7/10Röyksopp - Melody A.M.

/ Critique - écrit par Kassad, le 20/12/2003
Notre verdict : 7/10 - Mélodies de l'après-midi (Ecrivez votre critique)

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La Norvège est un pays scandinave, pour ainsi dire froid, voire gelé la majeur partie de l'année. On pourrait donc légitimement penser que dans ce grand paradis blanc plus propices aux ours polaires et aux rennes qu'aux clubbers déchaînés d'Ibiza la scène musicale y soit atonique. Bon d'accord il y eu a-ha, qui avec le recul nous fait bien rire, mais quid de la musique en ces terres glacées en dehors de ces derniers ? Röyksopp est un groupe formé de Tobjorn Brundtland et Svein Berge. Ils se sont connus au lycée de Tromso aux débuts des années 90. Ils ont mis une petite dizaine d'année pour nous concocter Melody AM, à la norvégienne en prenant leur temps. A la norvégienne aussi s'est passée la diffusion de cet album. Par le bouches à oreilles principalement. On comprend qu'il ait mis du temps à descendre du cercle polaire pour rejoindre nos régions. Les artistes espéraient secrètement en vendre 20 000 exemplaires. Ils l'ont terminé en se nourrissant uniquement de purée en flocons d'après la légende... Presque trois ans plus tard leur album tient toujours le haut du pavé numérique et ce sont plus de 750 000 CD qui sont partis. D'ailleurs en ce moment, consécration suprême de notre société de consommation, on peut les entendre comme support d'une pub pour l'internet haut débit (So easy)...

Melody AM est de l'electro soft. Le genre d'album à écouter idéalement en hiver, bien au chaud chez vous un chocolat chaud, fumant, dans les mains (en douce compagnie c'est encore mieux). C'est le genre de musique qui donne envie de cocooner (so easy, eple). Cependant, insensiblement au cours de l'album l'atmosphère se modifie peu à peu et sans le voire venir vous vous trouvez face à Poor Leno, le genre de morceau qu'on imagine très bien entre 3 et 4 heures du matin dans un hangard isolé supporté par des kilos de son au milieu d'une foule, comment dire, excitée ou extasiée... Puis deux plages plus loin c'est au tour de Royksopp Nigh Out, une boucle synthétique évoquant une course sans fin, une fuite sans issue. Une ligne mélodique implacable qui progresse par à-coups et en même temps revient sans cesse sur elle même. Une sorte de labyrinthe musical (à noter qu'il s'agit du plus long morceau de l'album 7 minutes 30) : chaque porte qui s'ouvre ne fait que donner sur un lieu presque équivalent à celui qu'on vient de laisser. Et juste quand on croit en avoir terminé la course repart de plus belle. Vraiment un morceau magnifique ! Tout de suite après Remind Me fait retomber la pression et propose une mélodie sans ambages, gentillette, qui rappelle un peu le son électro des années 80. Un rythme bien marqué et un synthé qui ne se cache pas derrière son petit doigt, mais qui au contraire s'affirme sans honte de ce qu'il est.

Au final cet album ressemble à une sorte de sandwich : une tranche d'énergie entourée de deux morceaux de calme et de douceur. Une certaine nostalgie se dégage de cet album. Mais c'est une nostalgie qui donne envie de regarder en avant pas de ressasser sans cesses le passé. Une musique mature qui s'assume et qui sans se renier aspire à de nouveaux horizons. Rafraîchissant à tous points de vue, cet album est un témoin important de la richesse et de la diversité de la scène électro. a conseiller à tous ceux qui pensent qu'elle se réduit à des Benny Benassiries.

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