8/10Mano Solo - Concert à l'Olympia

/ Critique - écrit par juro, le 21/09/2006
Notre verdict : 8/10 - Le même en mieux (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - 2 réactions

Pour présenter son nouvel album, In the garden, Mano Solo a choisi l'Olympia, sa scène mythique et son public parisien. En effectuant son retour par la grande porte, l'interprète toujours écorché vif n'a pas changé d'un iota. Les années
passent, d'autres changent, Mano reste. Toujours le même. Avec l'énergie sortant de sa plume acérée, il continue de livrer textes aux poésies remplies de sa gouaille caractéristique. Si l'ensemble s'est adouci, l'effervescence du mélange entre musette et rock alternatif s'embrase dans la violence des mots. Là et bien là, en grande partie dans un genre acoustique, le concert fut un plaisir. Avec une pointe d'étrangeté aussi...

Cette pointe de surprise inattendue est totalement due à la première partie. Loïc Lantoine est un duo. Déjanté serait une faible qualification. Arrivant sur scènes tels deux trublions faussement égarés et faussement impressionnés par le public, l'interprète et le contrebassiste expriment un genre unique en son genre... Amis de la contrebasse tapée, de l'improvisation musicale et textuelles ou autres paroles incompréhensibles, ce groupe est pour toi ! Extrémistes de la performance scénique, les premiers instants minimalistes laissent dubitatifs jusqu'à l'explosion cacophonique ou chacun joue à qui mieux mieux à pousser les décibels. Les amateurs de Mon Côté Punk auront reconnu le monstre. Sorte d'hybride de plusieurs personnages dont le résultat le plus proche correspondrait à Arno sous amphétamines et atteint de troubles obsessionnelles compulsifs, Loïc Lantoine n'hésite pas à prendre le public à parti, jouer avec lui, passer du rire (Johnny) aux larmes (Mauvais ouvrier) ou aux deux dans le même titre (Badaboum). Si de maigres protestations s'élèvent contre ce gigantesque capharnaüm incompréhensible, les yeux ne décollent plus de la scène pour ce duo d'artistes ne gardant rien en réserve. « Fils, si tu veux attraper la lune, il ne faut pas être poète mais cosmonaute » restera comme la phrase résumant au mieux cette partie folle laissant bouche bée la majeure partie du public... Mieux vaut garder un oeil dessus...


Caché derrière son chapeau comme un heaume « derrière lequel (il se) sent protégé », Mano Solo arrive sur scène dégainant immédiatement la fleur du fusil pour porter les premières banderilles au côté de ses trois compères. Ce concert qui voulait présenter les nouveaux titres va rapidement se transformer en revue du répertoire de l'interprète. Les nouveaux titres sont bien accueillis par le public mais les succès reconnus aux premières notes sont repris en coeur d'une seule voix (Sacré Coeur, Sha la la, etc...). La soirée se transforme en grande fête nostalgique et non "passéiste" comme l'aura gentiment qualifié Mano Solo. L'apaisement entre l'enchaînement des titres est de courte durée mais les moments de discussion prennent un sens particulier avant que les cris du coeur puissants ne sortent de ce corps toujours atteint de "maladresse et de talent". Si le choc de la soirée reste la performance de Loïc Lantoine, Mano Solo reste tout de même beaucoup plus impressionnant par sa gestion du concert sans faux rythmes, les titres et les émotions s'enchaînant à la pelle. Toujours le même... mais en mieux. Ce nouvel album s'annonce aussi bon que les précédents...

On ne ressort jamais indifférent d'une soirée avec Mano Solo, celle-ci n'échappe pas à la règle. Voir la communion d'un public autour d'un même discours politisé ou non ne peut laisser qu'une impression de réussite. Ce soir, c'était "tous unis" avec Mano Solo contre l'injustice et la misère dans une ambiance universelle. En mieux.

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