10/10Nada Surf - The Proximity Effect

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 25/08/2003
Notre verdict : 10/10 - Nada Surf(e) au sommet (Ecrivez votre critique)

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C'est l'histoire d'un album maudit par une maison de disque, Elektra, qui pensait qu'aucun titre de l'album ne pouvait se vendre. En effet, après le succès phénoménal du single Popular extrait de l'album High/Low, sorti en 1996, la maison de disque s'attendait à retrouver des chansons de Power-Rock parfois un peu faibles et pas souvent intéressantes car pas originales. La déception fut certainement grande pour ces gens lorsqu'ils entendirent que le nouvel album de Nada Surf était plus mélodique, plus varié, plus travaillé, plus original, et tout ça sans pour autant perdre de sa puissance Rock. En conséquence, Elektra retira The Proximity Effect de la vente quelques semaines à peine après la sortie, assurant ainsi la mort d'un pur chef-d'oeuvre.
Mais c'était sans compter la résistance du groupe, composé de Matthew Caws (chanteur et guitariste), Daniel Lorca (bassiste et chanteur) et Ira Elliot (batteur et chants additionnels), qui comptait bien se battre pour récupérer les droits d'un album dans lequel il s'était fortement investi et en lequel il croyait, à forte raison. Après trois ans de combats, c'est chose faite, The Proximity Effect est ressorti en 2002 chez le très bon label Labels, en même temps que le troisième album du groupe, Let Go.
Tout le monde peut désormais se procurer cette oeuvre majeure du Rock malheureusement peu connue. Précisons que la version 2002 n'est pas exactement la même que la version 1998 car le titre Why Are You So Mean To Me ? (somme toutes assez moyen) a été retiré et remplacé par le génial Spooky et des bonus vidéos (visite du studio et clip du single Firecracker).

L'album débute avec un Hyperspace qui est très efficace avec ses guitares saturées, son rythme rapide et son refrain entraînant. Amateur commence plus doucement mais s'avère bien vite très puissant avec les ouh-ouh aigus de Matthew et des guitares saturées toujours très présentes. 80 Windows est LA balade de l'album mais aussi LA balade du groupe et peut-être même LE meilleur titre du groupe, avec une construction détournant le schéma classique couplet-refrain qui nous offre des variations très intéressantes qui passent à merveille, avec un refrain très mélancolique et avec des paroles très simples mais tellement parlantes : I like the rows of lights because they keep me calm, I feel far away from you, so what else is new ? The moon is closer to the sun that I am to anyone. Mother's Day est très intense avec ses riffs saccadés de guitares, son break très calme comme sait parfaitement faire le groupe, ses légers coeurs sympathiques et sa fin très énervée musicalement comme lyriquement où le groupe s'en prend aux violeurs. Troublemaker est une superbe balade très mélodique avec un changement de ton vers la moitié du titre où le groupe lâche ses guitares et accélère la cadence. Bacardi, chanson sur les suites d'une soirée où l'on rentre bourré, est un pur chef-d'oeuvre car mélange mieux que jamais la puissance d'un couplet entraînant avec des coeurs incroyables et un refrain ultra calme et mélodique, et se termine avec des guitares enjouées. Bad Best Friend est une petite chansonnette sympathique mais qui fait un peu tache sur l'ensemble de l'album. Dispossession est typiquement le genre de chanson que l'on peut critiquer chez Nada Surf : une chanson avec des grosses guitares, deux-trois accords joués très rapidement et dans l'ensemble pas très intéressante car vraiment pas originale. The Voices, encore une fois, est une chanson magnifique où le groupe nous perturbe en nous offrant une sorte de balade énervée avec une incroyable force entraînante et avec une fin pleine d'énergie. Firecracker, seul single de cet album, qui a du passer deux-trois fois sur les ondes, est du Nada Surf comme certains l'aiment et comme d'autres ne l'aiment pas, c'est-à-dire avec des riffs faciles à retenir, des paroles simples et un chant plutôt violent. Slow Down est comme The Voices, difficile à classer, sublime, mélodique et dansant. Robot commence très Beatles, contient, encore une fois des break calmes fantastiques et reste une des meilleurs « balades énervées » de l'album. La nouvelle version de The Proximity Effect se termine donc sur Spooky, titre affreusement oublié de la Tracklist originale, qui est parmis les meilleurs titres du groupe : plein d'énergie, avec un couplet et un pont hallucinants et avec un refrain terriblement intense.

Après l'écoute de The Proximity Effect, il vous paraîtra évident que les gens d'Elektra avaient du caca dans les oreilles pour dire que cet album n'avait aucun avenir et aucun single potentiel. En effet, les titres Hyperspace, 80 Windows, Bacardi, Slow Down et Spooky avaient un potentiel single INCROYABLE !!! Bacardi pouvaient même faire plus fort que Popular...quel dommage !
Si vous ne connaissez pas Nada Surf ou si vous les connaissez juste pour Popular, courez acheter The Proximity Effect qui vous prouvera que ce groupe est génial et qu'il mériterait d'avoir un succès comme des Radiohead, Placebo ou encore Muse.

LISTE DE TITRES

01. Hyperspace (4.35)
02. Amateur (4.01)
03. 80 Windows (4.24)
04. Mother's Day (3.46)
05. Troublemaker (4.21)
06. Bacardi (4.01)
07. Bad Best Friend (4.09)
08. Dispossession (2.53)
09. The Voices (3.29)
10. Firecracker (3.46)
11. Slow Down (4.09)
12. Robot (4.33)
13. Spooky (3.50)

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