8/10Moran - Mammifères

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 27/03/2012
Notre verdict : 8/10 - Moran sait y faire. (Ecrivez votre critique)

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Une voix. C'est une voix magnifique, bénie des dieux qui est la marque de Moran. Une voix qui a vécu, une voix cassée, une voix d'une gravité pesante, 
Moran noir et blanc
une voix qu'on ne peut que comparer à l'organe de l'excellent Arno. Une voix qui évidemment nous a charmé dès qu'elle s'est posée sur les premières notes, déjà envoûtantes, de guitare acoustique de Proverbes (en écoute ci-dessous), le premier titre de Mammifères. Un titre que nous avions présenté en clip il y a peu et surtout un titre qu'on peut écouter en boucle sans jamais se lasser et qui dévoile une poésie à fleur de peau, rocailleuse, sombre et néanmoins éclatante, à l'instar de la voix de Moran. Mais aussi une poésie qui n'oublie pas de prendre des chemins relativement engagés puisque Proverbes évoque la religion dans un long questionnement faussement naïf, même si le sens poétique perd un peu l'auditeur dans une multitude de sens possibles.

De granit et de miel

La voix de granit de Moran sait heureusement parfois s'associer au miel de sa
Avoir le nez dans le micro
compagne, elle aussi chanteuse, Catherine Major. L'association des deux est un bonheur pour les oreilles, même quand ils sont à deux doigts de verser dans la mièvrerie comme sur Los Angeles. Les deux voix se mêlent, s'entremêlent, se glissent entre une guitare et un piano dans une chanson qui berce gentiment et laisse l'auditeur savourer les gens de mots de Moran « La noce n'aura pas lieu sous la pluie détrempée jusqu'à Los Angeles ». Aspirine consacre de même le couple même si, pour le coup, il y a certainement moins de magie qui se dégage de cette rencontre.

Absconse poésie

Évidemment on ne vous ment pas sur Krinein alors il nous faut préciser que tous les titres ne touchent pas le firmament : Mammifère se traîne un peu, Needs passe sans marquer, Toujours encore est un peu en dessous mais c'est sans doute mieux nous emmener avec lui sur Lies, mélodieuse chanson qui éclot dans la langue de Shakespeare ou encore sur Labrador. Sur ce dernier titre, la voix de Moran traîne lentement sur une écriture terriblement poétique et absconse, ces deux aspects participant à égalité à sa beauté.

 

Mammifères n'est que le deuxième album de Moran (il a débuté la guitare en 2003 à... 30 ans) mais il s'agit d'un album plutôt bien foutu avec deux-trois chansons vraiment très bonnes. Mais surtout avec une telle faculté d'écriture poétique et une voix qu'on ne peut qu'aimer, Mammifères ne sera sans doute qu'un nouveau pas vers un succès certain.

Moran – Mammifères

01. Charbon
02. Los Angeles
03. Mammifère
04. Needs
05. Proverbes
06. Toujours encore
07. Lies
08. Troublant
09. Labrador
10. Aspirine
11. Coffee with the moon
12. Babylone
13. Balcon

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