8.5/10Rock en Seine - Edition 2004 : 27 août

/ Critique - écrit par juro, le 31/08/2004
Notre verdict : 8.5/10 - Rock en scène (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 5 réactions

Un ciel bleu presque dépourvu de nuages, un cadre absolument idéal pour passer sept heures en musique avec de nombreuses têtes d'affiches... l'édition de Rock en Seine 2004 promettait beaucoup. C'est donc avec beaucoup d'entrain que j'arrivais (à la bourre !) pour assister au show de Rock en Seine de ce vendredi 27 août. Je m'élançais à l'assaut du parc du domaine de Saint Cloud pour voir le spectacle en écoutant Joss Stone, bon présage puisqu'elle est au programme...  

Les amuse gueules

J'ai commencé par voir un petit bout de Blanche qui ne s'attendait pas à voir autant de monde pour eux. Un mélange de country rock qui m'a plongé dans l'univers des cow-boys. Au son du banjo, l'ambiance proposée par le quintet est plutôt sympathique sur la scène de la Cascade et comme aucun autre concert n'a encore commencé, la performance des artistes portant allégrement le costume cravate est un avant goût dépaysant. Leur expérience de la scène leur permit de se mettre au moins le public dans la poche. Ca lance le festival donc on prend sans cracher dessus même si ça ne casse pas des briques.

A part les grosses affiches, je ne connaissais pas grand chose des autres groupes présents et Flogging Molly et Wax Poetry ne m'ont pas comblé. Le premier toujours dans le style country rock a commencé à chauffer timidement la grande scène, le second était sur la petite et se serait presque révéler comme une erreur de casting vu le peu d'enthousiasme que leur prestation trip hop a déclenché. A peine deux titres et je reviens sur la grande scène pour voir la première grosse tête d'affiche...

Passons aux choses sérieuses avec The Roots. Même s'ils n'en sont plus vraiment une, le groupe fait figure de première partie avant le grand show. Déjà bien connu pour être l'un des rares groupes de hip hop à sampler du rock, le show livré par les américains commence dans la bonne humeur. Le public ne s'y trompe pas et moi non plus. En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, voila Rock en Seine vraiment lancé ! En plus de réaliser une performance plus qu'honorable, The Roots nous a offert de purs instants de folie comme ces monstrueux solos de basse et de guitare et ce duo batterie/percussions. Conquis, le public hurlait à plein poumon sa joie devant ce fabuleux spectacle tandis que les artistes en rajoutaient, sortant sous une ovation méritée. Du coup, distribution de CDs (et de serviettes !) au public, The Roots a marqué son passage à Paris.

Les affiches au rendez-vous

On m'avait dit beaucoup de bien de Sonic Youth sur scène. Leur énergie a fait d'emblée la différence, les guitares chauffent et le show est réellement apprécié par le public connaissant les titres. Malheureusement, je ne connais que des petits bouts et à part Teenage Riot, je ne pourrais pas vous conter ce qu'ils ont joué. Bougeant d'un bout à l'autre de la scène, les guitares en guise de fanions au dessus de leurs têtes, Thurston Moore et Lee Ranaldo laissent Kim Gordon stoïque au milieu de la scène. Les fins de titres sont parfois un peu bizarres, sonnant parfois comme du rock expérimental prêt à faire exploser les tympans. Plutôt plaisant mais pas totalement conquis devant le spectacle, la fin du concert de Sonic Youth m'annonce enfin le grand show de la soirée...

Pour les artistes suivants, un fond blanc et des luminaires sont installés sur scène. Jack et Meg découvrent un public chauffé à blanc par l'attente concédée durant près de cinq heures pour les contempler. The White Stripes sont à Rock en Seine. Une petite déclaration et on est parti pour une heure non stop de musique durant laquelle les frère et soeur White vont enchaîner titre sur titre. Bien content de connaître les titres (Black Math, Ball & Biscuit, When I Hear My Name...), c'est tout le public qui participe cette fois-ci et notamment sur I just don't know what to do with myself (sur lequel j'ai dû perdre une ou deux cordes vocales). Peu chaleureux avec le public, The White Stripes ne montrent pas beaucoup d'émotions aux parisiens de l'instant mais le spectacle y est. Les écrans montrent une fosse blindée, à la limite de la rupture. Un peu plus loin, on est aussi comme des sardines en boîte mais l'ambiance est toute aussi bonne. Sans forcer leur talent, le groupe offre un spectacle de qualité. Pourtant, pendant un instant, un grave oubli se fait sentir... et Seven Nation Army alors ? Mais après un bref rappel, les revoilà entamant leur morceau phare. Les choses étaient faites en grand pour cet ultime moment partagé avec les White Stripes mais l'impression laissée reste quand même celle d'un titre expédié « à la va-vite ». Une attente récompensée mais une fin qui laisse un petit goût d'inachevé.

In the cold cold night... avec Joss Stone

Le spectacle continuait ensuite avec les Chemical Brothers sur la grande scène. Une grande partie du public les désertait pourtant pour rentrer... et finalement s'arrêter devant Joss Stone. Le public ne se massait pas pourtant pour voir le nouveau petit phénomène de la soul. Agée de seulement seize ans, la jeune fille irradiait de sa présence la scène de la Cascade avec une bonne humeur enfantine. Le sourire aux lèvres et la candeur de ses paroles ont contribué à maintenir couples et célibataires durant quelques instants devant elle. En l'espace de quelques titres, je suis tombé sous le charme de cette belle sirène. Elle nous a même fait le plaisir de nous faire profiter en exclusivité de plusieurs titres de son prochain album. Une petite note fluette au sein du gros son de cette journée, comme un pied de nez idéal pour conclure en beauté ma soirée sur les coups de 23h. Je m'éloigne en entendant les Chemical Brothers faire résonner les amplis dans cette fraîche nuit.

Rock en Seine a tenu ses promesses pour le plus grand plaisir de tous. Ma critique non exhaustive n'a pas compris les performances de Daniel Darc, Electrelance et Yann Destal car devant la valeur des têtes d'affiche, il fallait faire un choix. Quelques heures plus tard, le déluge sonore allait reprendre avec Muse, Archive, Buck 65...

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