Il suffit de préciser que le Ninkasi Kao est la salle de concert d'une brasserie qui, pour une fois, brasse elle même sa bière pour comprendre bien des choses... Ce soir ce sont les New Yorkais de The Rapture qui débarquent. The Rapture c'est ce groupe un peu bizarre dont tout le monde parle en ce moment. Il est difficile de les classer musicalement tellement les influences qui les traversent sont nombreuses et variées. Ce serait même surement une des explications du nom de ce groupe qui (r)capture des sons qui vont du post punk à l'électro la plus pure et dure le tout avec une touche de cold wave. Si vous rajoutez à cela la voix totalement Robert-Smithienne du chanteur vous vous apercevez vite que vous avez à faire à un groupe peu banal dont on se demande bien ce qu'il donne sur scène.
La traditionelle première partie du concert s'avère être bifide et mon apppréciation de cette dernière bifide-biraisin. Tout d'abord un groupe francais "Triste Sire", un peu too much dans ses postures et ses costumes nous propose un rock en provenance directe de Marylin-Mansonrie et une version trash d'"Annie aime les sucettes" plutôt amusante. Bref rien de nouveau sous les sunlights du Kaos. Le second groupe lui est, malheureusement, beaucoup plus original. Une espèce d'OVNI qui nous vient directement de Finlande. Imaginez deux sous-clones de Nick Cave version early eighties. L'un est au clavier avec micro coincé entre les cuisses (gasp !) et l'autre la guitare à la hanche. Question tenue vestimentaire je peux vous assurer que pantalon taille basse doit être trés tendance du côté du cercle polaire. D'ailleurs le chanteur nous a même involontairement permi de faire connaissance avec son intimité alors qu'il se penchait en avant pour règler je ne sais quoi (en plus rien ne marchait). Bien passons au versant musical de la chose. Je résumerai le tout en une conclusion lapidaire : ils n'auraient pas du se donner la peine de venir d'aussi loin pour nous faire ça sur scène. Ce fut à la limite du pathétique de les voir s'acharner sur ce rock qui était si insipide.
Re-séance technique de mise au point et voilà nos quatre compères de New York. Mais bon dieu ce sont encore des gamins ! Le concert commence directement, pas un mot d'introduction, par Infatuation, le dernier morceau de l'album Echoes. Une entrée en matière douce et résolument rock s'annonce. Les morceaux s'enchainent sans interruption et je retrouve bien, trop bien même, le son d'Echoes. La fosse n'arrive pas à s'enflamer même si techniquement tout est ok. Il manque un petit supplément d'âme. En fait la seule diversité vient des improvisations du saxophoniste et de sa danse syncopée. Il est indéniable que le chanteur possède une certaine présence scénique mais d'un autre côté on sent qu'il ne se lâche pas.
Au quatrieme morceau le groupe change de forme pour passer en version electro pour Olio le bateur passe aux platines, le saxophoniste aux claviers... Je dois dire que la performance m'a étonné. Je suis prêt à parier qu'une personne entrant par hasard à ce moment du concert n'aurait jamais pu se douter de quels styles étaient les premiers morceaux. The Rapture est le groupe caméléon par excellence. Olio le morceau qui a fait connaitre les raptures est une véritable réussite et a beaucoup été passé dans les soirées électros.Il fait son petit effet et le public se lache un peu. Il n'en fallait pas plus pour que le chanteur et le bassiste entame un dialogue avec ce dernier. La sauce finit par monter et on a même droit à une visite impromptue du chanteur dans la fosse, en plein milieu d'un morceau. Je crois bien que c'est la seule fois où, en dehors de quelques slammers fous, je vois un artiste se promener tranquillement ainsi. Cependant tout reste relativement gentil et l'ambiance redescend doucement jusqu'à la fin où après un rappel a minima nous n'aurons même pas eu le loisir d'entendre un mot d'adieu du groupe.
Au final je dirais que ce groupe est très jeune et manque visiblement d'expérience et donc d'assurance dans ses prestations scéniques. Cela fait qu'ils n'osent pas vraiment se lâcher mais restent bien dans les limites, rassurantes, de leurs morceaux. Cette (petite) remarque mise à part je souligne encore une fois le bon niveau de technicité et l'originalité de ce groupe. Un autre point très positif est la simplicité (surement aidée par la taille modeste de la salle) rafraichissante d'un groupe "qui ne se prend pas la tête" comme en témoigne le retour du chanteur, une fois le concert fini dans la salle, revenu pour discuter le bout de gras avec les spectateurs. Il me semble clair que ce groupe possède un potentiel énorme qui ne demande qu'à être mieux utilisé. A suivre...

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