9.5/10Pixies - Surfer Rosa & Come on Pilgrims

/ Critique - écrit par Kassad, le 25/10/2005
Notre verdict : 9.5/10 - Lutins enchantés (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 4 réactions

Par où commencer ? Oui par où commencer la critique de ce qui pourrait être considéré comme un des pinacles du Rock. Peut être justement en remarquant que Surfer Rosa est le premier album des Pixies, et en ce qui me concerne c'est aussi le plus réussi et de très très loin. Les Pixies auraient ils mis tant de génie dans cette création qu'ils n'auraient jamais réussi à s'en remettre par la suite ? C'est une théorie tout à fait argumentable en effet. Si on a put assister dernièrement à leur retour (une tournée mondiale en 2004, 11 ans après le clash), je ne veux même pas en entendre parler. Je veux garder avec moi intacts l'image, les impressions et les sentiments que Surfer Rosa s'inspirent. Après, il est bien possible que les membres du groupe aient fait d'autres choses intéressantes, voire bonnes ou géniales (après tout j'aime bien les Breeders, Franck Black et même les autres albums des Pixies), mais Surfer Rosa restera unique et incompréhensible dans sa singularité, comme un album venu d'ailleurs, un don.

Généralement la première écoute de Surfer Rosa provoque chez l'auditeur, même prévenu, un réflexe de répulsion quasi instinctif. Le mélange entre dissonances, guitares saturées, textes surréalistes et voix douloureuses (cris par instants) a raison de toute bonne volonté initiale. La première chanson, Bone Machine est d'ailleurs une ouverture parfaite en ce sens qu'elle vous plonge directement dans le bain. Surfer Rosa est une oeuvre d'art du genre qu'on n'oublie pas par ce qu'elle accroche dès les premiers abords. Aucune chance que vous glissiez la galette dans votre lecteur CD et que vous passiez à une autre activité en le gardant comme "fond sonnore". Non, Surfer Rosa s'imposera à vous, que vous l'aimiez ou pas.

Le son de cet album est donc unique, reconnaissable entre tous. Comment le définir ? Disons qu'il est ce mélange improbable entre punk (pour l'énergie déployée), musique pop (les mélodies, toutes dissonantes qu'elles semblent être resonnent avec facilité dans votre tête et ressortent spontanément de votre mémoire aux moments où vous vous y attendez le moins) et poésie surréaliste aussi géniale qu'incompréhensible et insaisissable (le tout semble être plus que la somme de ce qui le compose). L'alchimie entre une guitare implorante et une voix écorchée vive est parfaite et donne une ambiance de folie difficilement descriptible. Comme je l'ai déjà dit rien n'est simple dans Surfer Rosa, on sent une énergie folle qui si elle est contenue par instants finit toujours par percer, par exploser. La piste Where is my mind ?, pour une fois bien explicite dans son titre, est l'exemple le plus frappant. Nulle surprise qu'elle fut choisie pour illustrer la scène finale de Fight Club.

Une particularité est le dérapage fréquent des chansons. Lentement, insidieusement serait on tenté de dire, on passe d'une mélodie accrocheuse, limite pop, à un capharnaum incroyable. Un peu comme une machine qui se dérègle ou comme un naufrage progressif dans la folie. Je pense notamment à I've been tired, River Euphrates, Tony's Theme et Where is my mind ?.

Au milieu de cette tempête se cachent quelques petits ilôts de tranquilité (mais tout est relatif ne vous attendez pas non plus à une ritournelle). Généralement balisés par la voix appaisante de Kim Deal, ils permettent de se reposer avant de repartir plus fort : Brick is Red, Gigantic, Ed is dead (mais dans lequel on sent une certaine retenue).

Vous avez donc compris que pour moi Surfer Rosa est un incontournable. Ok, vous avez le droit de pas supporter mais essayez au moins une fois de l'écouter. Téléchargez-le ! Euh non c'est illégal oubliez ma dernière phrase. Trouvez-vous plutôt un copain qui l'a et qui vous le prêtera (le résultat sera le même mais c'est légal), au moins vous serez certain d'avoir entre les mains un produit original au sens fort du terme. Non le rock n'est pas réductible aux tubes repris en coeur dans les messes cathodiques (la star academy ou La nouvelle star), ce style musical peut aussi se révéler artistique avec tout ce que ça peut signifier d'exigeant.

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