7/10Louise Attaque - A plus tard crocodile

/ Critique - écrit par Danorah, le 18/09/2005
Notre verdict : 7/10 - Louise Tarmac (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 4 minute(s) - 1 réaction

Un album en demi-teinte, agréable mais qui manque d'électricité. A réserver aux plus fervents amateurs de Tarmac.

Qui ne connaît pas Louise Attaque ? Groupe rock emblématique de la fin des années 90, difficile d'être passé à côté de leur premier album éponyme et de leur rock festif. Le second album, largement meilleur, plus mûr et réfléchi, connaît cependant une diffusion moindre (on retiendra L'intranquillité et La plume, les deux magnifiques singles). Viennent ensuite les difficultés, le split du groupe et le temps de Tarmac, la nouvelle formation de Gaëtan Roussel (chanteur et parolier de Louise Attaque). Après deux albums de Tarmac, la nouvelle tombe : Louise Attaque se reforme ! Les fans sont aux anges... Alors, quelques jours après la sortie du nouvel album du groupe fraîchement reconstitué, que retire-t-on de ce A plus tard crocodile ?

A l'écoute de A plus tard crocodile, la première réaction est la stupéfaction. On éjecte le disque du lecteur. On vérifie qu'il n'y a pas d'erreur, qu'il s'agit bien d'un album de Louise Attaque. Et pourtant, difficile d'en croire ses oreilles : disons-le tout net, A plus tard crocodile ressemble plus à du Tarmac qu'à du Louise Attaque. Pourtant, ça commençait plutôt bien : la petite intro La traversée du désert, suivie de Revolver, est du plus bel effet. Bien sûr, le style est beaucoup moins minimaliste que sur les premiers albums, ça manque un peu de guitare électrique, mais l'ensemble reste intéressant et donne envie d'écouter la suite. Le court Shibuya Station confirme la diversification du son, et Sean Penn, Mitchum représente la grande claque de l'album : une ballade à la manière de La plume, un refrain mélancolique et entêtant, des instrumentations épurées, et des textes attestant d'un Gaëtan Roussel au meilleur de sa forme... Magnifique. Evidemment, un tel niveau s'avère délicat à maintenir. J'en veux pour preuve la suite de l'album : tous les titres ou presque oscillent entre ballades à la Louise Attaque et chansons à la Tarmac... L'énergie rock n'est présente que très épisodiquement (quelques guitares électriques discrètes sur Manhattan, Si c'était hier, et les explosifs Oui, non et Oui, non, encore) et laisse place à des instruments diversifiés, à un chant aux résonances très proches du chant de Gaëtan avec Tarmac, à des tempi amples et à une sorte de langueur ambiante... Bref, la plupart des titres auraient pu trouver leur place dans un album de Tarmac, ce qui plaira sans doute à certains, mais laissera les amateurs du rock de Louise Attaque sur leur faim...

Le violon a toujours tenu une place importante dans la musique de Louise Attaque, et a su rester présent sur A plus tard crocodile : de façon classique comme sur Nos sourires, ou bien de manière plus innovante, plus chantée, avec un son plus rond et moins agressif. Pour ce qui est des riffs ou des thèmes au violon, difficile de faire plus efficace : ceux de Si c'était hier (premier single), Si l'on marchait jusqu'à demain, Salomé, Nos sourires et Ca m'aurait plu - pour ne citer qu'eux - sont irréprochables. Tellement irréprochables qu'ils en deviennent presque agaçants... On leur préférera des titres en apparence moins accrocheurs mais qui séduisent par leur mélodie et la sensibilité qui s'en dégage : Depuis toujours et sa guitare acoustique, See you later aligator et ses jolies paroles accompagnées d'une jolie voix féminine, Est-ce que tu m'aimes encore et ses étranges sons électroniques (quelque peu dérangeants, il faut bien l'avouer)... La valse constitue également une bonne surprise, conviant piano et rythme ternaire lancinant, rappelant le concept de La ballade de basse sur l'album Comme on a dit. Malheureusement certains titres de ce long album (18 pistes en tout !) semblent être superflus, à l'image du trop long A l'envers (qui n'a rien d'un titre de Louise Attaque et tout de Tarmac) et du trop répétitif La nuit.

Louise Attaque nous fait part d'un album de qualité, qui démontre encore une fois et de manière indéniable le potentiel mélodique de cette formation. Le talent de parolier de Gaëtan Roussel n'est plus à démontrer, et fait de A plus tard crocodile une mine de citations poétiques, justes et élégantes. Néanmoins, ce nouvel album manque d'électricité et la rage qui animait ses deux prédécesseurs fait ici cruellement défaut ; et c'est en cela que réside le plus gros point faible de A plus tard crocodile.

On appréciera malgré tout cette oeuvre à sa juste valeur, tout en gardant bien à l'esprit que l'on s'attendait à autre chose venant de Louise Attaque : le groupe a produit un album hybride, cherchant peut-être à satisfaire les amateurs de Louise Attaque sans pour autant décevoir ou désorienter les plus récents fans de Tarmac... Il aurait peut-être été plus approprié de choisir une ligne directrice plus déterminée, plutôt que de s'en tenir à cet album en demi-teinte, qui reste, rappelons-le, tout à fait honnête et agréable. Toujours est-il que l'on appréciera sans trop de mal A plus tard crocodile, ne serait-ce que pour les quelques titres qui nous rappellent le bon vieux Louise Attaque d'antan...


Louise Attaque - A plus tard crocodile
01. La Traversée Du Désert
02. Revolver
03. Shibuya Station
04. Sean Penn, Mitchum
05. Si L'On Marchait Jusqu'A Demain
06. Salomé
07. Si C'Etait Hier
08. Oui, Non
09. Nos Sourires
10. Depuis Toujours
11. A L'Envers
12. Manhattan
13. See You Later Alligator
14. La Nuit
15. Oui, Non, Encore?
16. Est-Ce Que Tu M'Aimes Encore?
17. La Valse
18. Ca M'Aurait Plu

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