8/10Oasis - Don't believe the truth

/ Critique - écrit par Filipe, le 27/06/2005
Notre verdict : 8/10 - Mille vérités (Ecrivez votre critique)

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Malmenés par les médias, les enfants terribles de la brit-pop sont de retour.

Sorti il y a tout juste dix ans, (What's the Story) Morning Glory ? est pour beaucoup le dernier grand disque d'Oasis. Que reste-t-il au juste de leur Masterplan ou leur Heathen Chemistry, me direz-vous ? Chacun ayant choisi son camp depuis bien longtemps, leur nième retour n'était plus vraiment considéré comme un événement musical de premier ordre. La sortie d'X&Y, le tout dernier Coldplay, y est peut-être pour quelque chose. Chaque nouvel album d'Oasis est présenté comme leur meilleur depuis dix ans, ce qui ne manque pas d'irriter son lot d'observateurs. Celui-ci n'échappe pas à la règle. "C'est parce que nous avons tous collaboré à son écriture", affirme Liam. Et Noel d'ajouter que ce nouvel album, "c'est comme si Elvis prenait du crack". "A glorious rebirth", peut-on lire sur leur site officiel. Enfin, malgré tout ce que l'on puisse dire, à brûle-pourpoint, autour du phénomène "Oasis", il se murmure ici où là que ce sixième album viendrait en fait à point nommé et s'acquitterait même de sa tâche avec un certain panache.

Exit Alan White. A la batterie, place à Zak Starkey, le fils de Richard Starkey, alias Ringo Starr. Oasis récupère son ancien visuel. Noel n'a plus le monopole des critériums et des feuilles de brouillon. Liam en personne est à l'origine des "beatlesques" Love Like a Bomb et Guess God Thinks I'm Abel, ainsi que du surpuissant The Meaning of Soul, qui offre une seconde vie au blues-garage. Le bassiste Gem Archer et le guitariste Andy Bell et s'y sont également attelés, ce dernier s'étant notamment chargé du préambule, l'excellent Turn up the sun. Et même si on le retrouve moins présent à la composition, Noel semble néanmoins en assez bonne forme, puisqu'il signe (et chante presque à chaque fois) cinq titres, qui figurent parmi les meilleurs de l'album. Parmi eux, Part Of The Queue et Let There Be Love tiennent le haut du pavé. Sur ce dernier, Paul Stacey distille son savoir-faire au piano et au mellotron, un instrument très "sixties". Les guitares et la voix aigue de Noel sont les vedettes du titre The importance of Being Idle. A noter que son titre Mucky Fingers est à mettre sur le compte des Velvet Underground, référence pour le moins inhabituelle chez les Mancuniens. Hormis ces quelques originalités, on retrouve néanmoins la marque de fabrique du groupe, entre ses accords incisifs, ses refrains insistants, la voix nasillarde de Liam et celle plus sereine de Noel. Bien que qualifié par ce dernier comme un croisement entre Soundtrack of Our Lives et The Who, le choix de Lyla en tant que premier single laisse à désirer, dans la mesure où le titre ne représente pas le disque dont il est issu.

Tout en moi conspire à aimer Oasis. Leurs Superstar, Live Forever et autres Wonderwall ou Don't look back in anger sont autant de points d'entrée, de souvenirs intarissables que mon esprit maintient éveillés, envers et contre tout. Sur cet album très "années 60", l'insolence des frères Gallagher semble s'être dissoute dans leurs textes. De là à dire que leurs empoignades n'appartiennent plus qu'au passé... Liam Gallagher aurait semble-t-il brusquement quitté la scène entre deux couplets de Champagne Supernova, à l'occasion d'un concert donné en Italie il y a quelques jours. Son frère Noel aurait pris la relève au micro et modifié la liste des chansons. Il aurait récemment confié aux journalistes du Sun : "Je ne parle plus à Liam. Je n'y arrive pas, à chaque fois ça se termine par une dispute. Il crie comme un enfant qui veut avoir de l'attention. C'est triste. Dernièrement, c'est comme s'il avait perdu tout intérêt dans le groupe." Quoi qu'il en soit et quoi qu'il advienne de ces deux trublions, cet album-ci semble s'être fait dans la douleur. Ecrit à plusieurs mains, il gagne en variété, sans pour autant perdre de sa cohérence. Et lorsque Noel et Liam s'emparent tour à tour du micro sur le merveilleux Let there be love, on ne peut s'empêcher de repenser à leurs tous premiers pas. A leur apparition tonitruante sur la scène internationale. Definitely Maybe, leur premier album, s'était vendu à 150 000 exemplaires en trois jours. Eux qui ont tout des Beatles et dont ils revendiquent la filiation. Ne croyez pas ce qui se trame autour d'eux. Fermez les yeux sur ce que disent tous ces prétendus détenteurs de vérités. Leur unicité musicale ne fait aucun doute et cet album est un joli pied de nez à leurs éternels détracteurs.

01.Turn Up The Sun
02.Mucky Fingers
03.Lyla
04.Love Like A Bomb
05.The Importance Of Being Idle
06.The Meaning Of Soul
07.Guess God Thinks I'm Abel
08.Part Of The Queue
09.Keep The Dream Alive
10.A Bell Will Ring
11.Let There Be Love

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