Blindé de références telles que Godspeed You Black Emperor!, Portishead, Mogwaï, Sigur Rós ou encore les grenoblois de Rien, Robin Foster a tout pour plaire. Pochette du disque réalisée par Sean Ellis le réalisateur du film Cashback, allusions mélancoliques et cinématographiques comme dans Blade Runner, le disque fascine du début à la fin sans qu'on sache vraiment pourquoi. Petit tour d'horizon d'un musicien qui mérite bien plus qu'une simple exposition.
Roads
L'ouverture du disque se fait grâce à Last Night / Brest By Night sur un ton résolument post rock, aux grandes envolées de guitares, un piano en fond sonore pour le côté lancinant et quelques nappes envoûtantes qui vont vite accaparer nos sens et nous projeter dans une ambiance qui pourrait rappeler les grandes allées de Blade Runner.
Maîtrise des atmosphères, éclat brillant d'un disque qui ne va pas baisser en intensité par la suite, ce morceau d'entrée met tout le monde d'accord, Robin Foster a plus qu'assimilé ses disques et ses influences, il les sublime tout en y apportant une touche très personnelle.
Robin Foster thinking?
Cette impression de bijou à l'état brut et de rage déchirante va se perpétuer également dans Disco Ouessant, ou comment le titre nous fait ressortir ce désespoir qui nous étreint quand l'on se sent désespérément seuls à ces sorties de boîte de nuit. Basse martelant le rythme qui débute le titre, puis ensuite la guitare qui vient donner un ton perdu à l'ensemble pour un morceau sur lequel on ne voit pas défiler le temps.
Vient ensuite le premier titre, Goodnight. & God Bless qui va nous faire connaître enfin la voix tout en retenue et douce de Robin Foster. Une voix posée délicatement sur quelques accords fragiles et minimalistes, une propension aux montées et descentes propres au post rock, et quelques effets trafiqués sur la voix en font un morceau accrocheur auquel il ne manque qu'un petit quelque chose pour réellement se démarquer du lot.
Toutefois cette légère baisse de tension va vite remonter avec Loop, un morceau qui n'hésite pas à retenir l'attention de l'auditeur avec le groove des guitares qui virevoltent dans les airs et qui démontrent une notable construction dans la progression du titre pour parvenir à dévoiler ses couches sensibles d'émotions brutes à portée de main. Un morceau de maître, tout comme D.A.D.O.E.S. qui dévoile une facette bien plus sombre du disque avec ses abysses et ces guitares qui glissent peu à peu vers d'insondables profondeurs de l'être. Impressionnant.

Robin Foster waiting?Down lui va remettre la voix au centre du disque et nous donner un rock rappelant par moments Noir Désir version Robin Foster. Un morceau inspiré et bien punchy, qui se démarque des débuts du disque. Etonnant même s'il paraît un peu décalé par rapport à d'autres morceaux plus intimistes.
Le titre éponyme, Life Is Elsewhere va revenir quant à lui sur des terres plus douces et nous promener sur des plaines vides de présences humaines, il va nous transporter à travers une sombre journée qui semble sans fin, tout ça grâce à cette fascinante capacité qu'a Robin Foster à créer de la musique avec si peu, une guitare donnant la base, un piano perdu et quelques touches électroniques ici et là. Un titre tout simplement excellent.

Robin Foster, dark ?La dernière ligne droite de l'album qui démarre par Prelude (to the End) est un interlude peu marquant, qui sert de transition uniquement pour le titre final Save the Cheerlader dont la référence évidente à la série Heroes est un peu le plaisir final, un titre en intensité, fort et immense, sans doute le meilleur du disque.
Guitares soutenues par des rythmiques dramatiques à souhait, grandeurs quasi baroques, le morceau impressionne, bouleverse et finit le disque de la meilleure manière qui soit, avec une très grande classe.
Music has left us alone now

Robin Foster smoking?Pour son premier essai, Robin Foster va sans doute marquer les esprits avec un album d'une rare intensité et d'une très grande maturité, qui n'oublie pas de remercier ses inspirations premières mais qui va bien plus loin qu'une simple copier coller de nombreux artistes. Life Is Elsewhere démontre à la fois une capacité à créer autant des ambiances atmosphériques et cinématographiques que rock et pleines de vie dans des titres comme Down. Parfois maladroit dans des morceaux qui se développent et qui ne débouchent sur rien comme sur Goodnight & God Bless, mais derrière ces quelques erreurs de jeunesse, un sacré potentiel se dégage de ce disque. Assurément un futur excellent musicien prêt à jouer dans la cour des grands.
Vivement un concert live en tout cas pour poursuivre cette excellente impression.
L'une des meilleures surprises de ce début 2008.
Robin Foster - Life Is Elsewhere
01. Last Exit / Brest By Night
02. Disco Ouessant
03. Goodnight & God Bless
04. Loop
05. Do Androids Dream Of Electric Sheep
06. Down
07. Life is Elsewhere
08. Blue Lights at Dusk
09. Prelude (to the end)
10. Save The Cheerleader
Aenem' []

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