Les Fatals Picards/Les Wriggles - Concert au Fil de Saint Etienne - 11/05/2008

/ Compte-rendu de concert - écrit par nazonfly (), le 15/05/2008

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le Fil et Paroles et Musiques nous auront donc proposé une soirée sympathique à la bonne humeur communicative.

2008. Dix-septième édition du Festival Paroles et Musiques à Saint Etienne, dédiée à la chanson française dans toute sa diversité. Du slam de Grand Corps Malade, au rock de Aaron en passant le reggae de Tiken Jah Fakoly, difficile de passer à côté de cet événement de la vie stéphanoise, surtout quand on oublie de citer Mano Solo, Bashung ou Cali. Mais plus difficile est encore de faire un choix, surtout quand le même soir sont programmés Moriarty d'un côté et les Wriggles et les Fatals Picards de l'autre ! Tant pis pour Moriarty, des impératifs nous auront poussé à revoir le grand délire des picards sur scène (déjà vus au Festival Woodstower de Lyon en août 2008) et à découvrir les Wriggles. Deux groupes qui, depuis longtemps (ils ont été créés au milieu des années 90) ont su faire parler d'eux par la grande qualité de leurs concerts et leur bonne humeur.

Les Wriggles

Pour chauffer la salle, c'est évidemment le groupe le moins connu qui ouvre en général. Pour cette soirée exceptionnelle, ce sont les Wriggles qui s'y collent devançant les désormais Fatals Picards (merci l'Eurovision). Le public pour ce début de concert est plutôt froid. Clairement ils ne sont pas venus pour les trois bonhommes en rouge. Pourtant, au fur et à mesure de l'avancée du spectacle, le groupe réussira à mettre le public dans sa poche. Spectacle ? Oui, car les Wriggles ne proposent pas sur scène un banal concert, mais plutôt une représentation parfois théâtrale, parfois humoristique, parfois musicale, principalement basée sur leur dernier album Tant Pis ! Tant Mieux !. La chanson La Chaîne, par exemple, dont le sujet est le travail la chaîne s'accompagne d'un ensembe de gestes mécaniques en parfait complément avec les paroles. Vous l'aurez compris, les paroles des chansons des Wriggles sont douces-amères, drôles sans oublier d'être porteuses d'un véritable message. Bien qu'ayant fortement abusé de substances illicites, et notamment de pif rouge, les Wriggles sauront aussi nous émouvoir avec de bien belles chansons comme sur Désolé Mémé ou Petit Bonhomme. Le moment intense du spectacle sera sûrement Julie Petite Olive repris en coeur par le public. De notre côté, nous nous souviendrons de cette chanson à l'honneur du PSG, un comble au pays des anges verts ! Et même si les spectateurs sourient, le résultat est plutôt étrange et déstabilisant, surtout pour qui n'aime pas les one man show, enfin les three men show dans ce cas précis.

Le concert des Wriggles a donc été une surprise très agréable, sans être transcendant. Sans doute que dans d'autres conditions, dans d'autres lieux, on aurait pu apprécier différemment le spectacle.

Les Fatals Picards

Après un changement de scène in-ter-mi-na-ble, les Fatals Picards envahissent la scène. Le son sera évidemment largement plus rock, même s'il est difficile de classer clairement leur musique puisqu'elle emprunte (ou parodie ?) autant à Saez qu'à Zebda, autant à Brel qu'à Bernard Lavilliers. Ils viennent au Fil pour défendre leur premier album live, sobrement intitulé Public, enregistré durant la tournée de Pamplemousse Mécanique. Autant dire que c'est cet album qui sera ultra-représenté dans la setlist (12 titres sur les 16 du concert, si votre serviteur n'a rien oublié). Mais c'est avec la chanson Schizophrène issue de Droit de Véto. Version ultra-rapide d'une chanson déjà pas faite pour les grands-mères, c'est un véritable délire qui s'empare de la salle, et le pit (oui, soyons fous, appelons ça un pit) commence à pogoter, et à slammer. Le départ d'Ivan (le chauve du groupe) n'a, semble-t-il, rien changé à l'énergie du groupe qui enverra du gros son, sur 30 Millions de Punk (« punkachien, punkachien, moi je suis un punk, un punk avec un chieeeeen ») ou sur Chasse Pêche et Biture. Paul, le chanteur, se mettra évidemment le public dans la poche, en jouant avec lui : « vas-y, lève la main si tu es prof » sur La Sécurité de l'Emploi, « Che Guevara m'a écrit une chanson » sur Commandante. Et que dire du final avec cette reprise de Partenaire Particulier ! Encore un très bon moment passé devant le groupe, même si le concert du Woodstower était sans doute plus réussi.

Le Fil et Paroles et Musiques nous auront donc proposé une soirée sympathique à la bonne humeur communicative.

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