3/10Pleymo - Alphabet Prison

/ Critique - écrit par weirdkorn, le 09/01/2007
Notre verdict : 3/10 - Retournez à l'école (Ecrivez votre critique)

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Les fers de lance du néo-metal à la française sont de retour. Après un troisième album largement décrié qui voyait le rapcore rageur des débuts dériver vers un rock assez plat, Pleymo franchit une nouvelle étape dans la régression musicale avec Alphabet Prison. Soit, les groupes doivent évoluer et ne pas se contenter de ressortir toujours des formules qui ont fait leur succès. Mais dans le cas de Pleymo, évolution rime avec commercialisation, et le groupe francilien se perd dans les mélodies aussi fadasses qu'inutiles.

Pleymo, c'était avant tout une énergie incroyable, un groupe qui excellait pour faire jumper les foules au travers de titres puissants et furieux, reprenant ce qui ce faisait dans le nu-metal américain. On a souvent critiqué, à bon escient, la débilité des paroles de ces deux premiers albums mais force est de constater qu'au final on s'en fiche royalement. Où sont passés les Tank Club, Nawak, Blöhm ou autres Kubrick qui donnaient tant la pêche ? Aujourd'hui, Pleymo essaie d'être intelligent au détriment de tout bon sens musical. Rock possédait encore un peu de ce groove et de cet esprit entraînant, Alphabet Prison n'en comporte quasiment plus.

Le groupe avait pourtant promis un retour en arrière pour ce quatrième album, revenir à des passages plus bourrins et un chant gueulé. Oui, ils l'ont fait, mais soit pas assez, soit n'importe comment. Vanité semble ainsi tout droit tiré de Medecine Cake avec un son est lourd et puissant, des couplés rapés et un refrain hyper jumpant. Pas révolutionnaire mais appréciable, surtout avec avoir entendu ce qu'il suit. En effet, seul Sept, dans la même veine mais un peu plus calme, mérite un peu d'attention. Pour les autres titres, malgré quelques passages sympathiques, aucune ne s'écoute avec envie, le chant de Marc et les passages mielleux tuant toutes tentatives d'évolution positive. Ainsi, lorsque le groupe renoue avec le gros son et les passages énervés dans Blackout, Phantom et Le Nouveau Monde, une mauvaise mélodie ressort toujours de ces titres pour les rendre sans intérêt. Même Zéphyr, morceau uniquement hurlé, ressemble à un flot de bruits déstructuré. C'est sans parler des titres dignes de Kyo (Un parfum nommé 16 ans, Je regrette, Qu'est ce qu'il nous restera) ou des essais de chansons rock (Galaxie Autarcique, 4 A.M. Roppongi, L'instinct et l'envie) où au final seule Adrénaline se révèle écoutable.

Aussi étonnant que cela puisse être, Rock fait figure de bon album comparé à Alphabet Prison. Si vous aimez le Pleymo des débuts, écoutez Vanité et arrêtez vous là. Allez, ça ne mérite pas que l'on s'attarde davantage dessus et remettons nous un bon Keçkispasse ? ou Medecine Cake pour faire semblant de n'avoir rien entendu.


Pleymo - Alphabet Prison
01. Vanité
02. Adrénaline
03. Galaxie Autargique
04. Sept
05. 4 A.M. Roppongi !
06. Blockout
07. Phantom
08. Un Parfum Nommé 16 Ans
09. Zéphyr
10. Je Regrette
11. L'Instinct Et L'Envie
12. Le Nouveau Monde
13. Qu'Est-Ce Qu'Il Nous Restera

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