9/10Rage against the Machine

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 22/05/2005
Notre verdict : 9/10 - Rage against the machine (Ecrivez votre critique)

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Lorsque trois rockeurs talentueux et engagés rencontrent un chanteur rappeur révolté, cela provoque des étincelles et peut même donner lieu à la création d'un groupe culte : Rage against the Machine ou RATM pour les intimes. C'est LE groupe de fusion des années 90, créateur du style grâce à leur génialissime premier album éponyme. Durant cette décennie, les quatre californiens impressionneront et déchaîneront les foules tant par l‘agressivité et la hargne de leur musique que par le message qu'ils veulent faire passer. Rage against the Machine est avant tout un groupe engagé comme son nom l'indique. Ils sont anticapitalistes, révolutionnaires et combattent le système américain. Zack de la Rocha, le leader, a un message à faire passer et celui-ci ne tombera pas dans les oreilles d'un sourd.

Rage against the machine - Wake up, there are only bombtracks

Tout commença en 1992 par une chanson magistrale maintes et maintes fois reprise depuis : Killing in the name of. « Fuck you, I won't do what you tell me », tout est parti de cette phrase, un hymne pour toute une génération. La machine Rage était lancée et ce ne sont pas les autres morceaux de son album éponyme qui allaient l'arrêter. Rage against the machine fait partie de ces albums indispensables. Révolutionnaire, inventif, brillant, il demeure le meilleur album du groupe et il n'a pas pris une ride en 10 ans. Une vraie bombe.

RATM a fait preuve de génie en mariant un rap engagé avec une musique énergique, agressive, violente et en plus technique. Le groupe possède en Zack de la Rocha un rappeur hors norme, parlant autant qu'il crie, et en Tom Morello un guitariste magique, outrageusement doué et créatif. La rythmique n'est pas en reste et même si le bassiste et le batteur ne possèdent pas le talent des deux autres, ils apportent un dynamisme et une cohésion essentiels à la musique. Aujourd'hui, rarement si ce n'est jamais ce mélange entre rap et métal n'aura été aussi réussi.

Intéressons-nous un peu plus en détail à la petite merveille qu'est cet album. Dès les premières notes de Bombtrack, on sent que la qualité sera excellente, la pression monte au fur et à mesure et les décibels explosent. Le gros son est là, groovy à souhait, souffrant à peine des années. Il s'ensuit un déluge de tubes entre l'incontournable Killing in the name, Bullet in the head ou Know your ennemy. Zack rappe ou gueule, Tom triture ses cordes en leur donnant un son inattendu (écoutez Know your ennemy) et la rythmique assure la partie énergique. Chaque chanson est innovante de par sa construction et ses fabuleux breaks (Take the power back, Bullet in the head ou Township Rebellion) où le chanteur crache toute sa rage. L'album se conclut sur le classique Freedom, devenue LA chanson pour clôturer les concerts avec un De la Rocha complètement hanté par ce mot.

En voilà des éloges pour ce disque devenu un classique pour tout amateur de rock. Alors pourquoi ne pas mettre la note maximale ? Sûrement parce qu'un ou deux titres sont un peu en dessous et que l'engagement des paroles ne fait pas tout, il manque de l'émotion. Le premier album des RATM restera leur meilleur et bien que les autres soient aussi d'un très bon niveau, ils ne retrouveront jamais l'intensité de cet opus.

Evil Empire - L'empire du milieu

En 1996, Evil Empire, le successeur de Rage against the Machine voit enfin le jour. Quatre longues années à attendre pour un résultat jugé décevant lors de sa sortie puisqu'il est loin d'atteindre le niveau de son précédent. On n'y retrouve plus la même force et bien des morceaux sont loin d'être des hit singles.
On commence pourtant pour le mieux avec le très groovy People of the sun où l'on ressent une nouvelle fois tout le dynamisme de RATM dans le refrain. S'ensuit alors LE titre de cet album : Bulls on Parade. C'est puissant, agressif, inventif (la guitare de Tom !) et ultra énergique avec un son dopé aux stéroïdes et une fin totalement jouissive. Evil Empire s'enlise malheureusement dès le titre suivant, Vietnow. Bizarrement, comme sur le reste de l'album, le son semble affaibli comparé au titre précédent et c'est vraiment dommage. Niveau créativité, le résultat est aussi moyen. On joue surtout sur le flow de Zack et la musique manque souvent d'explosivité. On retrouve bien le Rage que l'on connaît sur Snakecharmer ou Down Rodeo mais c'est bien peu au final. Le reste des titres est loin d'être mauvais juste pas vraiment au niveau de ce que l'on peut attendre d'un groupe de leur trempe.

Evil Empire est un album un peu frustrant par rapport à ce qu'il aurait pu être. Il manque d'énergie et quand on entend la bombe qu'est Bulls on Parade on se demande pourquoi le reste n'est pas de la même trempe, au moins au niveau du son. Il n'empêche que cela reste un album des RATM donc foncièrement intéressant mais pas aussi enthousiasmant que ce que l'on était en droit d'attendre.

The battle of Los Angeles - Guerilla on the radio

Trois ans plus tard, le quartet californien signe un retour en force avec The battle of Los Angeles. L'album est plus efficace qu'à l'accoutumée, enchaînant tubes sur tubes, aidé par un son bien meilleur que celui des deux précédents opus. C'est le retour du groove et de l'explosivité propre à RATM où tout explose, en particulier lors du refrain. L'album a été réalisé en plein boom du néo-métal et l'on constate ainsi cette influence qui a permis de redynamiser l'ensemble.

Zack de la Rocha est égal à lui même avec son flow caractéristique et ses paroles engagées mais là n'est pas le principal. On apprécie avant tout le renouveau créatif de Tom Morello dont les riffs et les petits effets qui lui sont propres fusent de toutes parts. La partie rythmique fait aussi son grand retour pour le plus grand bonheur de tous les amateurs de pogo.

Testify ouvre le bal avec la guitare si spéciale de Morello et l'on retrouve vraiment le Rage que l'on connaît. Le flow est rapide, agressif et la chanson explose lors de son refrain. Mais le meilleur est pour la suite avec le tube Guerilla radio, qui est un concentré d'énergie entre un riff d'intro magique et une fin bien violente. On reste dans le même tempo avec Calm like a bomb et son refrain bien énervé. Mick check calme le jeu avant de repartir de plus belle sur le single Sleep now in the fire où l'on ressent bien sur la rythmique toute l'influence néo. Born of a broken man démontre une nouvelle fois tout le talent du guitariste ainsi que le savoir faire de RATM pour trouver des refrains agressifs et accrocheurs. Born as ghost en est un nouvel exemple. L'album continue sur le même rythme et est un peu plus anecdotique puisque l'on reste dans les mêmes tons sans trouver le truc pour faire un hit.

The battle of Los Angeles est le dernier album composé par Rage against the machine et l'on y retrouve tout ce qui fait le charme du groupe. Plus efficace et mieux produit que ses prédécesseurs, il est parfait pour une première approche mais demeure toujours un ton en dessous de RATM qui était bien plus intense. Voilà tout de même ce que l'on peut faire de mieux en rap-métal.

Renegades - Ouh les renégats, ils font des reprises

The battle of Los Angeles est bien la dernière composition du groupe mais pas leur dernière réalisation. En 2001 sort Renegades, un album de reprises où RATM joue le style RATM. Cela sonne tellement comme eux qu'on a l'impression d'avoir un vrai nouvel album du groupe, fait assez rare pour être signalé.

Le niveau est vraiment bon mais il manque tout de même quelques éléments pour en faire un album aussi intéressant que les autres. Tom Morello n'étant pas le compositeur, on ne retrouve plus sa créativité et cela manque beaucoup à l'ensemble. L'explosivité caractéristique du dernier album fait également défaut. Renegades garde tout de même un excellent groove et quelques titres dignes d'être des singles comme Kick out the jams et Renegades of funk. On a même droit à deux titres live dont How I could just kill a man avec B-real des Cypress Hill en guest.

Renagades peut être considéré comme un bonus de qualité de la part du groupe Californien. Les titres les représentent bien mais cela reste juste des reprises. On lui préfèrera les autres albums. Il n'en demeure pas moins essentiel pour tout fan du groupe qui se respecte.

Après les albums, voyons voir ce que donne RATM en live. Plus que sur les albums c'est là que le groupe trouve son principal terrain de jeu, délivrant des performances intenses où chaque parole de Zack est reprise en choeur par une foule en délire.

DVD - Rage against the Machine - Killing in the live

Le DVD nommé Rage against the Machine (oui, ils n'ont pas eu beaucoup d'imagination, rien de tel pour tout confondre) permet de retrouver le groupe entre 1994 et 1997 donc plutôt au début de leur carrière. Que dire si ce n'est qu'ils ont de l'énergie à revendre et une réelle envie de tout faire péter. Leurs shows sont énormes, totalement surexcités avec un Zack hanté par ses paroles et des musiciens qui font de quoi suer.

Plutôt que de montrer une prestation entière, on en voit quatre petits morceaux pour une durée de 50 minutes. On a ainsi le droit à un concert de 97 à Irvine ainsi qu'aux festivals de Reading (96), du Rock am Ring (96) et du Pink Pop (94). Ainsi, pas de chansons de The battle of Los Angeles au programme. On retrouve tout de même leurs plus grands tubes comme Bulls in Parade, Bullet in the head, Know your ennemy, Killing in the name ou Freedom (bizarrement non précisé sur le DVD). Le son et l'image sont corrects avec quelques variations suivant le lieu et c'est un plaisir que de retrouver le Rage de ces années même si tout cela manque de cohésion.
Le DVD offre également les clips des deux premiers albums et ne valent véritablement le coup que pour les titres de Evil Empire. Ils avaient déjà plus de moyens. En revanche, pourquoi ne pas avoir ajouté ceux de The battle of Los Angeles, le DVD étant sorti après cet album ?

DVD - The battle of Mexico City - Caramba, ça arrache

Après les festivals, passons dans une petite salle perdue au milieu de la mégalopole Mexico où RATM s'apprête à faire la révolution. Techniquement, cela a un tout autre aspect que l'autre DVD. The battle of Mexico City s'apprête à vous en mettre véritablement plein les yeux et plein les oreilles. Les premières notes de Testify montent et l'on s'aperçoit que c'est la folie dans le public. Les spectateurs sont plus serrés que des sardines, occupant l'étrange salle plus large que longue, et se déchaînent du début à la fin. Si chaque concert dans une ville surpeuplée prend cette forme c'est vraiment impressionnant.

Rage est en pleine communion avec son public et nous offre un show intense et carré. Le son est énorme avec des basses prêtes à exploser vos enceintes. La première partie est davantage centrée sur The battle of Los Angeles et la seconde sur l'album éponyme. Evil empire passe un peu à la trappe mais tant que Bulls on Parade est joué, on ne s'en plaindra pas. Le groupe reprend ses principaux tubes avec un Zack de la Rocha toujours habité par ses paroles et un Tom Morello toujours aussi technique.

Le concert est vraiment bon, sans répit, mais trop court, durant à peine une heure. De plus, on nous propose entre les chansons des petits reportages sur Zapata et cela coupe le rythme. D'accord en bonus mais pas au milieu du show. Des bonus qu'il y a d'ailleurs en nombre sur le même sujet. Toujours aussi engagé RATM, peut-être même un peu trop.

Rage against the machine demeure un groupe majeur de la scène rock, tant par son message politique que par sa musique. C'est LE groupe de rap-métal à connaître et il est impensable de passer à côté de certains de leur tube, Killing in the name en tête.
Le groupe a splitté en 2000, Zack partant d'un côté, les musiciens d'un autre. Le premier n'a toujours rien sorti et les seconds ont formé Audioslave avec l'ancien chanteur de Soundgarden, Chris Cornell. Le résultat est bien plus soft que ce que l'on pouvait attendre.


PS : N'étant pas en possession du Live at the Grand Olympic, je n'ai pas pu vous en parler. Si je peux me le procurer, je ne manquerai pas de le rajouter dans cette chronique.

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