6.5/10Nelson - Bangkok Riot

/ Critique - écrit par Emeric, le 07/06/2006
Notre verdict : 6.5/10 - Paré à virer Amiral! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

En 15 sec top chrono d'intro, je parviens à me souvenir du titre qui m'avait impressionné lors du concert de Nelson, en première partie des Déportivo, il y a de cela 10 mois ! Vous vous direz que ce mec a de la mémoire et pourtant non, pas tant que ça, c'est simplement que The (over) song sonne tellement différemment des formats traditionnels qu'il vous reste gravé au plus profond du crâne. Je regrette donc d'avoir manqué la sortie de leur premier EP Bangkok Riot le 13 mars dernier. Rattrapons le retard !

Qui dit EP dit souvent petit groupe en devenir mais pas forcément plein d'avenir. La version reçue est très dépouillée : Cd gravé + pochette imprimée en noir et blanc mais cela n'a pas d'importance tant que le son est bon ! Et c'est fort heureusement le cas ici. Diamondtraxx, qui a également signé Hushppupies, ne s'y
est pas trompé et possède donc dans ses rangs un groupe de rock, français, à fort potentiel ! Les londoniens les plébiscitent déjà.

JB Devay, Gregory Kowalski, David Nichols et Thomas Pirot forment Nelson en 2002 alors qu'ils suivent tous une formation d'ingénieur son à l'ESRA. Baigné dans l'univers du 7ème art et de la musique, Nelson possède donc une solide culture, Animal collective, Liars et Lynch ou les Monty python les ayant particulièrement marqués. A cette culture générale, ils y ajoutent la technicité et la maîtrise du son ! Très expérimental et très libre, chacun des membres échangent leur rôle de guitariste, batteur ou chanteur. Ils le font d'ailleurs en concert. La mélodie devient bancale, brutale, un peu à l'image de Franz Ferdinand. Les hurlements, expiatoires, en sont presque violents, mais participent à la définition de ce son, ces répétitions de bout de phrase (sur Rise and Fall) suivent donc à la perfection les coups de batterie qui nous martèlent le crâne, comme s'il fallait insister pour que ça rentre. Ajouter à cela, des guitares torturées et malmenées dans tous les sens et vous obtenez, non pas un gros capharnaüm mais un son abouti et pleinement maîtrisé. Dammerung, chanté en allemand, est plus rassurante, car mélodie et chant son plus calmes et le refrain est vraiment mélodique par la présence notamment d'un violon habilement intégré. Quatre titres constituent donc cet EP, Bangkok riot, dont le nom serait en hommage à un recueil de nouvelles de James Salter auxquels s'ajoute un remix de Rise & fall intéressant mais un peu inutile, si ce n'est qu'il permet à cet EP d'atteindre les 25 min d'écoute.

On peut réellement parler du son Nelson et The over song ou Rise & fall en sont les preuves les plus évidentes. Cependant Bangkok Riot déçoit car il est très loin de fournir toute l'émotion et la puissance que Nelson procure en concert. J'espère que le tir sera rectifié pour leur album prévu en septembre prochain. Les grands cuisinier le disent, quand les ingrédients sont de qualité, la cuisine est bonne, faut juste veiller au temps de cuisson. Alors s'il vous plait Nelson, votre steak, servez-le nous bien saignant !

1. The (over) song
2. Rise and Fall
3. There is no escape
4. Dammerung
5. Rise and fall colder's « black shirt'n green weed » version

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