8/10Mayer Hawthorne - A strange arrangement

/ Critique - écrit par athanagor, le 23/05/2010
Notre verdict : 8/10 - Rétro boy (Ecrivez votre critique)

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Cet artiste a longtemps tâté de tous les instruments et surtout de la platine pour quelques groupes de rap. Aujourd'hui il propose un saut dans une autre époque... et on s'y croirait.

Mayer Hawthorne (de son vrai nom Andrew Mayer Cohen) est à la fois un petit nouveau et un habitué. Derrière cette tronche d'employé de bureau, il y a DJ Haircut qui, en plus de productions personnelles, a collaboré avec des groupes comme Now on et Athletic Mic League. Cet expérience dans le rap lui permet de taper dans le dos de Snoop Dogg et de se payer Jay-Z en featuring sur une version de Just ain't gonna work out. Chanteur, multi-instrumentiste, producteur, DJ, ce bonhomme de 29 ans lance ici un album sous son avatar rétro.

100% soul, 100% motown, 100% feel good (oooh yeah baby...), Hawthorne déroule des compositions très marquées par l'ancienne école de la musique noire américaine. D'ailleurs, la référence récurrente qu'on peut trouver à son sujet est Curtis Mayfield. Et il est vrai que l'usage quasi systématique d'une voix de tête pourrait y faire penser. Mais à bien y écouter, la comparaison s'arrête là. Mayfield est beaucoup plus funk, et les compositions sucrées de Hawthorne sont plus de la trempe des Commodores ou des Temptations.All in a day's work
All in a day's work
Dans cette lignée, il parvient à étaler un ensemble de titres allant du slow langoureux à la ritournelle rythmée cerclée de cuivres. Sur deux titres, l'extrapolation verse même dans le Billy Joel (Your easy lovin' ain't pleasin' nothin' rappelle énormément Tell her about it) puis dans un délire similaire à celui de Beck sur Sexx Laws (The ills).

Au final, cet album offre un alignement de titres impeccables, d'un style très pur et si propre qu'on croirait entendre une réédition. Il est en effet difficile dans les premières écoutes de savoir s'il s'agit de reprises ou de compositions originales, et même de savoir si la base musicale est faite de samples ou de véritables instruments (un rapide passage sur les sites de partage vidéo validera la deuxième hypothèse). Ce qui lui permet d'assurer avec efficacité sa descendance musicale se trouve principalement dans la mise en avant d'une ligne de basse un peu étouffée, mais touffue et sautillante, installant directement une ambiance soul, dont le plus bel exemple est Maybe so, maybe no.

Pourtant le travail autour de cette renaissance n'est pas pris tant au sérieux que Hawthorne s'interdise la dérision. Just ain't gonna work out est une sérénade soul où il explique à sa Baby que... bah ça va pas l'faire ! J'te quitte ! Ce titre et la teneur des clips qui accompagnent l'album montrent bien une intention fun et un peu décalée du personnage.

Avec ce défilé de titres en provenance directe d'un autre siècle, Hawthorne démontre d'abord une profonde culture et une classe internationale de compositeur. On pourra alors argumenter sur l'intérêt de produire des chansons qui reprennent un courant d'il y a quarante ans (voire plus), dans une sorte d'envie de compléter l'armoire à tube d'un genre musicale qui n'est plus. Il est vrai d'ailleurs qu'il faut trois ou quatre écoutes pour vraiment accrocher, tant le doute règne. Mais à la fin on ne regrette pas car, même s'il ne propose rien de nouveau, il le fait avec énormément de talent.

Mayer Hawthorne - A strange arrangement

01. Prelude
02. A strange arrangement
03. Just ain't gonna work out
04. Maybe so, maybe no
05. Your easy lovin' ain't pleasin' nothin'
06. I wish it would rain
07. Make her mine
08. One track mind
09. The ills
10. Shiny & new
11. Let me know
12. Green eyed love

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