5/10Lana Del Rey - Born to die

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 07/02/2012
Notre verdict : 5/10 - Et encore c'est parce qu'il y a trois bons titres (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 5 minute(s) - 4 réactions

Si vous avez internet et que vous suivez l'actualité musicale, vous n'avez pas pu passer à côté de la chanteuse hype du moment, Lana Del Rey. D'ailleurs, sur Krinein, on l'avait aussi remarquée. Il faut dire que les quelques titres qu'on avait entendu étaient tout simplement magistraux. Tout avait commencé avec un Video games pour le moins sublime : quelques notes de piano en suspens dans l'air, une atmosphère féérique et une voix délicieusement grave et à la chaleur frissonnante. Dans cette voix, résonnaient des échos d'Adèle, d'Alela Diane : impossible de ne pas tomber amoureux de celle-ci. Inutile donc de dire que le buzz enfla et que le net ne parla bientôt plus que de la belle Américaine. Le deuxième single, Born to die, confirma les bons débuts de Lana : un peu plus envolée, marquée par quelques cordes, et rythmée par une batterie bien présente, la chanson restait dans la même veine que Video games. Et surtout cette voix était toujours aussi envoûtante. La sortie de Born to die le 30 janvier dernier ne pouvait évidemment passer inaperçu.

Appréhension

C'est cependant avec une certaine appréhension que, sur Krinein, on s'est
Un peu court pour faire Britney
précipités pour l'écouter. Les quelques premiers échos n'étaient pas franchement bons, et la similarité entre Video games et I dromi pou agapissa de la chanteuse grecque Eleni Vitali, un peu trop grande, pour ne pas évoquer un possible plagiat. Comme dit précédemment, le titre éponyme ouvre l'album d'une bien belle manière, mais dès le deuxième, Off the races, c'est un coup de poing dans les parties. Disparue la belle voix, envolée la superbe instrumentation, les beats r'n'b prennent la place et c'est une voix aiguë qui nous surprend franchement. Quel sentiment bizarre de découvrir ce titre plutôt différent de ce qui avait fait le buzz, même s'il se termine sur de sympathiques violons. Heureusement Blue jeans remet Lana dans les bons rails. Certes là encore la chanteuse préfère utiliser le côté le plus clair et aigu de sa voix, ce qui donne une couleur plus lumineuse au titre, comme une renaissance ou plutôt comme l'arrivée du printemps là où Born to die représentait la fin d'un été. Passons rapidement sur Video games qui prend encore une autre dimension dans l'album : le titre plane à mille lieux au dessus du reste et la voix elle-même semble descendre du ciel dans un rayon divin. Exactement le genre de titre qui ne peut que s'écouter les yeux fermés dans un profond recueillement.

Douche froide

Et puis c'est de nouveau la douche froide avec Die moutain dew qui nous fait
En mode bitch à la Nicki Minaj
rapidement redescendre sur terre en prononçant un gros « WTF ? » : les beats R'n'b reviennent en force et la voix de Lana Del Rey redevient terriblement commune. Pour tout dire, si l'on avait un peu accéléré le titre, il n'aurait sans doute pas déparé d'un album de Rihanna. Après plusieurs écoutes, il est impossible de le déclarer mauvais mais l'atterrissage est vraiment rude. Pour filer la métaphore, National anthem s'enfonce encore plus loin : des feux d'artifice, des violons, des batteries qui battent comme un cœur et des chœurs qui battent le pavé, un chant presque rappé et on se demande qui a eu l'idée de coller un tel titre ici. Un sourd ? Un idiot ? On ne le saura sans doute jamais... Moins effrayante mais plus ennuyeuse, Dark paradise est une bluette sans aucune personnalité qu'on oubliera rapidement. Un poil plus réussie, Radio rate de peu le coeur de l'auditeur : on sent qu'il ne faudrait pas grand chose pour nous emmener à nouveau avec elle (baisser la caisse omniprésente?).

Perdition

Encore meilleure, Carmen parvient, pour une fois, à ménager les deux aspects
Même avec un chat, ça ne passera pas !
de Born to die : les couplets beaux et tranquilles laissent la place à un refrain, où la voix de cristal de Lana occupe l'espace sur quelques violons et une batterie heureusement plus en retrait. Million dollar man n'a qu'un seul défaut : elle manque franchement d'originalité. On a l'impression d'avoir entendu cette chanson 1000 fois si bien que tout surgit parfaitement au moment opportun : les violons pleurent gentiment en fond, la voix est suave et désespérée, la batterie martèle un rythme doux pour une fois en retrait. Summertime sadness poursuit sur la même lancée mais en nous embarquant réellement cette fois-ci : le vent change cependant de nouveau de côté avec la très vilaine This is what makes us girls dont la batterie nous évoque 2 Unlimited quand le duo se lançait dans le slow (rappelez-vous Shelter for a rainy day) : en bref, c'est moche et daté. Without you s'élève un peu plus, nous rappelle qu'il y a quand même un petit quelque chose chez Lana Del Rey mais ce n'est qu'un des ultimes soubresauts d'un album en perdition. S'il fallait n'en donner qu'un exemple, Lucky ones est une belle chanson qui pourrait suggérer Mariah Carey quand elle faisait de la musique (!!).

Avec trois exceptionnelles chansons (Blue jeans, Video games et Born to die), quelques titres passables et deux-trois horreurs, Born to die est évidemment une grosse déception. Objectivement on pourra dire que cet album est bien produit, a tout ce qu'il faut pour marcher dans les bacs, mais comment ne pas regretter que Lana Del Rey n'ait pas concrétisé les promesses entrevues ?

Lana Del Rey – Born to die

01. Born to die
02. Off to the races
03. Blue jeans
04. Video games
05. Die moutain dew
06. National anthem
07. Dark paradise
08. Radio
09. Carmen
10. Million dollar man
11. Summertime sadness
12. This is what makes us girls
13. Without you
13. Lolita
14. Lucky ones

En écoute, le vrai bon titre Video games. C'est quand même quelque chose !

A découvrir
Alizée - Gourmandises
Alizée - Gourmandises
M - Le Baptême
M - Le Baptême
Lorie - Près de toi
Lorie - Près de toi