5/10Minor Majority - Either Way I Think you Know

/ Critique - écrit par athanagor, le 24/03/2010
Notre verdict : 5/10 - Well, now I do (Ecrivez votre critique)

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6ème disque d'une formation, semble-t-il, de référence dans les pays du nord, que la France a pu voir le 13 juin 2008 sur le plateau de Taratata, avant de s'endormir.

Le 6ème album de ce groupe norvégien commence sous les meilleurs auspices. Un titre rythmé et enjoué nous accueille, soutenue par une légère adjonction de cordes gentiment distillées. Le tout est en place et le son est chaud et agréable. La voix de Pål Angelskår nous rappelle de multiples moments de musique pops et folks qui, bien qu'on puisse parfois s'en défendre, nous ont bien motivés. Véritablement, ce premier morceau est une réussite. Les deux morceaux suivants, Y'a pas à dire, en Norvège...
Y'a pas à dire, en Norvège...
moins efficaces, n'en restent pas moins très crédibles à l'aune de ce très bon début. Pourtant, l'oreille commençant à s'habituer, on dénote assez vite que quelque chose cloche. Mais on ne s'y attarde pas trop, emporté par la belle mélancolie et les quelques moments musicalement aboutis qui s'y promènent. Puis arrive le quatrième titre, Dance, où sur un rythme assez vif, Pål Angelskår nous explique que « I just wanna dance, wanna dance, wanna dance, yeah ! ». Pourtant, avec son allant et son timbre, à mi-chemin entre un Chris Isaak sous antidépresseurs et un Stuart A. Staples en cure de vitamine C, il pourrait aussi bien nous dire « I just wanna shoot myself, shoot myself, shoot myself, yeah ! », et tous les efforts progressivement consentis par l'orchestration pour donner du punch à l'ensemble n'y changeront rien. C'est à partir de ce moment que l'ennui attrape l'auditeur le mieux disposé.

Les morceaux suivants continueront à se vautrer dans une tristesse pop-folk autocentrée et répétitive, poussée par ce chanteur inamovible à la gaieté suicidaire. Non pas qu'on ne puisse voir ce qu'il y a de beau ou d'intéressant dans une tristesse ouvertement exposée, mais ici rien d'esthétique ne perce et les sentiments restent très en surface. Même la partie instrumentale semble progressivement abandonner ses efforts et commencer à faire semblant. De fait, à partir de ce quatrième titre, ... les sirènes c'est quand-même aut'chose !
... les sirènes c'est quand-même aut'chose !
les chansons semblent aller de mal en pis, et les rares moments de musique qui font se dresser l'oreille sont perdus dans des kilomètres de médiocrité. On trouve même des moments affreux, assez vite d'ailleurs, comme sur le titre Song for Sybil, qui contient un des solos de guitare les plus lamentablement foirés et amateurs qui se puisse trouver sur un disque pour lequel on aurait payé du bon argent. Tout ceci est d'autant plus regrettable que la piste 12, Dorian leaving the table in rage revient à quelque chose capable d'interpeler l'auditeur et se vêt d'un solo de guitare particulièrement expressif et bien placé. Malheureusement il faut se bouffer huit titres plats comme le désert avant d'en profiter. Allez comprendre...

Enfin, la cohérence musicale finira par en prendre elle aussi un coup quand, progressivement dans Try me, puis ostensiblement dans Everybody Knows, le groupe fait péter les banjos et autres lapsteels, pour donner du peps country à sa sauce scandinave. Au début surprenant, ce choix incongru, qui ne paraît que sur deux titres au milieu de l'opus, ne parvient pas à convaincre et pousse même à s'interroger sur le sérieux du projet musical dans son ensemble.

Pourtant, il subsiste d'excellentes idées. Mais plombées par la tristesse tenace de Pål Angelskår et la linéarité de l'ensemble, on a du mal à se convaincre que cela vaille le coup. D'ailleurs, après 3 ou 4 écoutes consacrées à la découverte de cet album, on n'est plus vraiment sûr que tel ou tel passage relève de l'inspiration des musiciens ou, justement, de ces multiples écoutes, qui rendent généralement l'oreille plus tolérante. Dans le doute mieux vaudra s'abstenir, pour peu qu'on ne soit pas sûr d'avoir envie de se séparer de son conjoint pour avoir une bonne raison de s'écouter un disque triste.

 

Minor Majority - Either Way I think You Know

01. To let go (of that load)
02. Like someone changed the rules for us
03. When John passed away
04. Dance
05. In a way I think you know
06. Song for Sybil
07. Ready made
08. Try me
09. Everybody knows
10. After tonight
11. Bloomed and died
12. Dorian leaving the table in rage
13. Either way I think you know

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