8.5/10Moriarty - Gee Whiz but this is a Lonesome Town

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 29/07/2008
Notre verdict : 8.5/10 - Buffaloland (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 4 réactions

Il est plus que temps de se pencher sur la folk au bon goût d'Amérique de la famille Moriarty.

Moriarty est l'un de ces groupes dont on entend beaucoup parler ces derniers temps. Après une prestation réussie aux Eurockéennes de Belfort, il est temps de revenir sur Gee whiz but this is a lonesome town, le premier album de ces franco-américains.

Deschiens américains

Promenons-nous dans les bois
Promenons-nous dans les bois
L'histoire de la sortie de cet album est presque celle d'un conte de fées. Nés en France de parents américains, les Moriarty se rencontrent sur les bancs d'un lycée américain à Paris. C'est sans doute en réaction à un environnement français qu'ils se sont tournés vers leurs racines américaines en montant leur groupe. Comme un symbole, ils auront repris le nom du héros de Jack Kerouac dans Sur la route, l'un des plus grands livres étatsuniens. Près de dix ans après, dont trois avec leur nouvelle chanteuse, Rosemary, ils passent dans un théâtre parisien. Un théâtre qui appartient à Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, les célèbres producteurs des Deschiens. Poussés par le duo, les membres de Moriarty vont rapidement enregistré un album de leurs chansons, certaines étrennées pendant dix ans, sur le label Naïve. Sans doute est-ce un effet de la maturité, ce premier album au titre étrange (on pourrait le traduire par « Super mais c'est une ville solitaire ») est une réussite.

Des saloons aux arrière-salles enfumées

Loup y es-tu ?
Loup y es-tu ?
Un peu de guitare délicate, un soupçon d'harmonica : Jimmy ouvre l'album de fort belle manière. En fond quelques voix masculines jouent les choeurs, comme un sobre écrin pour la voix chaude et vibrillonante de Rosemary. En quelques secondes, l'auditeur est transporté dans une Amérique fantasmée, celle des saloons enfumés des westerns comme celle des arrière-salles toutes aussi enfumées des années 30 (Fireday). Toute la moiteur de ces clichés reviennent quand on ferme les yeux en écoutant cet album. Sans doute est-ce un effet de cet harmonica lancinant, miaulant, de ce banjo omniprésent ou de cette contrebasse vombrissante qui surgit parfois et remplit un univers (l'interlude instrumental ... qui se suffit à lui-même). Sans doute est-ce aussi l'adjonction de ces détails musicaux qui donnent une certaine réalité à la scène. Les chiens jappent sur Lovelinesse, comme à l'arrivée de la diligence; un crotale se fait entendre sur Motel, une antique machine à écrire cliquette dans un coin. Sans doute est-ce surtout le majestueux organe de Rosemary, une voix enveloppante, chaleureuse, qui s'étend langoureusement, comme accablée par un soleil de plomb, mais qui sait aussi se faire douce et délicate comme un flocon de neige sur Tagono-Ura (même si cette voix n'est pas de celles qui glacent).

Les paroles plutôt contemporaines, de la jeune fille qui s'engage dans l'armée pour payer ses études (Private Lily) à l'homme blanc en 4X4 tueur de violeur de Whiteman's ballad en passant par le sushi, ne parviennent pas à faire oublier cet univers si spécial. Lorgnant vers le jazz sur Jaywalker, plus expérimental sur Animals can't laugh, Moriarty nous propose, en une douzaine de titres, un succédané de l'Amérique des années 1800 aux années 1930. Un calme et une volupté en tons sépias ou noir et blanc qui se dégustent plus qu'ils ne s'écoutent.

Moriarty – Gee whiz but this is a lonesome town

01. Jimmy
02. Lovelinesse
03. Private Lily
04. Motel
05. Animals can't laugh
06. ...
07. Cottonflower
08. Whiteman's ballad
09. Tagono-Ura
10. Fireday
11. Oshkosh bend
12. Jaywalker (Song for Beryl)

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