Reprise de poids #4 : un peu cavalier

/ Article - écrit par nazonfly (), le 04/02/2011

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Apocalyptica est un petit groupe de musiciens, de violoncellistes pour être précis, issus de l'Académie Sibelius d'Helsinki, qui a décidé un beau jour de reprendre des standards de Metallica avec leurs instruments. Dix-huit ans après, ils font les plus grosses scènes metal (le Hellfest 2011) et sortent régulièrement des albums metal, toujours avec leurs 4 violoncelles.

Metallica est sans doute un des groupes les plus repris dans le monde : il est toujours intéressant de détourner des standards du metal pour en faire tout autre chose. Parmi les initiatives remarquables, nous nous penchons ici sur Apocalyptica. Apocalyptica s'est fait connaître en 1996 avec l'album Plays Metallica by Four Cellos (joue Metallica avec quatre violoncelles), un album entier de reprises des Four horsemen ! Comme par exemple Enter sandman qui ouvre l'album :


et dont voici la version originale.

Oui vous aurez remarqué que la vidéo s'ouvre sur The ecstasy of gold de Ennio Morricone, bande originale du film Le bon, la brute et le truand (chouette concert n'empêche que ce Monsters of rock à Moscou en 1991), un titre qui ouvre chaque concert de Metallica.

Évidemment rien de tel pour un groupe que de reprendre Metallica pour se faire connaître, mais Apocalyptica ne va pas en rester là. Après un premier album qui se vend comme des petits pains, le groupe sort un deuxième CD, Inquisition symphony, où ils ouvrent leur répertoire à d'autres metalleux, comme Pantera ou Sepultura. L'album contient même une reprise de Faith No More et trois compos originales.

Et toujours l'original avec la voix mélodieuse de Max Cavalera pour un extrait venant de Nulle Part Ailleurs à une époque où les lives sur Canal étaient vraiment quelque chose.

Mais Apocalyptica semble vouloir aller plus loin que de rester un groupe de covers. Cult en 2000 ne voit plus que trois reprises, Until it sleeps et Fight fire with fire de Metallica, et Hall of the moutain king de Edvard Grieg. Pour ce dernier titre, Apocalyptica fait le contraire de leurs précédents albums en ouvrant le répertoire classique à un côté plus bourrinesque. Une démarche intéressante étant donné que le groupe fait souvent le tour des festivals metal : après une tournée en première partie de Rammstein en 2005, ils étaient ainsi au Hellfest en 2006 et en 2008, et sont de nouveau programmés en 2011 !

Ce final n'est-il pas beau ? À comparer à une version prise sur internet de manière complètement aléatoire. Le même titre, deux interprétations différentes, deux sensations différentes.

L'album Reflections voit l'apparition d'une batterie jouée par... Dave Lombardo de Slayer ! Seule la version revisitée contient une reprise avec Seemann, sans doute l'une des plus belles chansons de Rammstein sur laquelle chante Nina Hagen ! (oui, les deux points d'exclamation sont des nécessités.)

C'est sûr que ça change du chant de Till et de ses biscottos tout huileux.

Désormais, Apocalyptica n'est clairement plus un groupe de reprises et propose majoritairement ses propres compositions, les reprises n'étant disponibles que sur les versions internet des albums. Mais les violoncellistes gardent des liens très étroits avec le monde du metal puisque leurs trois derniers albums (Apocalyptica, Worlds collide et 7th symphony) voient des collaborations avec Lauri Ylönen (The Rasmus, hum), Ville Valo (HIM), Dave Lombardo (Slayer), Corey Taylor (Slipknot), Till Lindemann (Rammstein), Cristina Scabbia (Lacuna Coil) ou Joe Duplantier (Gojira). Excusez du peu !

Il faut quand même noter que Worlds collide contient Helden, une reprise en version allemande du Heroes de Bowie. Apocalyptica met désormais le pied dans la porte du rock, et ça risque de faire mal.

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