7.5/10Poulet (Fred) - Milan Athletic Club

/ Critique - écrit par juro, le 18/06/2005
Notre verdict : 7.5/10 - Poulla-yeah (Ecrivez votre critique)

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Fred Poulet n'est toujours pas passé à l'abattoir, preuve que dans l'industrie musicale même les gallinacés talentueux réalisant une musique à contre-courant ont aussi leur place. Avec son nouvel opus, Milan Athletic Club, la basse cour possède aussi son univers à la fois cynique et nostalgique. L'interprète n'est pas inconnu puisque c'est son cinquième album qui débarque mais toujours dans un relatif anonymat. La démarche artistique consiste à pénétrer dans un univers pas toujours gai mais bigrement riche en voyage comme le prouve le titre de l'album. Un voyage aux accents transalpins qui mélangent différents styles et genres.

Les textes de Fred Poulet ne sont pas une boucherie mais des petites perles d'humour au second degré, son style minimaliste, légèrement crooner maudit, capte l'attention. Sa manière d'articuler fait parfois penser à un mélange de Bashung, Dominique A et Jean-Louis Murat alors que l'attitude se rapproche manifestement des grands interprètes qui ont décontenancé le public par leur attitude « je m'en foutiste » comme Dutronc ou Gainsboug. Une certaine ironie se dégage des propos de l'interprète sur plusieurs titres avec un ton blasé ou des paroles à la fois pleines de références mais aussi sans queue ni tête. Par ailleurs, plusieurs titres sont des reprises de ses précédents albums comme Ed l'épicier, Le prince marchant ou Pininfarina.

La plus grande partie des titres de Milan Athletic Club est proche du minimalisme, une voix sur une composition instrumentale réduite à sa plus simple expression : un piano sur le nostalgique Ma Gomme, la même chose avec des choeurs sur l'aquatique et finement écrit Electric Fish qui décrit la vie d'un poisson qui fait plus que nager dans son bocal. Le minimalisme prend des accents plus pop avec Les sommets ou Le mont Fuji cependant le texte est toujours plus déclamé que chanté à proprement parler.

Le même Fred Poulet est aussi capable d'aligner de la musique électronique sur A. Delon, follement folk avec Pas drôle ou Pininfarina mais surtout des compositions beaucoup plus rythmées. Toute une vie constitue un très bon titre plus rock évoquant son voyage en Italie avec une référence au Capri d'Hervé Villard. Le début de Zeppelin façon Bashung est un coup de coeur car sa force reste dans le profond manque d'optimisme étonnamment dégagé. Au final, on retrouve douze titres tous différents qui méritent le détour.

Au passage, on notera la touche locale donnée par la photo en couverture où Fred Poulet tient entre ses mains la Gazzetta Dello Sport. Ce cinquième album de Fred Poulet est à mettre entre toutes les mains qui voudraient découvrir un artiste qui ne reçoit que des succès critiques et d'estime.

Fred Poulet - Milan Athletic Club

01. Ma Gomme
02. Toute une vie
03. A. Delon
04. Le prince marchant
05. Electric fish
06. Les sommets
07. Le mont Fuji
08. Pininfarina
09. Zeppelin
10. Pas drôle
11. Jésus
12. Ed l'épicier

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