Les Papillons - Concert à la Bobine en juin 2006

/ Compte-rendu de concert - écrit par Lilly, le 11/06/2006

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La Bobine nous a accueilli dans un espace cabaret intimiste aménagé pour l'occasion. Parce qu'avec les Papillons, c'est une soirée... spéciale qui nous attend. Une première partie attendrissante nous colle un petit sourire au coeur puis les Papillons nous baladent dans les airs de la chanson française et nous déposent de fleurette mignonette, à cactus grinçant en passant par les géraniums banals d'un quotidien parodié.

Nordine Le Nordec, éclairagiste du groupe tête d'affiche, fait ses débuts hésitants sur scène accompagné de deux de ses copains Papillons à la guitare dans un style plutôt manouche. Alors Nordine, il a les bras ballants, il se présente sur le ton de l'auto-dérision, il a des soucis pour poser sa voix plutôt aiguë, mais il est là, attachant et sympathique, avec ses maladresses et ses fausses notes. Ses textes ne sont pas toujours des plus originaux, par exemple celui sur le racisme, mais les mots s'enchaînent bien et leur franchise nous fait sourire, notamment ce refrain entêtant sur un attribut masculin mal formaté.

Quand les Papillons arrivent, la salle s'est un peu remplie, mais Coupe du Monde et examens obliges, elle ne sera pas des mieux garnies. Et bien tant pis pour les absents et tant mieux pour la tournure complice qu'a pris le concert dans ces conditions. Plus qu'un concert, les Papillons nous régalent d'un spectacle, simple et drôle, dans la lignée des groupes de chanson comique comme la Crevette d'Acier, les Wriggles, les Joyeux Urbains, et pour la musique dans une plus lointaine parenté avec les Ogres de Barback ou les Tit'Nassels.
Nos drôles de papillons sont 4, trois mâles et une femelle. Deux grands spécimens démantibulés et un gringalet qui s'attellent à la guitare et à la contrebasse, accompagnés d'une fraîche chansonnière joueuse de synthétiseur au timbre excessivement proche des chanteuses des deux derniers groupes préalablement cités. Seul le contrebassiste ne donne pas la réplique, préférant nous concocter un accompagnement sobre et des solos soignés.


Avec humour, la joyeuse bande nous interprète les personnages de leurs chansonnettes, deux hommes comparés dans leurs conquêtes amoureuses au lièvre et à la tortue dont la morale se solde crûment par cette sentence : « un la bourrine, un la termine », le looser roi du râteau affectif, la marmotte feignasse... Ils créent des situations imaginaires ou banales : un univers monotone « Tout Gris », une séparation de couple émouvante dans une mise en scène où les coups de projecteurs éclairent tour à tour elle et lui, ou enfin les quelques minutes séparant un condamné du trépas « La Guillotine ». Et on rit de la perdition des êtres comme pour mieux la saisir.
Musique et arrangements sont de qualité et servent tour à tour l'ivresse euphorique des mots ou la gravité simple de ces récits de vie. Le ton est rafraîchissant, trois chanteurs se renvoient la note, dont un se démarque par sa voix de légère basse et son swing original. Les deux autres ont le piquant et le dynamisme que l'on retrouve dans les compositions des Ogres de Barback. Mais le génie de la formation tient en sa capacité à pimenter sa prestation d'humour chaleureux et de folies inattendues. Des petites interpellations « Public es-tu toujours là je te vois pas avec le projecteur ? », des mimes de rock star, des solos déjantés et nullissimes à la flûte, des danses décalées, un sketch absurde sur les gnous... un cocktail d'énergie amusante.

Pour clôturer cette revue de concert et vous laisser imaginer tous les charmes de sa bonne humeur, faisons hommage à la superbe comptine « c'est Tatie qui pue, Tatie qui pique, Tatie qui sent la bique, c'est Tatie pas belle, c'est Tatie tatie qui sent la poubelle ».

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