7/10R;Zatz - Cruel summer

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 01/03/2012
Notre verdict : 7/10 - Plus qu'un ersatz justement (Ecrivez votre critique)

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Qui se cache derrière cet étonnant nom de groupe, R;Zatz qui n'en a rien d'un (d'un ersatz de groupe donc) ? Lyonnaise, l'artiste qui se cache derrière ce pseudo n'est en réalité personne d'autre que l'ingénieur du son du label Jarring Effects : elle a de fait collaboré avec des groupes aussi confidentiels que High Tone ou Ez3kiel. On a connu CV plus moche, d'autant qu'elle en est à son troisième album après Will we cross the line ? et Vagina rush, sortis respectivement en 2008 et 2010. C'est donc presque mathématiquement que sort en cette fin février 2012 Cruel summer.

L'été est-il cruel ? L'histoire ne le dit mais par contre cette galette est loin d'être cruelle. Au contraire elle semble complètement venue d'une autre planète où règne un sentiment indéfinissable dû à une musique qui dépasse les genres, qui explore des voies bien peu empruntées. De la même façon que pour Will we cross the line ?, R;Zatz se plait ainsi à endosser différents costumes.

C'est ainsi qu'une bonne partie de l'album est plutôt electro avec un côté planant assumé et surtout un côté expérimental évident : les sons surgissent et
De Jarring Effects à R;Zatz
disparaissent sans crier gare donnant ainsi une atmosphère étrange à Take a look in the mirror ou Flower in heaven sur laquelle des voix s'expriment à la limite de la conscience, avec un soupçon de tristesse, de désespoir. La présence de gros beats rend U got me plus poppy avec cependant un aspect hypnotique du plus bel effet : cet aspect est renforcé au long de Cruel summer par des loops intéressants : une guitare sur le titre éponyme, un sitar sur Meadows of the soul. Planant et hypnotique, voilà deux qualités indéniables de la musique de R;Zatz. Pourtant la Lyonnaise sait aussi créer bien d'autres ambiances avec, par exemple, le très beau Cycle streams qui mêle chants religieux et sons noisy inquiétants pour un résultat pour le moins étonnant. Étonnant est d'ailleurs aussi un terme qui siérait, pour des raisons cependant différentes, à Jaws, I can't believe ou Dark brown eyes. La première est tellement classique dans un registre pop-rock « guitare-batterie-basse-voix » qu'on croirait presque entendre du Moriarty. La deuxième dénote franchement avec le reste de l'album : plutôt orienté techno, elle est loin, d'être loin de nous enthousiasmer. Enfin la troisième n'a rien à voir non plus avec le reste de l'album : sur cette petite douceur un poil electro-jazzy, la voix de Marilou répond à merveille à celle de Black Sifichi qui sonne comme du Lou Reed. Et ce n'est pas un mince compliment ! Pourtant, le titre le plus impressionnant, l'acmé de cet été cruel, a une toute autre coloration : Stormy, comme son nom l'indique, est noir-violet comme les nuages précédant l'orage et possède cette électricité qui hérisse les poils dans l'attente de l'explosion céleste. S'il fallait un jour choisir un titre pour expliquer comment faire ressentir une atmosphère, on pourrait sûrement choisir celui-ci.

Avec Cruel summer, R;Zatz commet un bien bel album qui, malgré une ou deux fautes de goût, sait nous faire visiter des milieux bien différents en jonglant allègrement avec les genres, les atmosphères.

R;Zatz – Cruel summer

01. Take a look in the mirror
02. U got me
03. Cruel summer
04. Meadows of the soul
05. Flower in heaven
06. Cycle streams
07. Jaws
08. Dark brown eyes
09. Stormy
10. Take a pill
11. I cant believe
12. Ordinary chronicle
13. Bo-Kyo

En écoute, le teaser de Cruel summer.

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