7.5/10mYpollux - Contraires

/ Critique - écrit par Danorah, le 10/11/2006
Notre verdict : 7.5/10 - La chrysalide devient papillon (Ecrivez votre critique)

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Contraires marque sans nul doute l'entrée de mYpollux dans la cour des grands. Puissance sonore, personnalité bien marquée, refrains qui font mouche : beaucoup devraient y trouver leur compte.

Il est un petit groupe qui monte, et qu'il devient de plus en plus difficile d'ignorer - pour peu que l'on porte un minimum d'attention à la scène rock hexagonale. Ce petit groupe répond au doux nom de mYpollux, et vient de sortir un second album intitulé Contraires, opus qui fait suite à l'autoproduit et donc plus confidentiel Trouble Amarante. Plus de moyens mis en oeuvre (merci Warner), une production de meilleure qualité, plus de gros son... Alors, plus "mYpollux" que jamais, cet album ?

mYpollux
mYpollux
A en croire Lussi, la chanteuse de mYpollux, la réponse est oui, sans aucun doute. A en croire nos oreilles, l'écoute de ce second album laisse en effet peu de place à la surprise, puisque le groupe réaffirme avec conviction ce que Trouble Amarante avait déjà laissé entrevoir : une chanteuse à la voix bien campée, qui a de plus appris à varier les ambiances, de bons gros riffs pas bien originaux mais bougrement efficaces, de jolis textes à l'imaginaire romantico-gothique (ou gothico-romantique, au choix), et voilà de quoi concocter un album d'une qualité plus qu'honorable. D'autant plus que l'amélioration de la production a donné lieu à un son d'une agressivité toute nouvelle, flirtant parfois (souvent) avec le neo-metal, mais heureusement atténuée par le chant toujours aérien de Lussi, qui se mue tour à tour en fragile poupée ou troublante ensorceleuse. Après une courte introduction qui se fait l'écho de l'album précédent (« j'ai peur de toi, j'veux pas grandir »), les titres s'enchaînent sans laisser beaucoup de répit à l'auditeur (Chrysalide, Qui dort dîne et Jeu, impeccable triplette en guise d'entrée en matière). Inexorables, guitare, basse et batterie taillent leur route imperturbablement, s'octroyant çà et là quelques breaks précis et efficaces (l'excellente rythmique dans le pont de Jeu) qui déjouent l'ennui. Pourtant, difficile de ne pas ressentir une certaine lassitude, notamment avec l'enchaînement d'Ubiquité et Paraffine, qui manquent de relief. Peut-être un peu trop homogènes, les titres s'alignent et peinent à se différencier (impression qui s'atténue toutefois au fil des écoutes et de la découverte de menus détails parfois ravissants).

Lussi
Lussi
Heureusement, la seconde moitié marque un regain d'intérêt, grâce à Coffre à Souhaits qui profite des sonorités rauques de Joe (Gojira) pour instaurer une relation de type « la belle et la bête » entre les deux chanteurs. Par ailleurs, Contrego apporte enfin une bouffée d'oxygène à un disque qui menaçait non pas de s'essouffler, mais d'étouffer l'auditeur à coups de rythmiques monolithiques et de riffs ravageurs. Contrego arrive donc à temps, apportant son lot de douceur et de mystère, allié à une petite touche d'exotisme tribal loin d'être déplaisante. Un excellent jeu de basse offrira quant à lui aux introductions de L'Or et le coton (pour le reste un peu conventionnel) et surtout de Notre nouveau monde une dimension nouvelle et appréciable. Mais c'est surtout Par défaut qu'il faudra retenir de cet album, titre à la fois tendu et explosif, incroyablement varié, sur lequel Lussi laisse entrevoir l'étendue de ses capacités vocales et créatives, et auquel chaque nouvelle écoute confère un surplus d'intérêt.

Contraires marque sans nul doute l'entrée de mYpollux dans la cour des grands. Puissance sonore, personnalité bien marquée, refrains qui font mouche : beaucoup devraient y trouver leur compte. Reste que ce qui fait la plus grande qualité de ce groupe est également sa faiblesse : bien installé dans les recettes qui font à coup sûr des chansons efficaces, mYpollux en oublie parfois de nous surprendre et se fend d'un album très (trop ?) propre, auquel on ne saurait finalement reprocher qu'un certain manque de diversité. Aisément pardonnable, après tout.


mYpollux - Contraires

01. Ego
02. Chrysalide
03. Qui dort dîne
04. Jeu
05. Ubiquité
06. Paraffine
07. Coffre à souhaits
08. Lettre à ma bulle
09. Contrego
10. Par défaut
11. L'Or et le coton
12. Notre nouveau monde
13. Mon lit à baldaquin

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