Inutile de discuter une nouvelle fois
des raisons pour lesquelles Rammstein, ce groupe allemand chantant
dans la langue de Goethe, est devenu tout simplement l'un des poids
lourds du metal industriel international, voire plus simplement un
poids lourd de la musique. Des rythmes martiaux qui frappent là où
ça fait mal, des 
Rusty nailsmélodies imparables. Et surtout des shows
époustouflants. C'est donc avec confiance et impatience que votre
serviteur se fendait de presque 60 euros pour une place pour un
concert événement à la Halle Tony Garnier, à Lyon.
L'ouverture de la scène est réservée au groupe norvégien Combichrist que nous manquerons malheureusement. Nous débarquons donc dans la gigantesque enceinte lyonnaise en pleine milieu du changement de scène, sur des chants grégoriens assez étonnants pour un concert electro-metal. Déjà une foule immense se masse sur le parterre. Les gradins étant bien trop éloignés de la scène (pour la venue de Rammstein, la salle est bien sûr en configuration « maximale »), il faut nous rendre à l'évidence : nous serons mal placés, juste derrière une structure métallique plantée au milieu de la régie son.
Flammes et feux d'artifice
C'est une véritable déception car le
show des Allemands est tout simplement stupéfiant même si le son
est loin d'être parfait. L'entrée des 6 Teutons se fait sur une
chanson du dernier album, Rammlied devant une gigantesque
toile comme déchirée par de gigantesques coups de griffes, Till
notamment surgit en découpant une plaque de métal à la disqueuse.
Rammstein est d'ailleurs connu pour ces effets pyrotechniques et nous
sommes servis tout au long du concert. Les flammes 
Libérez le feujaillissent de
partout, principalement du sol, parfois du haut de la scène comme
sur Du hast ou encore à partir de gigantesques ailes sur
Engel. En réalité, chaque chanson nous réserve sa surprise,
en particulier Wiener Blut où une rangée de poupées descend
sur scène avant d'exploser avec forces étincelles. Mais ce serait
déflorer le show que d'accumuler les exemples.
Amour pour tous
Côté choix des titres, le groupe choisit évidemment de jouer de nombreux morceaux du dernier album, Liebe ist für all da, au détriment de hits comme Amerika ou Reise, reise. On regrettera ainsi l'absence de Seemann qui est pourtant parfois joué sur cette tournée. D'autant plus que ces nouveaux titres ne sont pas franchement très entraînants, l'ennuyante Frühling in Paris est une franche catastrophe en live. Le premier titre issu de l'album, Pussy, est heureusement plus réussi et met une belle ambiance dans une Halle franchement morne. Seules Du hast, Ich will et Pussy font l'unanimité en faisant chantant le public, ce qui n'est même pas le cas de Links ! D'ailleurs à plusieurs dizaines de mètres de la scène, les spectateurs se contentent d'écouter, sans même daigner bouger la tête, parfois sans même applaudir ! Vraiment étonnant et nous n'osons imaginer l'ambiance dans les lointains gradins.
Malgré une ambiance mitigée, une vision limitée de la scène, des problèmes de son évidents, le concert de Rammstein à la Halle Tony Garnier s'est révélé plutôt bon grâce, bien sûr, à l'énergie du groupe et aux effets scéniques à tomber par terre.

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