9.5/10Led Zeppelin - Le DVD

/ Critique - écrit par Val Lazare, le 03/04/2004
Notre verdict : 9.5/10 - Led Zeppelin (Ecrivez votre critique)

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Un peu plus de cinq heures de documents vidéo retraçant les performances live d'un groupe de jeunes britons des années 70 : Robert Plant au chant, Jimmy Page à la guitare, John Paul Jones à la basse, et John Bonham à la batterie. S'il existe un paradis pour les rockers, la bande à Bonham se tient à la droite d'Elvis.
En 1968, Jimmy Page fait partie des Yardbirds (qui virent passer également Jeff Beck et Eric Clapton). Le groupe bat de l'aile et à défaut de tourner la page, Jimmy va recruter quelques mercenaires impavides pour relancer sa bande. Il rencontre John Paul Jones et les deux hommes se promettent de travailler ensemble. Jones déniche un chanteur plein de talent, Robert Plant. Ce dernier ira à son tour présenter John Bonham à la ligue des gentlemen rockers. L'effet domino sûrement.

Les Yardbirds tournent et se rendent compte que les changements de line-up ont littéralement transfiguré le groupe. Les New Yardbirds deviendront Led Zeppelin. Après un Led Zeppelin enregistré en 30 heures montre en main, Led Zeppelin II, III, IV, et Houses Of The Holy déboulent comme autant d'étoiles filantes sur la planète rock. Les Zeppelin explosent régulièrement les charts et font la nique aux Beatles. Le groupe crée son label Swan Song (dont se serait inspiré Brian De Palma pour Phantom Of The Paradise ?). Physical Graffiti et Presence suivent. In Through The Out Door, dernier album, est enregistré en 79. Entourés par des roadies ultraviolents, roulant à toute berzingue sur l'autoroute de la drogue, les Led Zep finiront leur course en laissant l'un des leurs en chemin. John Bonham est trouvé mort le 25 Septembre 1980. Stairway To Heaven.

Un travail d'archéologue, c'est sûrement ce qu'aura été le montage du DVD pour Jimmy Page et Dick Carruthers. Mettant à profit les dernières avancées technologiques, les deux apprentis sorciers vont extirper des pellicules vaguement rongées de caméras 16mm et leur donner un coup de jeune, retravaillant tout le matériel pour permettre au dolby digital 5.1 Surround Sound de nous offrir un son « spatial ».


DVD One

« Good Evening » salue Plant avant d'entamer ce Live At The Royal Albert Hall par We'Re Gonna Groove. Le groupe n'a alors que quelques mois dans les pattes. Arborant de longues et généreuses bouclettes de cheveux bruns d'où transparaît parfois un visage, et de non moins généreuses rouflaquettes, nos quatre bonhommes sont déjà au sommet. Ce Live At The Royal Albert Hall vaudrait à lui seul l'achat du coffret. L'image est sensas : un grain épais, suffisamment vieillot pour comprendre que l'on assiste à une époque mythique, les 70s ; parcourue entre spots monochromes et clair-obscur. Le son est sensas : l'occasion de comprendre une fois pour toute qu'un live n'a absolument rien à voir avec la galette studio qui attend patiemment son heure dans un bac. Légèrement plus gras, plus électriques, les titres que joueront Led Zeppelin vous feront, à n'en pas douter, écouter les disques différemment.

We'Re Gonna Groove... Bonham lance la machine sous une volée de baguettes savamment distribuée, les trois compères suivent et on est déjà plongé sous le déluge du Zep. We'Re Gonna Loveee susurre Plant tandis que Jones fait glisser inlassablement sa basse de haut en bas, toujours discret mais plaquant, en bon stakhanoviste, d'imparables accords de basse. Page, quant à lui, fait le spectacle, improvise de sincères et désinvoltes pas de danse, tourmentant sa guitare sans donner l'air d'y prêter attention.

Groove et amour, le deal semble bon... du coup, la seule pensée qui me traverse au cours de cet apéritif zeppelinien restera un « putain, mais où est-ce que je signe ? ». I Can't Quit You Baby, Dazed And Confused, How Many More Times, Whole Lotta Love, Communication Breakdown sont autant de monstres expédiés avec une rare maestria. Fort de ses douze titres, le Live At The Royal Albert Hall nous réserve, on l'imagine, quelques surprises : Jimmy Page sacrifiant un archet à sa guitare sur Dazed And Confused, puis profitant d'un effet d'écho, improvise une chorégraphie en battant la mesure de son archet après chaque accord claqué. John Bonham, grand gamin de vingt ans assurant un bon quart d'heure de solo de batterie sur Moby Dick, suivi par un Page faisant de même à la six cordes électrique sur White Summer. Reste les Whole Lotta Love survitaminé (ou comment Led Zep fut le prophète du hard rock), l'intro de C'Mon Everybody qui vous file la pêche pour les trois prochains siècles et bien plus encore...
Un concert de plus en plus chaud et « hard » au fil des titres pour finalement s'achever sur le bluesy Bring It On Home et les applaudissements d'un Bonham visiblement fort satisfait. Y a de quoi.

DVD Two

Le second DVD regroupe quatre shows donnés dans des stades ou salles pleines à craquer dont un live au Madison Square Garden en 73, Earls Court en 75 et Knebworth en 79. Le groupe a pris de la bouteille (au propre comme au figuré ?) et nous offre désormais des prestations plus glamour qu'au Royal Albert Hall. Plant chante torse nu, et ravit les fans d'une voix toujours aussi androgyne, soulignée quand et quand de poses suggestives.
Des costumes de rock star au Madison Square Garden à la sobriété affichée à Knebworth, la sauce prend toujours aussi bien...
L'occasion de voir Jones au clavier (Misty Mountain Hop), et finalement d'apprécier les fioritures dont se parent Led Zep après avoir joué et rejoué tant de hits ou comment lancer Since I'Ve Been Loving You par un solo de gratte franchement hard, avant de le prendre à contre-pied par quelques accords énamourés (les Guns et Bon Jovi auront retenu la leçon). A cette époque, les membres des Led Zeppelin sont adulés par une bonne partie de la planète. Ils le savent et en usent (en abusent ?).
Earls Court est également l'occasion de voir la machine volante en acoustique. Les caméras d'alors capturent un Robert Plant aux anges. Difficile de ne pas comparer cette session acoustique à celle donnée par Nirvana au MTV Unplugged. D'un Plant tout en charme soutenu par Jones et Page aux cordes à un Cobain non moins éblouissant accompagné par ses potes des Meat Puppets... il n'y a qu'un pas.

Au final, on retiendra les derniers mots de Plant avant la clôture du DVD, en substance, « Merci pour ces onze ans passés avec vous »... ouais, ben de même mon pote !

Comme disait Philippe Manoeuvre, les Led Zep furent un groupe où les individualités, déjà incontournables, permirent à l'ensemble d'aller encore plus loin. Un groupe qui, au-delà de l'innovation, changeait sa set-list à chaque concert, improvisait comme personne au monde. Le sourire enjôleur de Plant, une complicité qui crève les yeux, un son qui restera dans les mémoires pour encore quelques siècles... quelques raisons de se procurer le DVD ocre-azur.


DVD 1:
• Live at the Royal Albert Hall (1970)
• 1969 - 3 titles from Danish Television (31 min Stereo)
• 1969 - "Communication Breakdown" Promo - Paris (9 min Stereo)
• 1969 - "Dazed And Confused" - Supershow (7 min Stereo)

DVD 2:
• 1972 - Immigrant Song - Splodge Edit Live (4 min)
• 1973 - Madison Square Garden - New York (24mn) - 4 titles not included in the film "The Song Remains The Same"
• 1975 - Earl's Court - London 49 min - 6 titles
• 1979 - Knebworth - Angleterre 52 min - 7 titles
• 1970 - NBC interview with the band (mono)
• 1972 - Rock N' Roll + interviews from Australian Television (4 min Stereo)
• 1975 - Interview with Robert Plant - BBC Old Grey Whistle (4 min Stereo)
• 2 clips : "Over The Hills" and "Travelling Riverside Blues" (4 min)

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