Reperkusound 2019 avec Cadillac, Hilight Tribe et Little Big

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 22/04/2019

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Quatorzième édition pour le festival lyonnais Reperkusound propulsé par l’association Mediatone et devenu un événement incontournable de la nuit electro rhône-alpine, voire nationale. Chronique d'une soirée avec Cadillac, Hilight Tribe et Little Big

Jusque là nous avions un peu boudé le festival, pour des raisons principalement liées à un rapport assez lointain avec l’electro même si on ne crache pas sur un petit concert de temps à autre. Cependant la venue de Cadillac, dont nous avons chroniqué l’album il y a peu, a fait largement pencher la balance pour découvrir le festival, d’autant plus qu’on pourra aussi y croiser Hilight Tribe (on avait été mis sur les fesses par leur set au Foreztival en 2006), Salut c’est cool ou encore Noisia, qu’un stagiaire nous aura chaudement recommandé. Et tant pis si ces 4 noms sont les seuls noms que l’on connaît d’une programmation d’une vingtaine de groupes.

Depuis sa 5ème édition, le Reperkusound a investi le Double Mixte, centre de congrès situé en pleine cœur de la faculté des sciences de la Doua de Lyon, un lieu presque incongru pour un festival electro ! C’est donc aux abords de cette salle que nous avions découvert pour un Salon de l’Étudiant il y a des temps immémoriaux que nous réceptionnons nos bracelets Presse/VIP, un peu en retard malheureusement, ce qui nous fait rater la majeure partie du concert de Tarik. Pourtant en deux petits titres, Tarik et ses invités (dont nous ne connaîtrons jamais le nom) nous aura mis à genoux avec un hip-hop puissant et fédérateur, idéal pour chauffer la grande salle du Main Stage et la venue de Cadillac.

En deux mots, Cadillac est une entité hip-hop à moitié folle échappée du Crou Stupeflip. Sur scène, deux guitaristes au visage recouvert d’un masque intégral blanc ne laissant rien voir, une première version de Cadillac avec son chapeau semi-circulaire, le véritable Cadillac aux yeux exorbités et un cinquième membre au visage masqué lui aussi, ne servant à peu près à rien d’autre qu’à faire un happening temporaire sur scène. La petite foule présente sur le Main Stage a apparemment bien assimilé Originul puisque les paroles sont scandées avec ferveur tandis que le groupe enchaîne sans perdre de temps les hymnes electro/hip-hop hurlés : Débile, Coca Cola, Zoo, Mécanique ou C Guignol. Même l’étrange Fer passe hyper bien sur scène, d’autant plus qu’il se termine en se transformant en Stupeflip qui embrase un public chauffé à blanc. Le concert de Cadillac est tout simplement une tuerie largement au niveau de ce que l’on pouvait s’attendre.


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En attendant des potes et Little Big, groupe d’electro russe, on s’évade quelques temps dehors. Une porte ouverte vers les profondeurs du Double Mixte saura titiller notre curiosité et c’est devant Jacidorex, au Moon Stage, que nous nous retrouvons en train de danser sur une trance aux colorations acides. C’est hypnotique, entraînant et l’on se perdrait volontiers au rythme des titres qui s’enchaînent sans coup férir… si ce n’est qu’il faut toujours faire des choix en festival et qu’on s’était déjà donné rendez-vous sur le Main Stage… pour prendre une nouvelle belle claque avec le concert ultra bien foutu et calibré de Little Big. On sera bien en peine de reconnaître les titres si ce n’est Everyday I’m drinking que la foule chante de concert avec le groupe. Il faut dire que les paroles parlent à tout le monde : « No future, no rich, this is Russia bitch, every day I’m drinking, every day I’m drinking, every day I’m drinking, I’m drinking everyday ». Tout fonctionne parfaitement et c’est une nouvelle fois le feu dans la salle où le public s’assied quand le groupe le lui demande afin évidemment que tout le monde se relève en même temps. Ce n'est pas original mais ça reste toujours d'une efficacité terrible. D’ailleurs, tout au long du concert, les poings se lèvent, les mains claquent, les pieds sautent… c’est juste parfait.

Nous restons sur la Main Stage pour Hilight Tribe, groupe de natural trance (merci Wikipedia pour cette magnifique catégorisation) qui écume les routes françaises depuis vingt ans. Ce que l’on gardait en souvenir du leur passage à Trelins en 2006 ? Un putain de bon concert et surtout un didgeridoo entêtant, marque de fabrique du groupe. Devant la scène, la foule est dense et compacte et, dès les premières minutes, cette foule danse, saute suivant les percus ou le didgeridoo. Les corps luisants de sueur glissent les uns sur les autres, les mouvements d’avant en arrière se multiplient, la chaleur monte au rythme du plaisir des différents constituants de la foule. Au bout d’un moment, nous parvenons tant bien que mal à nous extirper de cette gangue suante qui semble vouloir conserver ses membres ad vitam aeternam. De plus loin, le set est toujours aussi et la joie qui se dégage du groupe comme de la foule est communicative : la danse sauvage reprend et, cette fois, l’on a la place pour bouger. Les Esperanza, Free Tibet, Shankara et autres morceaux que nous aurons bien de la peine à identifier auront fait de ce concert un instant de communion endiablé, envoûtant et finalement magique.


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À peine nous accordons-nous un instant de repos qu’il faut repartir sur le Solar stage où vont jouer Elisa Do Brasil et DJ Fly pour un drum’n’bass puissant et imposant. Il est presque 3h du matin, la soirée touche à sa fin et la musique du duo entraînera nos pieds malgré eux dans une danse un peu folle même s’il faut bien reconnaître que l’on risque de manquer de mots pour décrire le concert. Le duo fait son boulot, le public fait son boulot dans une belle communion pour un nouveau concert parfait. Enfin Noisia investit la grande scène. Il paraît que le DJ Set peut être soit énorme, soit très expérimental et, en conséquence, un peu imbitable. Après quelques minutes, il est évident que c’est plutôt le côté expérimental qui l’emporte : le public danse gentiment au gré des rythmes assénés par le groupe néerlandais mais il manque sans doute une puissance et un fil rouge pour emporter le suffrage. C’est quand même plutôt bon mais l’on aurait plus envie d’écouter la musique chez soi pour en saisir toutes les subtilités. Et après Elisa Do Brasil, après Hilight Tribe, après Little Big, la musique de Noisia est tout simplement moins immédiate… idéale pour nous faire fuir et rentrer chez soi la musique pleine de musique.

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