5/10Nolwenn Leroy d'Ys

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 03/02/2011
Notre verdict : 5/10 - Bretagne, ah merci ! (Ecrivez votre critique)

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Quand une ex-star académicienne reprend des chansons bretonnes, ça ressemble peu ou prou à une ex-staracadémicienne qui reprend des chansons bretonnes : c'est joli, ça chante bien mais ça manque d'âme bretonne. Ça a failli marcher.

Le dernier album de Nolwenn Leroy est un phénomène. Non pas parce qu'il s'agit du quatrième album de la gagnante de la deuxième édition de la Star Academy. Non pas parce qu'il s'agit d'un album entièrement composé de reprises de chansons bretonno-celtes. Mais parce qu'il se vend encore mieux que des petits pains. Il était temps que Krinein se penche un peu sur cet événement qui est parvenu à éjecter de la plus haute marche du podium le dernier Mylène Farmer.

Nolwenn reprise ses chaussettes


DR. Tu serais pas un petit peu breton ?
Des gagnants de la Star Academy, Nolwenn n'est sans doute pas celle qui a fait le plus parler d'elle. Certes elle a vendu largement plus d'un million de disques (650 000 exemplaires de son premier album Nolwenn Leroy, 300 000 pour son deuxième Histoires naturelles), ses singles Cassé et Nolwenn Ohwo ! ont hanté les ondes. Mais son dernier album en date (ou son avant-dernier, enfin celui qui s'appelle Le Cheshire cat et moi) était plutôt un four commercial (non, nous ne l'avons pas écouté, et nous ne l'écouterons pas, merci). C'est donc avec un étonnant album, Bretonne, qu'elle décide de revenir en 2010. Un album de reprises. De chansons celtes et bretonnes principalement. Sa terre natale. Même si elle a principalement vécu à Vichy. Il faut dire que le terreau musical breton est largement plus fécond que le terreau vichyssois. Nolwenn emprunte donc à la Bretagne quelques hymnes traditionnels que l'on pourrait qualifier de classiques bretons : La jument de Michao, Dans les prisons de Nantes, Suite sud-armoricaine ou Tri martolod. Elle y ajoute des reprises plus modernes, comme le Brest de Miossec ou Ma Bretagne quand elle pleut de Caradec. Et puis pour ajouter un peu de piment, rien de tel que d'aller chasser sur les terres irlandaises (Mná na h-Éireann) ou anglaises (Greensleeves), et tant pis si ce n'est pas vraiment breton. Sans oublier la reprise de Sunday bloody sunday de U2, une tarte à la crème uniquement disponible sur un site de téléchargement de musique dont on taira la nom. On n'est pas à ça près chez les Le Magueresse (le vrai nom de Leroy).

Nolwenn mis au sec


DR.
Que penser alors de cet album fourre-tout ? Tout d'abord que Nolwenn a une bien belle voix. C'est indéniable. Et c'est particulièrement vrai sur Karantez vro, Mná na h-Éireann ou Greensleeves sur lesquels sa voix d'ange fait des merveilles, ouvrant une porte sur le pays de Féérie toujours à quelques centimètres de la Bretagne. Évidemment Greensleeves est désormais indissociable de l'Amsterdam de Brel et il est très difficile de se concentrer sur la version de Nolwenn, sans voir surgir le fantôme du Belge. Comme il est difficile d'écouter Brest sans sentir ses poils se hérisser à ce qu'en a fait Nolwenn. Miossec y était puissant et fragile, bouffé par la nostalgie. Nolwenn y est... nulle, complètement à côté de la chanson. Un peu finalement comme ces artistes de télé-réalité qui n'ont pas le vécu des interprètes originaux et ne parvienne pas à entrer dans le personnage. Pour les autres reprises vraiment connues, notamment Tri martolod, La jument de Michao, Dans les prisons de Nantes Nolwenn s'en sort un peu mieux, même si là encore il est affreusement difficile de se défaire des versions popularisées par Tri Yann. La suite sud-armoricaine passe elle plutôt bien, même s'il manque, encore et toujours, un peu de foi dans ce qu'elle chante, comme si Nolwenn restait en surface de la musique bretonne.

Le problème de cet album n'est pas qu'il est mauvais en soi, mis à part le choix parfois étrange des chansons (Souchon, est-ce vraiment sérieux ?). Le problème est que les versions des chansons traditionnelles popularisées notamment par Tri Yann ou Alan Stivell tirent tellement la couverture à elles que Nolwenn est obligée de rester à l'écart et de dormir sur le paillasson. Apparemment, si l'on ne considère que les chiffres des ventes, il semblerait que ça ne gêne pas tant que ça le public. Soit. Et que c'est toujours mieux que Manau. Soit aussi. Il n'en reste pas moins que Nolwenn est impardonnable sur Brest. Allons plutôt réécouter Miossec.

Nolwenn Leroy – Bretonne


01. Tri martolod
02. La jument de Michao
03. Suide sud-armoricaine
04. Greensleeves
05. Brest
06. Bro gozh ma zadoù
07. Mná na h-Éireann
08. Ma Bretagne quand elle pleut
09. Je ne serai jamais ta Parisienne
10. Karantez vro
11. Le bagad de Lann-Bihoué
12. Dans les prisons de Nantes
13. Rentrer en Bretagne

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