Punish Yourself/Moshpit/Porka Miseria - Concert au Fil de Saint Etienne - 20/03/2009

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 22/03/2009

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Soirée punk-électro-hardcore pour ce vendredi 20 mars des Printemps Hurlants stéphanois avec Porka Miséria, Moshpit et Punish Yourself. Punk's not dead !

Les Printemps Hurlants est un festival stéphanois qui en est déjà à sa troisième édition. Avec l'ouverture de la SMAC Le Fil, le festival déménage dans ce nouveau lieu idéal pour tous les fans de musique. Sur trois jours, les Printemps Hurlants verront défiler Alif Sound System, Erik Truffaz, Punish Yourself ou encore Karlit et Kabok (voir la critique de Musik d'ascenseur pour kages d'escalier). Petite chronique d'une soirée où s'enchaineront trois groupes entre électro et punk : Porka Miseria, Moshpit et Punish Yourself.

Porka Miseria

Porka Miseria
Porka Miseria
19h45. Dans une atmosphère glaciale patientent quelques dizaines de personnes frigorifiées en attendant l'ouverture des portes du Fil. Un Fil qui sera d'ailleurs loin d'être rempli malgré une salle ouverte à moitié. Il faut dire que la tête d'affiche de la soirée, Punish Yourself, avait déjà eu du mal à remplir le Ninkasi Kao à Lyon quelques mois auparavant (un concert mémorable pour votre serviteur puisque les pogos avaient eu raison de ses lunettes). Viennent d'abord les Porka Miseria, un groupe de punks stéphanois. Et pour une fois, ô grands dieux que c'est bon, nous avons affaire à un véritable punk rock, né des Pistols, des Ramones, et non pas ce punk-rock californien qui tient le haut de l'affiche. Un batteur torse-poil derrière ses fûts, un bassiste vêtu d'un petit haut moulant, d'une jupe et de splendides lunettes roses et une chanteuse-guitariste aux origines italo-argentines nous servent un pur moment de rage à 300 à l'heure. La chanteuse hurle à en péter ses cordes vocales entremêlant l'anglais, l'espagnol et le français, sur un rythme effréné. Porka Miseria poussera même le bon goût jusqu'à reprendre Bliztkrieg bop des Ramones. Quel dommage que la salle soit si peu réceptive : à part deux trois pogoteurs, le public est globalement en retrait, applaudissant faiblement, une constante pour cette soirée !

Moshpit

Moshpit
Moshpit
La salle est un peu plus pleine pour le deuxième groupe, Moshpit qui défend son album Follow the loser sur la tournée de Punish Yourself. Au menu, du hardcore digital que n'aurait pas renié Atari Teenage Riot. C'est à peu près aussi fin qu'une attaque chirurgicale américaine en Irak, mais les dommages collatéraux sont cette fois complètement voulus. Le chanteur hurleur pose ses vociférations sur une guitare calme comme une tronçonneuse et des beats qui s'enchainent violemment et déchainent la foule. Pendant ce temps, un grand écran diffuse un flot d'images à peine interrompu par des pubs nous enjoignant d'acheter Follow the loser. Pas beaucoup d'originalité pour cette partie vidéo puisque les images de guerre ou de filles à poil explosent à la face du public, parfois dans une belle synchronisation avec la musique. Impossible de rester insensible à la musique de ces malades mentaux. La pluie de faux billets à l'effigie du groupe finit par nous convaincre d'assister à une véritable tuerie de concert.

Punish Yourself

Punish Yourself
Punish Yourself
Pendant le changement de scène, il est franchement difficile de laisser reposer des membres qui ne demandent qu'à sauter et danser en attendant Punish Yourself. On qualifie souvent les concerts de Punish de grand guignol. Il faut dire que le groupe se maquillage plus ou moins intégralement le corps d'une peinture fluo macabre d'un effet étonnant sous une lumière noire : les peintures reflètent la lumière émise par les lampes de Wood et, de fait, les corps brillent littéralement dans le noir. Si on ajoute la présence de Klodia, danseuse/performeuse, qui, au cours du concert (ou du spectacle) va jouer à créer des gerbes d'étincelles à l'aide d'une disqueuse (!) et d'un plastron en métal ou se va se promener, seins nus, avec des flammes autour des mains, les concerts de Punish Yourself prennent effectivement un aspect pour le moins déconcertant. Le spectacle est au rendez-vous, mais c'est surtout musicalement que Punish Yourself met le feu. Moins bourrins que Moshpit, vx69 (chant, exhortations de la foule), MissZ (guitare et bouteille de vin), X.av (batterie) et P.RLOX (guitare aussi et maquillage biface) n'en parviennent pas moins à faire pogoter (gentiment toujours) le public sur leurs hymnes techno-punk diablement dansants (Gay boys in bondage, Primitive ou Gimme cocaine). Les timides rappels ne les empêcheront pas de revenir deux fois sur scène, avec notamment See you later alligator.

 

Une soirée des Printemps Hurlants plutôt réussie même si le public aura été étrangement mou devant des groupes qui auraient franchement mérité mieux.

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