilles. Et c’est encore mieux en concert !

La critique en 140 caractères : Creusant dans la fange ou planant dans les airs, Scampi joue avec les ambiances et les émotions de l’auditeur pour l’emmener dans son monde.

En écoute, Brand new world en live aux Abattoirs de Bourgoin-Jallieu :

Scampi – Do you know yourself ?

01. Brand new world
02. Do you know
03. Riverslow
04. Diggin’
05. United
06. Water
07. Unknown road
08. Babet
09. Time on Earth

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