5/10Oldelaf - Le monde est beau

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 26/11/2011
Notre verdict : 5/10 - Le CD ne l'est pas. (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 3 réactions

Il y a cinq ou six ans, le monde bureaunier (celui qui se la coule douce devant internet dans des bureaux souvent surchauffés mais avec une plante verte en pot sur une étagère) avait découvert le superbe clip de Stéphanie Marguerite et Émilie Tarascou, sur une musique et un chant de Oldelaf et Monsieur D : il faut dire que Le café résumait parfaitement une journée construite autour du petit noir.
Après L'album de la maturité (sur lequel se trouvait donc Le café), Oldelaf et Monsieur D ont eu leur Dernière chance d'être disque d'or chez RoyMusic et surtout leur Dernière chance de se faire du fric. Apparemment ça n'a pas marché, le groupe se sépare en 2010 et Oldelaf entame une carrière solo dont Le monde est beau représente le premier disque.

Le monde est vraiment trop injuste

À l'écoute de la galette en question, la beauté du monde décrit par Oldelaf n'est
Puisqu'on vous dit que le monde est triste !
pas évidente. Le titre éponyme est révélateur dans ce sens : Oldelaf tente de nous montrer que ce monde multiconnecté, sensé être beau et augmenter la communication, sépare en réalité les individus. De la même façon, Vendredi décrit une vie ennuyeuse qui se termine d'une façon ennuyeuse, mais avec un ton ironique et un ukulélé qui illustrent parfaitement la monotonie de l'existence et cette illusoire beauté du monde. Pour contrebalancer légèrement cette aigreur palpable, Oldelaf use heureusement d'un humour caustique, décalé voir cynique. Courseulles-sur-mer en est ainsi un bon exemple en décrivant une histoire tragique d'une manière légère, presque enjouée. La tristitude, qui a fait l'objet d'un clip, montre aussi plutôt bien les deux facettes de l'album, tristesse et humour, et fait ainsi le tour des grands ducs, invoquant Nogent-le-Rotrou, les suisses-allemands, Eddy Mitchell ou les roux pour nous montrer que, non, le monde n'est pas drôle.

Cliché, mon beau cliché

Et c'est bien là que le bât blesse. Oldelaf se complaît dans une série de clichés
Un peu joyeux mais triste quand même
battus et rebattus : ainsi les villes tristes sont Nogent-le-Rotrou, Nancy, Vesoul ou Courseulles-sur-mer (bizarre, il a oublié Saint-Étienne, mais de toute façon, on oublie toujours Saint-Étienne). Nous attendons encore la chanson qui saura se moquer gentiment de Marseille, Montpellier ou Paris. De même, Oldelaf cède à la facilité en reprenant le thème du « vilain internet qui isole plus les gens qu'il ne les rapproche » (Le monde est beau), un thème qui a franchement vécu mais rassure encore sûrement. Heureusement Oldelaf sait aussi être d'une originalité étonnante (vous le sentez, le ton ironique?) en nous parlant de La jardinière de légumes en lieu et place des éternels choux de Bruxelles. Le fond de la chanson n'augmente pas franchement le niveau général de l'album, que ce soit en matière d'humour ou d'intérêt. Quant à la musique, elle reste dans le fond, petite mélodie qui n'apporte rien, ne sublime pas les paroles, ne les descend pas non plus. Si l'on voulait être vraiment méchants, on dira que c'est du déjà entendu, et pas qu'une fois.

Finalement seule Danse, belle chanson touchante sur un homme qui n'ose pas se lancer sur la piste avec son aimée, parvient à s'extirper de l'album. Pour le reste, on est dans la chanson réaliste (Les mains froides) avec un peu d'humour à la Fatals Picards ou Wriggles mais sans parvenir à atteindre le niveau de drôlerie, d'originalité et d'engagement de ces prédécesseurs. Il est passé où le mec qui touchait au génial sur Le café ?

Oldelaf – Le monde est beau

01. Le monde est beau
02. Sparadrap
03. La tristitude
04. Courseulles-sur-mer
05. Danse
06. Les filles qui s'appellent Valérie
07. Vendredi
08. Les mains froides
09. La jardinière de légumes
10. J'ai chaud
11. Nancy
12. Le testament

En clip, La tristitude :

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