8/10Raphael fait l'enfant avec Somnambules

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 02/05/2015
Notre verdict : 8/10 - Raphael chante en dormant (Ecrivez votre critique)

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Raphael revient avec un nouvel album né sous le double signe de la paternité et de l'enfance.

De vous à moi, la paternité ça vous change un homme. Non, non, ne fuyez pas, je ne vais pas évoquer ma vie mais celle de Raphael. Raphael, oui, le gars de Caravane. À la naissance de son premier enfant, il a eu envie d'intégrer dans son univers musical des chorales d'enfants. Parce que c'est quand même trop choupinou les voix d'enfants (enfin quand ça ne hurle pas pour un oui ou pour un non, surtout pour un non d'ailleurs). Mais cette envie ne s'est concrétisée qu'à la naissance de son deuxième enfant, comme s'il avait fallu là aussi une période de maturation pour mettre au monde ce nouvel album, Somnambules, placé, comme vous l'avez sans doute compris sous le signe de l'enfance. À l'écoute de l'album, il semble que deux sentiments sont nés de la paternité de Raphael : un optimisme pour l'avenir ainsi qu'une nostalgie du temps passé.

Les chœurs des enfants de CM2 qui forment l'ossature de Somnambules, ces éclats de voix qui s'envolent dans l'air apportent comme une lueur d'espoir « malgré la tristesse, malgré la médiocrité ambiante » comme sur ce magnifique Somnambule qui ouvre l'album, formidable exemple de cette force, cette puissance communicative qui se dégagent du mélange entre la musique délicate de Raphael et la chorale. Mais cette vitalité extraordinaire peut aussi parfois mal se terminer (le bagarreur Arsenal) ou se fatiguer jusqu'à l'épuisement (Sur mon dos qui parlera forcément aux pères avec son refrain « Et je te porte sur mon dos »).


DR. Cette joie de vivre fait plaisir à voir

 

Mais, à côté de cette vitalité enfantine, la nostalgie, la mélancolie ne sont jamais loin. Au son solitaire de la guitare sèche, Maladie de cœur nous plonge dans un autre aspect de l'enfance, celui des tristesses cachées qui rongent sans jamais éclater. Pour exprimer la distance déchirante de cette enfance évanouie, Raphael utilise avec brio le piano et les cordes (Si jamais je nais demain) comme si c'était suffisant pour retrouver le paysage lumineux de l'enfance (Ramène-moi en arrière).

Car la paternité c'est aussi se rendre compte que le temps a passé et que désormais chaque pas nous éloigne de l'enfance et nous rapproche de la vieillesse et la mort. Et surtout qu'il est impossible de revenir en arrière, ni même d'arrêter le temps en instant. Somnambules, enregistré en une petite semaine et durant à peine une trentaine de minutes, une configuration habituellement utilisée pour exprimer un cri de vie, une urgence, a le son de la sincérité et l'allure de la prise de vue instantanée dans la marche de la vie.

Point fort : la chorale d'enfant

Point faible : nous rappelle l'inéluctabilité du temps qui passe

La critique en 140 caractères : L'enfance vue par Raphael navigue entre vitalité et nostalgie mais toujours avec talent.

En écoute, Somnambule

Raphaël – Somnambules

01. Somnambule
02. Arsenal
03. Sur mon dos
04. Maladie de coeur
05. Ça sent l'essance
06. Samedi soir
07. Par ici les ailes des oiseaux
08. Chant d'honneur
09. Primaire
10. Tous mes petits enfants
11. Si jamais je nais demain
12. Ramène-moi en arrière

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