10/10Roger Waters - Dark Side Of The Moon Live

/ Critique - écrit par Jade, le 27/07/2006
Notre verdict : 10/10 - Incroyaaaaaable ! (Ecrivez votre critique)

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Concert de Roger Waters à Magny-Cours le 14 juillet 2006

C'est vers les 14h tapantes que le fan moyen des Pink Floyd sort du train, gare de Nevers, lunettes de soleil au nez et T-shirt collector collé au torse. Il frétille de bonheur, et il a bien raison, car il ne reste plus que 4 heures et 30 minutes avant l'heure annoncée sur son billet de concert de son groupe préféré. Bon, en fait de toute la formation, il n'y aura que Roger Waters (chanteur et bassiste) et Nick Mason (batteur), mais ça, il ne faut pas lui dire.


Le concert a lieu à Magny-Cours, le vendredi juste avant le Grand Prix. Occasion rêvée pour les deux compères anglais, amateurs de conduite, de réunir plein d'adeptes de musique planante et de gros moteurs sous la même égide, à savoir un concert inoubliable du 14 juillet. Le Fan, le vrai, le pur, n'en a que très peu à faire du Grand Prix de Magny-Cours. Et pour cause, il arrive le jour même du concert, et prendra un train de retour à Nevers à 6h tapantes le lendemain (il pourra alors constater qu'une bonne centaine de jeunes de son age ont choisi la même option que lui et larvera avec eux pendant 4 heures à la gare). Il a bien organisé son voyage, malgré les nombreuses épreuves qui l'ont attendu jusqu'ici - l'absence de trains de retour direct vers Paris pour cause de travaux en étant une.

Après un voyage en navette des plus étalé jusqu'à Magny-Cours - 15 kilomètres en 3 heures environ, c'est à pied que le Fan parcourera le chemin restant du voyage jusque dans les bras de son groupe fétiche. Assoiffé, il achetera une bibine à neuf euros avant d'aller s'assoir dans l'herbe et de s'occuper sagement avant le début du concert. C'est alors que surgiront pluies et Laurent Voulzy. Certes, au moins l'un des deux était annoncés sur l'affiche, et l'autre vient plutôt à point après la marche folle de l'après-midi. Cependant, entendons nous : que l'un ou l'autre dure trop, et ce pourrait être le concert entier qui serait gaché.
Fort heureusement, le vent et un public unanimement recalcitrant auront assez vite raison des deux malotrus.

Roger Waters surgit alors de nulle part, tel un diable hors de sa boite. Quelques mots en français, et le voilà qui enchaine sur In The Flesh. Pris complétement au dépourvu, le public se prend les premières notes dans la face sans même avoir le temps de réagir à la décharge musicale qu'il vient de recevoir. Le choc est difficilement descriptible, le public en liesse et notre Fan complétement affolé par ce qu'il voit et entend sur la scène. Après un Mother tout aussi percutant où Waters arrive avec une aisance déconcertante à pallier l'absence de Gilmour grâce à des voix féminines particulièrement bien choisies, le concert se transforme en un poignant hommage au tout juste décédé Syd Barret, premier chanteur du groupe. Ainsi Waters reprendra Set The Controls For The Heart Of The Sun, issue de leur pèriode psychédélique, et bien entendu l'immense Shine On You Crazy Diamond, heureux détour musical tout à fait inattendu, sauf par ceux les plus au fait des choses.

Déjà visiblement essouflé, la voix enrouée entre les chansons, Waters persiste avec Have A Cigar et Wish You Were Here, premier temps fort attendu du concert, qui arrive drôlement tôt. O Roger, que nous réserves-tu pour la suite !?? Après un sympathique petit détour sur le très souvent oublié Final Cut (très politisé et trop watersien) et sur la carrière solo du chanteur (dont un Leaving Beirut en hommage aux victimes des bombardements au Liban), on passe aux choses sérieuses. La première partie s'achève pourtant sur Sheep, qui mène systèmatiquement à désirer LA chanson d'Animals, à savoir Dogs, qui ne sera pas jouée. Erreur bête, la première de la soirée, qui laisse le Fan sur sa faim juste avant de passer au morceau de bravoure de la soirée, à savoir l'album entier Dark Side Of The Moon en live.

Dix minutes de pause ni plus ni moins, et revoila Roger, accompagné cette fois de son compère Nick Mason. La set list suit celle de l'album, et l'on note des coups d'éclat sur Time, Us And Them, et le grandiose final, Eclipse. Waters, essouflé lors de la premiere partie, est comme regénéré par les ondes floydiennes émanant de Mason et se lache véritablement. Il offre un spectacle digne de la grande époque - du moins telle que l'on peut l'imaginer, avec pour seule difference qu'il n'insultera pas son public aujourd'hui. Accompagné d'effets visuels impressionnants et d'une armada d'amplificateurs, Waters fait revivre à lui seul l'ambiance incroyable qui devait règner lors des concerts les plus enflammés du groupe au cochon rose. Des cris, des coeurs, des applaudissements, des solos de guitare démentiels à la Gilmour, en bref de l'émotion.
Un faux départ suivi d'un rappel. Waters finira sur cinq chansons de The Wall, notamment Another Brick In The Wall Part 2, et un Comfortably Numb enflammé plutôt prévisible en guise d'adieu. Rien ne manque, si ce n'est un petit Hey You, ou encore une ou deux petites chansons issues du terrain de chasse gardée de Gilmour - à savoir The Division Bell.

Mais il n'y a pas de quoi être déçu. Ce concert restera comme un moment de pur bonheur, bien trop court, mais aussi d'une intensité incroyable. Un peu comme apprendre à faire du vélo ; une expèrience unique que l'on oublie jamais, qui modifie profondément l'approche musicale de celui qui la subit, et qui fait se dire avec le recul que pour rien au monde, à aucun prix on aurait voulu rater ces 2h30.
Difficile, impossible d'être subjectif en parlant d'un tel concert. Toute cette nuit du 14 au 15 juillet 2006 aura toujours ce petit coté onirique qui fait qu'il sera toujours peu aisé de prendre de la distance par rapport aux événements. Cependant, une seule chose reste sûre et certaine, une évidence même pour quiconque les a vécu : à aucun autre endroit sur Terre il n'aurait été préférable d'être qu'à Magny-Cours ce soir-là.

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