Mickey 3d - Interview

/ Interview - écrit par Loic, le 19/09/2005

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Interview de Mickey 3d

A voir le nombre de journalistes qui entourent Mickael Furnon, chanteur de Mickey 3d, dans l'espace presse des Vieilles Charrues lors de sa conférence de presse, Mickey 3d n'est vraiment plus le petit groupe qui chantait la France a peur. Pour dire, ils ont même réussi à me faire rater le concert de La Phaze pour pouvoir recueillir les propos !

Votre nouvel album est beaucoup plus chanson que le précédent...
Mickael : Non, pas du tout justement, on ne doit pas avoir la même compréhension du terme chanson. Pour moi, une "chanson", ça repose principalement sur les textes, dans ce sens, on peut dire que nos précédents disques étaient comme ça. On a voulu faire celui-ci plus rock, plus pop que les autres. On a beaucoup plus travaillé sur les mélodies.

Les thèmes abordés sont plus légers, moins politisés. C'est une volonté de se détacher de cette étiquette de groupe engagé ?
Mickael : Un peu peut-être. Je n'aime pas les étiquettes. Par exemple, Ridan, qui a joué tout à l'heure et qui est très bon, je suis sûr qu'on va lui coller cette étiquette. Je ne me considère pas spécialement comme quelqu'un d'engagé, j'écris sur ce qui me touche, ça peut être des thèmes légers ou plus engagés.

Ce disque est plus chanté, et la voix beaucoup plus mise en avant que sur les autres...
Mickael : Pour la voix plus mise en avant, ce n'est pas vrai, dans les autres disques aussi la voix est mise en avant, j'ai toujours voulu ça. Pour le chant, c'est vrai. Avant je jouais dans un autre groupe, et je chantais vraiment. Après, j'ai commencé à faire de la musique tout seul chez moi, et j'ai commencé à plus parler,
moins chanter, et avec ça, on a commencé Mickey 3d. Pour cet album, j'ai voulu recommencer à chanter.

Le thème de l'enfance semble être très important pour vous ?
Mickael : Oui, c'est un thème que j'aime aborder. Les enfants sont très innocents, ils ne sont pas au courrant de ce qui se passe sur la Terre comme les adultes. La Terre est devenue une grosse poubelle, 80% des personnes crèvent la faim ou ne sont pas heureux. Une fois adulte, on est au courrant de tout ça, et on se sent tous un peu coupable, surtout quand est en France et qu'on est loin de tout ça.

Que pensez-vous de la jeunesse d'aujourd'hui ?
Mickael : Elle est plus active que notre génération, avec tous les mouvements alter mondialistes et autres. Nous, on est les fils de Mai 68, nos parents ne nous disaient jamais non, on n'avait aucune raison de se bouger.

Vous aimez jouer en Bretagne ?
Mickael : On aime beaucoup les Vieilles Charrues, on a fait notre meilleur concert ici. Et avec le nord, c'est ici qu'on a les meilleurs publics, très festifs.

Quelle est votre philosophie de la vie ?
Mickael : C'est assez simple : être heureux de se lever se matin, pour faire ce qu'on aime. Beaucoup de gens n'aiment pas ce qu'ils font, se lever pour aller travailler, faire un truc qu'ils n'aiment pas. Musicien, c'était parfait pour moi, qui suis un gros feignant. Musicien, c'est un job de feignant, comme acteur, pour ceux qui n'aiment pas se lever tôt, bosser tous les jours de 8H a 18H. Non, mais c'est vrai, faut arrêter de se leurrer, ce n'est pas super fatiguant comme métier ! C'est pour ça que j'ai choisi chanteur !

Vous faites beaucoup de collaboration, c'est quelque chose qui vous intéresse ?
Mickael : Oui, ça m'intéresse pour l'argent ! La première, avec Indo, ça a marché du tonnerre, donc beaucoup de monde veulent des textes de Mickey, donc j'accepte souvent, si la démarche reste honnête.
Thiefaine par exemple, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup, il nous a envoyé un texte, j'ai écrit la musique, ça c'est fait tout seul, naturellement.

Et vous pourriez faire une chanson pour Johnny, ça vous rapporterait pas mal ?
Mickael : Non, je ne pourrais pas quand même ! Et puis il préfère Kyo !

Jane Birkin jouait là hier, à un jour près, vous auriez pu faire un duo...
Mickael : En fait, on ne savait même pas qu'elle jouait hier. Hier, on jouait dans un autre festival, donc on ne pouvait pas être là. Et puis, on aime beaucoup Jane, mais on a fait une chanson ensemble, mais bon, on vit nos vies chacun de notre coté !

D'ailleurs, cette chanson, c'est la plus "Gainsbourg" des chansons de cet album...
Mickael : Ça je sais pas, c'est pas à moi qu'il faut demander. En fait, elle nous avait demandé un texte, je l'ai écrit, et elle nous a dit que si ça la faisait rire on ferait le duo. Ça a donc dû la faire rire ! Après, pour le texte, je l'ai écrit comme d'habitude, je ne me suis pas inspiré de Gainsbourg.

Vos textes sont très simples, c'est pour être accessible au plus de monde possible ?
Mickael : Ce n'est pas pour être accessible, c'est tout simplement parce que je suis simple, je ne suis pas quelqu'un de super littéraire, j'écris comme je sais faire. Ou alors, comme disais un journaliste du Monde, c'est parce que je ne suis qu'un plouc d'extrême gauche qui écrit avec les 30 mots qu'il a dans son vocabulaire.

Ça ne vous dérange pas d'être plus connu pour Johnny Rep, la chanson sur le foot et Respire, la gentille chanson écolo que pour La France a peur par exemple ?
Mickael : Non, on s'en fiche, on est déjà content de passer aux victoires, ça veut dire qu'on est reconnu par le public et les pros.
Et on s'en fiche que tout le monde ne connaît pas toutes nos chansons, certains n'en connaissent qu'une, mais ce n'est pas grave. Ce qui serait grave, c'est si personne ne nous connaissait et ne venait à nos concerts.

On sent sur ce disque, comme sur les autres un certain côté un peu bricolo.
Mickael : C'est vrai, on a toujours eu ce côté bricolo. Au début, on n'avait pas de moyens, donc il fallait bien se débrouiller. Maintenant, on a plus d'argent, mais on continue à bricoler, on va pas aller enregistrer à New York avec un gros producteur américain. Là par exemple, j'ai enregistré les bruits de grillon chez mes grands parents, la cloche c'est l'église de mon village.

Vous avez créé votre label il n'y a pas très longtemps. Pourquoi ne pas être resté chez votre ancienne maison de disque ?
Mickael : On a crée notre label tout simplement pour faire ce qu'on veut comme on veut, et on garde plus d'argent par vente de disque, qu'on peut réinvestir dans des projets qui nous tiennent à coeur. Par exemple, on a sorti l'album de Yvan Marc, un copain, j'aime beaucoup ce qu'il fait, on a sorti son album en juin. Et on reçoit régulièrement des maquettes, on va sortir d autres chose bientôt.

Il fait quoi comme musique ? Et il vient de votre région ?
Mickael : Un peu comme Ridan, il a de très beaux textes, et il n'hésite pas à parler de ce qui dérange. Et oui, il vient de ma région, de mon village même. Bientôt, on aura la plus grande maison de disque du monde de notre village !

Si vous pouviez changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?
Mickael : La jalousie des hommes. Ils veulent toujours plus, avoir plus que leur voisin, et c'est ça qui déclenche les guerres.

Vous n'aimez pas les étiquettes, vous n'êtes pas vraiment chanson, pas vraiment rock, pas engagés... Vous faites quoi comme musique alors ?
Mickael : Oui c'est vrai, je n'aime pas qu'on dise que Mickey 3d est un groupe qui fait du rock, ou de la chanson, ou de la pop... En fait, on fait un peu de chanson, un peu de rock, un peu de pop, un peu d'electro... On fait de rien, mais aussi de tout. J'aimerais simplement qu'on dise qu'on fait du Mickey 3d.

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