7/10Ropoporose, loin de Seven Nation Army malgré les apparences

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 20/02/2015
Notre verdict : 7/10 - Amour pachydermique (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Vous voulez savoir pourquoi Ropoporose s'apelle Ropoporose ? Vous voulez connaître cet Elephant love qu'ils nous offrent ? Lisez la suite.

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », c'est ce que nous a enseigné Jean de la Fontaine dans Le lièvre et la tortue. Force est de constater que cette maxime est bien rarement mise en application puisque nous chroniquons aujourd'hui un album sorti il y a déjà 3 semaines. Autant dire une éternité dans un monde de la musique qui croule sous les sorties chaque lundi.

Pourquoi une chronique alors ? Tout simplement parce que cet Elephant love est une belle réussite, un de ces albums qui offrent une palette variée aux oreilles de l'auditeur, qui savent jouer avec les sentiments et les sensations pour nous embarquer sur leur howdah bercée par le lent mouvement d'une musique finalement loin du pachyderme.

L'ouverture se fait ainsi avec une belle petite perle enchanteresse et charmante dont la musique douce et soyeuse est accompagnée à merveille par la voix toute aussi douce d'une chanteuse angélique. Et si le morceau s'intitule Day of may, c'est sans doute pour faire écho au muguet porte-bonheur qui pourrait parfaitement représenter la délicatesse du morceau, une petite clochette d'un blanc virginal qui s'éveillerait sous le chatoiement des premiers perles de rosée avant d'être baigné par le soleil timide et chaleureux de la trompette voluptueuse d'un Desire moite.


DR.

Comme pour ne pas rester dans la même rengaine au long de la cinquantaine de minutes de Elephant love, Moïra nous montre une autre facette de Ropoporose en dévoilant un côté noisy pop qui nous amène sur des terres plus fangeuses, loin des envolées mignonettes des premiers morceaux. Comme si le groupe ne pouvait se contenter d'une seule apparence et se devait d'offrir toute l'étendue de son âme à l'auditeur. Elephant love se balance ainsi d'une patte sur l'autre mélangeant les genres, se les réappropriant pour construire un édifice aussi classieux qu'un magasin de porcelaine. Et aussi fragile tant on croirait un instant que la construction pourrait s'effondrer au moindre instant.

Pourtant il n'en est rien, chaque morceau apporte son lot de satisfaction comme Elephant love dont la guitare saturée amène par vagues cette voix légèrement noise avant qu'elle ne submerge tout d'un tsunami post-rock dévastateur. Ou comme 40 slates qui prend le parti d'une voix plus folk mais non moins réussie notamment grâce à un final très aérien. Ou encore le morceau terminal, instrumental sans nom sautillant et trépidant, histoire de clore l'album par un rythme enjoué qui ne peut qu'amener le sourire aux lèvres.

Romain et Pauline, frère et sœur de leur état, et aussi les Ro et Po de Ropoporose, n'ont pas 40 ans à eux deux paraît-il mais ils savent dans ce premier album mélanger de purs moments enchanteurs ou d'éreintants passages noisy pour un résultat franchement agréable.

Point fort : de la pop qui sait jouer avec nos émotions, c'est forcément du tout bon

Point faible : un nom qu'il faut toujours vérifier avant d'en parler

La critique en 140 caractères : Chatoiement de la rosée sur le muguet, tsunami saturé dévastateur, amour pachydermique. Ropoporose, un nom à se rappeler.

En écoute, Consolation

Ropoporose – Elephant love

01. Day of may
02. Desire
03. Moïra
04. Whu-whu
05. Empty headed
06. Elephant love
07. Consolation
08. My god
09. 40 slates

A découvrir

Vous pouvez aussi découvrir d'autres excellents articles sur Krinein, comme celui-ci : White crocodile et Fragile, deux EPs, deux univers, deux réussites