7/10Kokokyinaka, prononcez Kokotchinaka

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 06/07/2013
Notre verdict : 7/10 - Oyez, oyez, c'est du bon ! (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 3 minute(s) - laisser un commentaire

Joy Frempong, alias Oy, est sympa. Dès l'intro de son album Kokokyinaka, elle nous précise comment se prononce celui-ci,
DR. Oyez
'kokotchinaka' en l'occurence. Non pas que ça va nous servir dans la critique suivante mais ça peut faire bien en soirée comme par exemple aux Eurocks ce soir (enfin ça, ça serait si j'y étais aux Eurocks hein, chienne de vie). La Suisso-Ghanéenne sera en effet à la scène de la Plage à 17h30, une scène qui devrait convenir parfaitement à sa musique bigarrée. Une musique bigarrée ? Derrière ce terme confus et vague se cache en réalité une pop à tendance electro qui fait la part belle aux racines africaines de Oy. Les 19 titres de l'album baignent ainsi dans une atmosphère qui évoque sans cesse le continent noir : dans les percus lentes de Stars on gold, dans les voix arabisantes et planantes de Millionaire in beggar's wear, dans le chant a cappella gospel-soul de Gyere, dans les multiples samples qui parsèment le disque comme les « honk-honk » des klaxons de Market place...

Grand écart

Évidemment Kokokyinaka ne se résume pas à de la musique africaine
DR. Oyez
(d'ailleurs s'il existait une monolithique musique africaine, ça se saurait...), Kokokyinaka se base sur un large paysage electro. Le sautillant Akwaba colonisé par une flûte entêtante n'a que peu à voir avec la petite tuerie astrale à moitié expérimentale qu'est Doondari. L'electro dure et hallucinée de Tortoise and hunter semble complètement à l'opposé de Gyere précédemment citée. La ballade Carry us home portée par la chaude voix de Joy Frempong est une douceur ouatée que l'on ne peut pas rapprocher du sombre et étonnant Si tu veux... qui la précède. En réalité, rien ne semble arrêter Joy et ces quelques exemples montrent qu'elle est, sans qu'on puisse le contester d'une quelconque manière, une artiste formidable au chant exploratoire gigantesque et à l'esprit musical réellement ouvert.

Plus étonnant encore, sa personnalité et sa voix semblent épouser totalement la musique : douce et langoureuse sur Carry us home, cette voix est cristalline et moqueuse sur Hallelujah hair qui, du reste, a de formidables paroles : « Praise the Lord for my afro, praise the Lord for my conrow, praise the Lord for my dreadlocks, praise the Lord for my extensions, praise the Lord for my whig ». Oui, en plus d'être talentueuse, Joy est une petite rigolote.

Kokokyinaka est un bon album dont le seul manque est peut-être ce tube qui nous emmènerait dans un ailleurs enchanté : les bons titres, qui pourtant ne manquent pas, ne parviennent pas à franchir le pas décisif. Cependant une sensation nous dit que voir Oy en concert doit être un petit événement.

Point fort : le grand écart electro

Point faible : un chanson qui parle de cheveux, c'est une provocation envers les chauves !

En écoute, Market place

Oy – Kokokyinaka

01. Intro – 2nd class bus
02. Akwaba
03. Halleluja hair
04. Market place
05. Stars on gold
06. Funny I
07. Doondari
08. Tortoise and hunter
09. Millionaire in beggar's wear
10. Funny II
11. Gyere
12. Bienvenue chez toi
13. No, I don't snore
14. My name is happy
15. Carbreak
16. Chicken beer
17. Si tu veux...
18. Carry us home
19. Outro – 1st class buss

Oy en concert en 2013 :

Les Eurockéennes le 6 juillet

Le Transbordeur de Lyon le 11 juillet

Le Festival Le Chien à Plumes le 10 août

Le MaMA even au Divan du Monde le 18 octobre

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