Rock en Seine 2012 - Samedi 25 août

/ Compte-rendu de concert - écrit par froo (), le 30/08/2012

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Samedi 25 août 2012. Me voilà partie au Parc de Saint-Cloud pour mon 3e Rock en Seine, le premier en six ans. Ça a encore changé depuis : le festival s'est doté d'une 4e scène, de nouvelles animations en tous genres et s'étale sur trois jours. On en est maintenant à la 10e édition !

Terrassée par une crève post-canicule, je suis réduite à l'état de zombie. J'appréhende un peu de passer la journée debout à courir dans tous les sens, probablement sous la pluie et dans la boue. Mais ça va. Dopée au thym et au miel, je survivrai. D'autant que contrairement à ce qu'a annoncé la météo, il fait très beau. J'ai de la chance !

Rock en Seine 2012 - Samedi 25 août
Du beau temps pour bien commencer cette journée ! (© Julie "froo" Vuitton)

Avec quatre scènes, il y a quasiment toujours deux concerts en même temps. Au total, 22 artistes sont prévus pour la journée. Je suis donc confrontée au problème de tout festivalier : il va falloir faire des choix. Celui que j'attendais le plus, Childish Gambino, a annulé son passage. Immense déception pour ma part. Après son passage enflammé à la Maroquinerie, j'avais vraiment hâte de le revoir. Tant pis.

Le reste de la programmation ne m'emballe pas plus que ça, à part Mark Lanegan en fin de soirée. Mes choix se feront donc selon des critères totalement arbitraires, en y ajoutant un facteur géographique (la scène Pression Live est loin, très loin) et un soupçon de hasard. Munie du programme, je me lance dans un marathon de concerts en plein-air.

15 h 00 Le temps d'arriver et de prendre mes repères, je n'entrevois que le dernier morceau de la rappeuse londonienne Speech Debelle. Dommage, ça avait l'air intéressant. Sur la pelouse, le public commence à arriver, certains terminent leur sieste au soleil, l'ambiance est assez détendue, on respire encore.

15 h 30 Je me dirige vers la grande scène pour voir Of Monsters and Men, groupe de pop-folk indé islandais, mené par un duo sympathique : un homme nounours et une femme qui pourrait être la cousine de Björk. Je découvre à l'occasion leur musique un peu mélancolique, mais surtout très joyeuse, qui colle parfaitement à l'ambiance. Le public est enchanté. Le soleil leur va bien. Une bonne surprise et un nom que je retiendrai.


Of Monsters and Men (© Julie "froo" Vuitton)


Hyphen Hyphen (© Rock en Seine)
17 h 00
Je fais un tour puis vais voir Hyphen Hyphen, 2e bonne surprise du jour. Ils sont niçois et ont un nom qui ne peut que plaire à la toquée de typographie que je suis (si j'étais dans un groupe, on s'appellerait Les Esperluettes). J'ai un peu peur au début, surprise par la chanteuse qui chante... un peu bizarrement, mais je suis très vite emballée par leur musique, un mélange electro-rock très dynamique. La chanteuse déborde d'énergie et a un bon contact avec le public. C'est dense, et on en redemande !

17 h 35 Dès qu'ils ont fini, Caravan Palace enflamme la scène voisine. J'en ai lu du bien sur Krinein, mais je ne connais pas vraiment leur musique. Comme l'annonçait le programme « Ça swingue sec », notamment grâce à la chanteuse survoltée. Ça bouge bien, mais je suis trop loin pour vraiment en profiter. Il y a déjà beaucoup de monde.

18 h 15 Il est temps d'aller écouter dEUS sur la grande scène, du bon rock belge dont je ne connais que quelques albums plus anciens. Le groupe a plus de 20 ans mais a encore l'air bien en forme et livre des titres efficaces. Je me dis que je devrais me pencher sur ce qu'ils ont fait récemment.

19 h 10 J'hésite entre The Temper Trap et Bass Drum of Death. Le premier est plus proche, mais je n'ai pas d'illumination en écoutant le premier morceau. Le second a un nom rigolo, et j'ai envie de découvrir la scène Pression Live (alias la scène du bout du monde). Bass Drum of Death donc. Du rock sauvage, bruyant et chevelu. Je n'accroche pas, mais je m'amuse en observant ces quatre types vêtus d'une combinaison intégrale bleue qui pogotent. Finalement j'en profite pour visiter l'exposition Rock'Art, où 63 illustrateurs ont créé une affiche pour un des groupes à l'affiche. Il y en a même une pour Childish Gambino. *soupir*

20 h 00 Il commence à y avoir beaucoup de monde à la grande scène. Normal, c'est au tour de Noel Gallagher's High Flying Birds, l'autre moitié d'Oasis. Noel joue principalement des morceaux de son album solo. Ça me plaît bien plus que prévu, c'est même chouette en fait. Il conclut avec deux titres d'Oasis, Whatever et Don't Look Back in Anger, au grand plaisir du public. Pas de Wonderwall cependant (pas le temps ?).


Noel Gallagher (© Rock en Seine)

21 h 00, l'heure des Eagles of Death Metal et leur rock'n'roll testostéroné un peu crade. Jesse Hugues a la patate et arbore fièrement un t-shirt des Black Keys (The Black Keys are my brothers - comme la moitié des festivaliers). Ça décoiffe bien.

22 h 00 Comme tout le monde, je rejoins la grande scène pour voir les Black Keys. Tout le monde est là pour eux. Moi, ça fait six ans que je n'ai pas trop suivi ce qu'ils font. Attention, coming-out : je ne suis pas spécialement fan des Black Keys. J'attends donc de voir ce qui m'attend. Le groupe débarque sous quelques gouttes de pluie, le public est en folie. Mais ça ne me transcende pas.

22 h 30 Je préfère m'éclipser et voir ce qui se passe du côté de la scène de l'industrie, à la contre-soirée organisée par les Black Seeds, un groupe de reggae aux accents dub/funk/rock/electro néozélandais. Ce sont des copains de Fat Freddy's Drop (dont le concert au Trianon la semaine dernière me fait encore planer sur un petit nuage) et je suis très curieuse de les voir. Il n'y a pas grand monde lorsque j'arrive et je réussis à me placer au 5e rang, sans être trop serrée, mais ça continue à se remplir. Ceux qui sont là sont des fans, et le groupe en a bien conscience et se donne à fond. Il faut l'avouer, les titres (à l'exception de deux-trois) se ressemblent pas mal et décollent assez peu, mais le groupe est vraiment sympa, et met une super ambiance.


The Black Seeds (© Julie "froo" Vuitton)

23 h 30, dernier concert de la soirée. Je retourne à la scène Pression Live pour Mark Lanegan dont j'ai beaucoup apprécié le dernier album, Funeral Blues. Il débarque sur scène, ouvre avec The Gravedigger's song, puis enchaîne les titres pendant les 50 minutes qui suivent (mais pas de St. Louis Elegy, snif). Musicalement, rien à redire, tout y est. Si sa voix d'outre-tombe nous envoûte, en revanche, Mark Lanegan n'est pas très communicatif. Il bouge peu, laisse à peine échapper un « Merci » et un « Thank you », fait la gueule et quitte la scène comme un voleur. C'est probablement un genre qu'il se donne, mais ça en laisse plus d'un perplexe. Moi-même, je reste assez mitigée. Dommage.


Mark Lanegan (© Rock en Seine)

00 h 25, il est l'heure de rentrer. En passant, je vois la fin du set d'Agoria, un DJ connu apparemment. Sa techno a l'air assez prenante et fait danser du monde. Je me serais peut-être plus amusée si j'avais opté pour ça. Mais je ne regrette rien (non, rien de rien). Mes pieds et ma crève me remercient. Je m'en vais tranquillement, épuisée mais plutôt satisfaite de cette journée.

Vous pouvez revivre quelques concerts (Eagles of Death Metal, Agoria, Placebo, etc) du festival sur Arte Live Web et voir plus de photos dans la galerie.

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