Après que Ozzy Osbourne, David Bowie, Mick Jagger et les autres soit rentrés dans le rang, il semble que Marilyn Manson soit l'une des dernières rock stars en activité, avec tout les excès, les polémiques et les provocations que cela comporte. Comme ses illustres aînés, Marilyn Manson a des moeurs débridé, une images sulfureuse et aime s'en prendre aux institutions en place, ce qui lui attire le courroux de l'Amérique puritaine bien pensante. Car l'autoproclamé «God of Fuck» dénonce violemment dans ses chansons les abus de l'Eglise, du gouvernement Américain, de sa politique en faveur des armes à feu et fait l'éloge de la drogue. Tout cela fait de lui la cible privilégiée des ligues de vertu Américaines, qui n'hésitent pas à manifester violemment avant chacun de ses concerts (et oui, si vous allez le voir en concert, vous irez en enfer).
Certains le considèrent comme un dieu, d'autres comme le diable, mais quoiqu'il en soit, le personnage ne peut laisser indifférent. Mais même si vous n'adhérez pas à l'image véhiculée par Brian Warner (le vrai nom de Marilyn Manson), vous pouvez tout de même apprécier sa musique, d'autant plus qu'il ne fait pas de musique ultra violente (bien moins violente que Slipknot ou Lara Fabian) comme voudrait le faire penser ses détracteurs pour mieux le diaboliser. Contrairement aux idées reçues le Révérend ne fait pas de metal gothique (il n'a de gothique que le look), mais officie dans de l'indus, fortement inspirée du groupe de Trent Reznor: Nine Inch Nails. Marilyn Manson possède à son actif 5 albums (portrait of an American Family, Smells like Children, Antichrist Superstar, Mechanical Animals et Holy Wood), un live (the last tour on earth) et un DVD (Guns, God and Government).
C'est grace à son troisième album au nom provocateur qu'il sorti véritablement de l'underground (meme s'il s'était déjà fait remarquer grace à sa magnifique reprise de Sweet dreams) pour conquérir le monde, s'attirant par là même les foudre des conservateurs du monde entier. Son attitude provocatrice fut sans doute la meilleure publicité (voulue ou non ?) pour cet album, car musicalement, rien n'aurait pu présager les retombées médiatiques phénoménales (et les ventes de disques qui vont avec) que provoquèrent un simple album d'indus. Enfin, quand je dis «simple album», il faut comprendre «un des meilleurs albums du genre». Car cet album redonna un souffle nouveau à un genre stagnant, en offrant un parfait compromis entre la violence de Fear Factory et la tranquillité (relative) de Nine Inch Nails. Irresponsible hate anthem et the beautiful people en sont les exemples parfaits : Marilyn Manson chuchote presque ses couplets, sur un rythme rapide, pour laisser exploser sa voix si particulière durant les refrains. C'est cela qui rend si appréciable sa musique : l'équilibre parfait entre les passages calmes, les passages mélodieux et les passages énervés, ce qui donne des tubes comme Irresponsible hate anthem, the beautiful people, tourniquet ou the reflecting god.
Mais les véritables tubes sont dans le quatrième album, mechanical animals, qui a paradoxalement moins bien marché qu'Antichrist Superstar. Pourtant, cet album reprend les mêmes recettes qui ont fait le succès de son prédécesseur, mais en améliorant les ingrédients : Les compositions sont beaucoup plus efficaces et entraînantes, ce qui donne des tubes de l'envergure de Rock is dead, great big white world, the dope show, I don't like the drugs but the drugs like me..., qui dépassent toutes (ou presque) les chansons d'Antichrist Superstar, tout en restant originales.
Faire un cinquième album aussi réussi que le quatrième n'a pas dû être aisé, mais c'est ce qu'il fit : Holy Wood est aussi bien que Mechanical Animals. Musicalement, toujours pas de grande évolution, les tubes s'enchaînent à vitesse grand V, même si l'album s'essouffle un peu vers la fin (les deux dernières pistes sont plutôt des outro que de véritables chansons). L'évolution se retrouve plus dans l'image de Marilyn Manson que dans sa musique. Fini la période glam de Mechanical Animals, le revoici dans une atmosphère plus sombre (qui se retrouve un peu dans ses chansons, notamment dans Godeatgod), comme le prouve le visuel de l'album, où il incarne un Christ en putréfaction. Ajoutez à cela les paroles des chansons Godeatgod, the love song et lamb of god, et vous obtenez de quoi relancer fortement le mouvement anti-Marilyn Manson.
Quant au live The last tour on earth, il fait surtout figure de best of, et n'apporte rien de neuf aux fans qui possèdent déjà tous les disques, si ce n'est des versions légèrement différentes des pistes présentes sur l'album.
Mais pour retrouver l'ambiance des concerts, mieux que le live il y a le DVD, Guns, God and government world tour (nom tirés des paroles de the love song sur Holy Wood). Ce DVD ne se contente pas d'être un simple concert filmé, c'est véritablement un best of de la tournée. En fait, le son (disponible en 5.1 et DTS) provient d'un unique concert, mais l'image est un montage d'images tirées d'une multitude de concerts aux quatre coins du monde, synchronisé avec la musique. Concrètement, cela fait qu'on peut voir en quelques secondes d'intervalles Marilyn avec plusieurs costumes ou maquillage différent, plusieurs effets scéniques... Cette prouesse technique est la plupart du temps parfaitement maîtrisée, mais dans de rare passages, on peut déceler un léger décalage entre la musique et les lèvres du chanteur. Mais on peut excuser ce léger désagrément, tant ce système apporte un souffle nouveau à des DVD musicaux se ressemblant un peut tous.
Ce DVD contient en plus un reportage de 30 minutes dans les back stages, «qui contient des choses que personne n'a et n'aurait du voir» dixit Marilyn Manson ; qui nous montre la dure vie d'une rock star en tournée, avec des apparitions éclair de la famille Osbourne (Ozzy et Sharon), Eminem et Joey Jordisson (batteur de Slipknot). Pour ce documentaire, je vous déconseille de le regarder en famille avec votre petit frère de huit ans, quelques images pouvant être choquantes, ce qui fait que le DVD est déconseillé aux moins de 18 ans. Ce documentaire peut être comparé à une version trash de celui présent sur le Hullabaloo de Muse, et se révèle tout aussi intéressant.
Ce DVD est un excellent palliatif pour tous les fans en manque, qui attendent avec impatience le prochain album, The Golden Age of Grotesque, qui devrait sortir en décembre, et qui espérons le, sera bien meilleur que la décevante Tainted love dernière chanson en date.
Loic []

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