8/10Miss Kittin - I Com

/ Critique - écrit par camite, le 17/06/2004
Notre verdict : 8/10 - Une DJette peut cacher une musicienne (Ecrivez votre critique)

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Caroline Hervé aka Miss Kittin, la fille dont tout le monde parle en ce moment, magazines de rock et féminins inclus. A la recherche de quelques sonorités électroniques pour refroidir un peu mon bureau en ce début juin caniculaire, j'ose ce I Com à la pochette qui ne paie pas de mine. Sans tous ces bruits échappés des rave-party où la demoiselle a officié en tant que DJette, l'amateur de grosses guitares et de rock n'roll dans ton garage craquerait-il aisément pour ce tatouage et cette épaule découverte en pochette ?

Précédée par une réputation flatteuse, Miss Kittin prend de suite le contre-pied et affiche une désinvolture tout à son honneur. Sur le disque, une inscription bien visible prévient : « J'ai entendu quelqu'un dire qu'il ne devrait pas y avoir de bac Miss Kittin chez les disquaires, mais plutôt un featuring Miss Kittin ». Et l'artiste remet ça dans le livret : « Pas de crédit sur ce disque. Je ne remercie pas Dieu. Je remercierai mes proches face à face. Et si ça ne fait pas assez de lecture, ACHETEZ-VOUS UN DICTIONNAIRE ! ». Le tout au milieu de petites phrases amusantes qui accompagnent dessins et photos éloignés des trips dépressif et fier de l'être de certains musiciens en manque d'ego artistique.

Zieutant tout de même les quelques notes de production disséminées ça et là, l'habitué apprendra que pour son premier effort original, Miss Kittin a misé sur le duo de producteurs Tobias Neumann / Thies Mynther, plus connus sous le nom Glove. Son habituel complice The Hacker n'officiant ici que sur la très belle reprise de 3e Sexe d'Indochine, chantée comme une variation spatiale d'Au Clair de la Lune. Sans chercher le duo qui assurera de multiples passages en djeun's radio ou le guest à coller sur l'emballage, la jeune femme convoque juste ce qu'il faut de renforts vocaux ou instrumentaux (Otto Von Schirach, L.A Williams, Smash TV...)

Résultat : à boire et à gober. L'auditeur n'appréciera pas forcément la totalité. Allergic ou Clone Me manquent singulièrement d'âme comme de corps. Et les deux titres de fin ne laissent qu'un impression à moitié teintée, malgré la bonne idée de donner une suite au Neukölln de David Bowie (Heroes, 77). Pour le reste : du tout bon. Le single Professional Distortion introduit idéalement l'ensemble avec son introspection l'air de rien et son clip bricolé (visible en vidéo sur PC ou Mac). Requiem For A Hit s'installe dans la tête grâce à son excellente utilisation des voix comme effets sonores. L'aquatique Dub About Me nous promène en mer distordue sur un rythme lancinant.

Les plus belles réussites de l'album, enfin, évoquent plusieurs familles musicales : bigbeat façon Chemical Brothers sur Soundtrack Of Now, new wave entre Joy Division et Eurythmics sur Kiss Factory, rock n'roll à l'ancienne à la croisée de la Harley Davidson et La Fille à la Moto pour Meet Sue Be She ou encore drum n'bass sur la superbe Happy Violentine. Les plus pointilleux remarqueront que Caroline Hervé n'a pas l'étoffe vocale d'une Tracey Thorn. On ne lui en demande pas tant, mais autre chose. Contrat rempli sur I Com.

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