9/10Pandemonium, solace and stars, l'art du contre-pied de Laetitia Shériff

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 12/10/2014
Notre verdict : 9/10 - Réconfortant et chaotique (Ecrivez votre critique)

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Laetitia, la joie. Shériff, la loi. Krinein sort du bois et, tel une oie, pond une critique on l'espère pas à la noix. Ben quoi ?

Quelques années déjà que Laetitia Shériff traîne ses guêtres dans le paysage musical français que ce soit en solo ou avec le groupe Trunks. De fait Pandemonium, solace and stars est son sixième disque, un disque audacieux qui n'hésite pas à surprendre, à jouer avec talent l'art du contre-pied.

Un contre-pied mis parfaitement en valeur par le cinquième morceau, To be strong, qui semble être la charnière de l'album : sa guitare joue tout en retenue au diapason de la voix de Laetitia Shériff qui vogue, planante, reposante. Un violon vient même se poser délicatement sur l'ensemble, apportant un surcroît de douceur. Et puis le morceau sort de son cocon et renaît petit à petit sous l'impulsion d'une batterie qui martèle lourdement : loin des mignardises des premiers morceaux, c'est une véritable pièce de post-rock maîtrisé, sombre, heurté et venu du fin fond des tripes que nous offre ce final sublime.


DR. Laetitia Shériff au boulot

 

Comme To be strong, Pandemonium, solace and stars souffle ainsi le chaud et le froid, entre morceaux pops enjoués (The living dead dont le refrain pourrait presque faire un tube) et titres véritablement sombres (Opposite qui joue la carte du rampant avec une batterie qui marque lourdement le rythme, comme pour enfoncer définitivement le titre dans une mélasse collante). À un A beautiful rage II empreint de l'exquise douceur du papillon chanté sur le morceau peut se succéder le soudain lavage à grands eaux de l'explosion noisy-punk à voix hurlée (Wash). Laetitia Shériff semble n'avoir de cesse d'explorer les limites et d'exploser les frontières. Urbanism – after Goya et Far & wide, les deux derniers titres de l'album, ne rentrent dans aucune case et, s'ils ne sont pas les plus mémorables des morceaux, ils sont certainement les plus inventifs, les plus inattendus, le premier avec sa basse qui ronronne en boucle, le deuxième avec cet orgue qui s'étend en longueur. Deux morceaux terminaux qui marquent la fin d'un album qui surprend constamment, qui ne laisse pas l'auditeur s'endormir sur ses lauriers.

Réconfort (solace) et chaos (Pandemonium qui est la dénomination de la capitale des Enfers, c'était l'instant culture de Krinein) semblent être les deux lignes directrices du travail de Laetitia Shériff qui n'est pas une star et n'en sera probablement jamais une. Mais elle fait de la très bonne musique.

Point fort : l'art du contre-pied constant

Point faible : l’absence de réel tube

La critique en 140 caractères : Laetitia Shériff, entre réconfort et chaos, nous offre un sublime album pour ne pas égayer nos soirées d'hiver.

En écoute The living dead

Laetitia Shériff – Pandemonium, solace and stars

01. Yellow
02. The living dead
03. Opposite
04. To visit Brighton
05. To be strong
06. Friendly birds
07. A beautiful rage II
08. Wash
09. Urbanism - after Goya
10. Far & wide

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