5.5/10Quitzow - Juice Water

/ Critique - écrit par athanagor, le 26/03/2010
Notre verdict : 5.5/10 - Jus d'eau ? (Ecrivez votre critique)

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Troisième album de la blonde anonyme, qui nous captivait avec Art College, on est ici complètement laissé sur sa faim, malgré des moments remarquables.

Le troisième album de cette artiste encore assez confidentielle arbore, comme son prédécesseur, une belle énergie, qui se manifeste dès les premières secondes. Pouvait-on d'ailleurs attendre autre chose ? Pourtant, même avec toute la tendresse qu'on peut porter à cette artiste, qui nous envoûtait avec son précédent album, la sauce ne prend pas. Bien que les ritournelles sautillantes et les paroles rigolotes soient au rendez-vous, comme autant d'ingrédients nécessaires à la bonne entente entre l'artiste et son public, rien ne se passe. Les premiers morceaux font d'emblée apparaître un excès d'instruments électroniques qui, déjà présents dans Art College, le cédaient alors plus volontiers aux violons, guitares et autre batterie. Ici la débauche de circuits imprimés offre certes un véritable corps aux intentions de la Quitzow (qu'elle nous présente tout de go dans Let out all the crazy, premier titre de l'album), mais le style en est ainsi rendu si particulier qu'il faut vraiment s'accrocher. Certes, les mélodies entêtantes dont la blonde est capable sont toujours là, mais rien ne se produit, et la débauche d'effets électros, utilisés comme autant de parodies des styles musicaux qui les emploient (gangsta rap, pop, dance,...) finit par lasser. Assez
vite on perd de vue le talent musicale de la chanteuse dans quelque chose que l'on identifie bien comme musicalement abouti au niveau de la composition, mais qui ne provoque pas le sentiment de bien être euphorique qu'il cherche, de toute évidence, à susciter.

Puis arrive le quatrième titre, More Keith Richards, qui semble ramener les fantômes du passé, et immédiatement le plaisir revient. C'est à croire qu'il avait été écarté de l'album précédent, faute de place, et qu'il a été remis ici. Mais ce moment est bien trop court et les titres suivants donnent l'impression d'essayer de faire la même chose, sans y parvenir. A savoir, réemployer l'ancienne recette du succès, mais d'une façon comme handicapée et toujours en insistant pour faire la part belle aux instruments synthétiques. On a alors l'impression que Art College est devenu un héritage encombrant, quelque chose qui fut magique et qu'on essaie de renouveler, sans pouvoir faire autre chose que de le singer d'une manière désolante.

Il faudra attendre Race Car et Race Car 2, deux titres qui, débarrassés des scories du passé et des hésitations du présent, laissent place à la Quitzow d'aujourd'hui, qu'on aurait aimé voir tout au long de l'album. Ces deux titres, complémentaires, sont fabriqués comme des moments de déséquilibre et d'incertitude, qui finissent par hypnotiser l'auditeur, d'abord par l'emploi d'un rythme ternaire, puis par un mouvement chromatique qui s'insinue dans ce qu'on prend d'abord pour une reprise de Karma police de Radiohead, le tout essentiellement servi par des instruments plus classiques et de rares touches synthétiques.

Le dernier morceau, Whatever, est une étrangeté qui pousse à se questionner sur la manière dont les artistes prévoient l'ordre de leurs titres. Ce morceau est très semblable à ceux du début de l'album, mais suivant directement les deux Race Car, il en conserve la magie et leur dérobe l'identité nouvelle de la chanteuse, qui parvient enfin à séduire.

Au final, ce nouvel opus est assez aléatoire. Trois morceaux, un peu disséminés, sont réellement bons et du genre à s'écouter en boucle sans jamais se lasser. Mais un peu esseulés au milieu d'un reste peu convaincant, ils ne parviennent pas à sauver l'ensemble.

 

Quitzow - Juice Water

01. Let out all the crazy
02. Cherry blossom
03. The cut
04. More Keith Richards
05. Talk to me
06. Magic
07. Money talks
08. Race car
09. Race car 2
10. Whatever

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