8/10Rockingchair - Rockingchair

/ Critique - écrit par wqw..., le 14/10/2007
Notre verdict : 8/10 - Les souffles au cœur (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 1 réaction

Des couleurs empreintes du jazz contemporain notamment américain mais qui tire aussi parfois du côté d’un Tom Waits ou de celui d’un post-rock mouvant…

Groupe né, un peu par hasard, lors d’une pause au studio de la Buissonne, Rockingchair célèbre la rencontre de la trompettiste Airelle Besson (qui passe aussi parfois au violon ou aux claviers) et de Sylvain Rifflet (saxophones, clarinettes, flûtes) qui, après cette expérience improvisée, ont souhaité l’approfondir sérieusement pour proposer aujourd'hui un premier album, fruit de ces pérégrinations musicales.

Rockingchair
Rockingchair
Airelle, premier prix du CNSM de Paris, se produit régulièrement avec François Jeanneau, Alban Darche, Laurent Cugny, l’ONJ ou le Sacre du Tympan, la croisant un peu partout sur les scènes du globe ou sur disques aux côté de Charlie Haden, Carla Bley, Dave Liebman, John Abercrombie, Rhoda Scott ou Daniel Humair, et plus récemment avec les hongrois Winand et Gadó, fers de lance du label Budapest Music Center.

Même formation pour Sylvain qui consacre son souffle à d’autres instruments, d’autres formations, d’autres leaders comme Riccardo Del Fra, Aldo Romano, Kenny Wheeler, Didier Levallet ou Daniel Yvinek, Pandémonium, Mégaoctet. Autres gros cubes, autres sacres… et puis la fondation de Rigolus, fanfare non conventionnelle et chahuteuse…

Rockingchair
Rockingchair
Les thèmes ébauchés alors se structurent, la réflexion autour de ces compositions permet au groupe naissant de faire des choix esthétiques, de se positionner musicalement, de s’entourer de musiciens supplémentaires pour aborder dans les meilleures conditions le difficile exercice de l’enregistrement. Si la qualité technique est bien évidemment au rendez-vous, les deux compères accordent un soin tout particulier au son. Une approche qui leur permet d’affirmer un caractère qui ne soit pas le simple reflet d’expériences et d’influences trop marquantes, trop marquées. Un rapport avec le travail de studio qui se rapproche finalement assez de celui du rock, les touches électriques étant impulsées comme autant d’indispensables doses homéopathiques.

On retrouve ainsi des atmosphères, des couleurs empreintes du jazz contemporain notamment américain mais qui tire aussi parfois du côté d’un Tom Waits ou de celui d’un post-rock mouvant… un jazz vif, évolutif et haut en couleurs, qui laisse aussi la possibilité à chaque soliste de laisser libre-court à sa volubilité. Fausse réserve qui cache une vraie sensibilité pour Airelle, à la fois incisive et sucrée, foisonnement sous contrôle pour Sylvain, l’orage gronde et n’est jamais bien loin d’éclater.

Rockingchair
Rockingchair
Pourtant c’est bien la notion de groupe qui prend ici toute sa signification. Une cohésion, une homogénéité que l’on s’étonnerait presque de trouver dans une première réalisation. C’était sans compter sans la clairvoyance de ses musiciens et un esprit qui cadre parfaitement à celui de Chief Inspector, label qui s’établit de plus en plus comme la référence hexagonale incontournable en matière d’innovation dans le jazz, un vivier foisonnant, rafraîchissant qui affole les boussoles poussiéreuses.

 

Rockingchair - Rockingchair
01. Boo Boo
02. Forget It
03. Ma-ion
04. Fly Away
05. Désert
06. Duo
07. Wee Man
08. Tsunami
09. Éternité
10. Bout de Boo Boo

A découvrir
Aldebert - Interview
Aldebert - Interview
Tenacious D - Tenacious D
Tenacious D - Tenacious D
Bruni (Carla) - Quelqu'un m'a dit
Bruni (Carla) - Quelqu'un m'a dit