9/10Minnaars - Of our delirious former loving hours

/ Critique - écrit par athanagor, le 01/04/2010
Notre verdict : 9/10 - Aattaacckk (Ecrivez votre critique)

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Jeune groupe de math-rock, les Minnaars se révèlent inspirés comme rarement, en se déployant dans des figures musicales dont la complexité n'a d'égale que l'inventivité.

Minnaars est un groupe plutôt jeune, originaire de la ville de Leicester, dont le nom signifie « amoureux » en hollandais. Cette galette est la combinaison de titres déjà parus sur trois EPs, à destination de la France, la Suisse, La Hollande et le Japon, et le moins qu'on puisse dire, c'est que la découverte vaut le détour.

Ce groupe s'exprime dans un style connu sous le nom de math-rock, ainsi baptisé car il emploie des figures rythmiques complexes, des accords dissonants et des structures musicales non-linéaires, principalement développées par la guitare. La structure des morceaux même est aussi réfléchie dans une logique complexe. Cette exigence produit des titres difficiles à appréhender dans la multitude de lignes rythmiques et mélodiques qui en résultent. Ainsi, d'aucun pourront prétendre qu'un disque de math-rock donne toujours l'impression de n'être qu'une seule et même chanson allongée sur toute la durée du média. C'est sur cette impression bizarre (et plutôt nulle) qu'on commence à juger cet album de Minnaars. En effet, passer la surprise de la découverte de l'essence du math-rock, c'est cette grande similitude qui se dégage. Mais assez vite l'oreille parvient à s'accrocher à des structures, certes longues, mais identifiables, et cette similitude se transforme en cohérence. D'une pièce à l'autre, à la fois grâce au choix de la disposition des titres, mais aussi indubitablement par le talent d'écriture, on prend ses repères.

Le premier élément musical est ici, et presque logiquement, la guitare. Nous accueillant sur un rythme claudiquant et déséquilibré dans An open letter to Andrew, elle ne nous laissera plus. Presque exclusivement en son clair, ou sur une distorsion légère, elle est
poussée en avant par la production et les mélodies rythmiques saccadées qu'elle produit forge en grande partie l'identité des différents morceaux. Utilisant à l'envie des patterns en stop/start, fabriquée en tapping, avec souvent l'aide d'un écho qui donne une profondeur à son champ d'intervention, on a tôt fait de visualiser ce qu'elle produit. Au final ce sont des gouttes de guitare qui structurent le style de ce groupe. Et le simple fait d'avoir cette impression d'être sous une pluie musicale fraîche est déjà remarquable. Surtout que les titres sont rarement en fa.

Hormis cette guitare étrange et omniprésente, les structures des morceaux passent rarement sous la barre des cinq parties et toujours avec au moins trois signature de temps différentes. Pourtant, les autres instruments restent assez sages dans le déroulement général et l'ensemble est assuré avec sûreté. On tire de plus un certain réconfort de la voix d'Adam Pickering, sise entre Robert Smith et Roland Orzabal, un peu comme celle de Kele Okereke, de Bloc Party. C'est d'ailleurs le nom de ce groupe qui vient en premier à l'esprit de celui qui cherche à rattacher ce qu'il entend à un univers connu. Mais cette référence ne suffira pas et il faudra plonger plus profondément dans des impressions disparues depuis les années 80, parfois jusqu'à Wang Chung.

Constamment traitée sur un mode épileptique, avec une forte propension à ouvrir le charleston sur le haut du temps, le résultat sec et énergique est captivant. Parfois dans son ensemble, comme l'effusion musicale qui termine Busy hands ou dans la familiarité torturée de Essay, Essay, Essay. Parfois dans la maîtrise simple des instruments qui permet par exemple, chose impensable, l'emploi d'une cowbell avec énormément d'élégance et de grâce dans le couplet mélodique intiant Your heart, my embassy. Bref, le tout est une réussite et ces huit titres nous font découvrir un groupe débordant d'énergie, d'audace et d'intelligence, se manifestant autant dans les détails que dans la vue d'ensemble.

 

Minnaars - Of our delirious former loving hours

01. An open letter to Andrew
02. To jackals
03. Essay, Essay, Essay
04. Spelt with a K not a C
05. Busy hands
06. Your heart, my embassy
07. Ellen MacArthur
08. Are lovers

 

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