Une amie m'avait fait découvrir un groupe l'été dernier en me disant : « tu verras, ça ressemble aux Stones et c'est excellent », elle ne s'était pas trompé... Velus, chevelus, poilus mais absolument pas parvenus, les Kings Of Leon renouent avec la grande tradition des icônes du rock des plus grandes années. Rien à envier aux légendes telles les Rolling Stones auxquels ils ont été si souvent comparés dans la presse anglophone. Prenant la pose comme les grandes égéries des années rock, ces quatre autres garçons (les cheveux flottants) dans le vent ont débarqué tout droit du Tennessee pour nous offrir un véritable album de rock totalement ancré dans la mouvance actuel. Coincés entre Ben Kweller et The Strokes lors de leur concert du 10 décembre dernier au Zénith, ils avaient ravi le public français grâce à une prestation bien plus qu'honorable. Guitares électriques et voix éraillée s'entrecroisent pour former un album qui sent la poudre grâce à une qualité insoupçonnée dès leurs débuts. Coup de projecteur sur Youth and Young Manhood, ce fameux premier album d'un groupe qui possède un look et un son en plus d'une histoire particulière et qui a bien fait d'oublier la particule "The"...
Evoquons rapidement la formation pour rappeler que les Kings Of Leon sont au nombre de quatre dont le noyau consiste dans le noyau trois frères Followill entourés d'un de leurs cousins. Avec une moyenne d'âge flirtant tout juste aux alentours de la vingtaine, ils déploient un grand enthousiasme avec Caleb le chanteur accompagné de Nathan à la batterie, Matthew le guitariste et Jared le bassiste. Se connaissant parfaitement, c'est au travers de leur enfance qu'ils ont développé un goût immodéré pour la musique... sur la route et dans les églises ! Pourtant à travers leur album, ce n'est pas le petit Jésus qui est chanté mais bien le bon vieux démon du rock qui nous emmène sur douze titres fulgurants et massivement orientés garage mais avec des influences empruntés à l'Amérique profonde celles des Bob Dylan, Neil Young ou encore CCR s'opposant ainsi au rock new-yorkais. Une petite touche country et bluesy pour parvenir à se donner un aspect différent par rapport aux productions actuelles ainsi que la voix de Caleb qui clame jusqu'à l'extinction de voix des mélodies entraînantes qui nous fair entrer pied au plancher dans l'ambiance avec Red Morning Light...
Très revival rock dès leur entrée en matière avec ce premier titre, les Kings of Leon font preuve de toute leur maîtrise dès leur mise en action. Ce n'est peut être pas le morceau révolutionnaire mais il a la capacité de donner la pêche au bout d'une demi-seconde avec une grosse guitare électrique, une voix entraînante et un refrain tonitruant. Pas le temps de respirer puisque Happy Alone arrive avec les mêmes ingrédients sur laquelle les riffs de guitare se déchaînent, on en prend plein la tête et les oreilles d'autant plus que le rythme ne cesse de s'accélérer pour finir en trombe. Wasted Time est un collé-copié de la précédente sinon que le chanteur imprime à lui seul un tempo impressionnant. Joe's Head débarque à point nommé pour une démonstration de tout le talent des petits jeunes, tellement elle pourrait être repassée en boucle sans jamais se lasser pourtant sur un sujet un peu glauque mais avec un final grandiose.
De surprise en surprise, les Kings of Leon entame alors une balade Trani qui sent bon le Sud et l'amour déchirant qui ne cesse de s'amplifier au fur et à mesure avant que Caleb ne finisse complètement à plat après s'être arraché une nouvelle fois les cordes vocales. La transition continue avec Calfornia Waiting avant que Spiral Staircase ne ramène sur la trame principale.
C'est la composition qui fait le plus penser à ces années de gloire avec les influences déjà évoquées plus haut pour un ensemble absolument excitant et dansant. Molly's Chambers apparaît alors comme un mélange des influences, à mi chemin entre rock et balade le titre se rappelle à notre mémoire comme un morceau destiné à la radio mais fort appréciable quand même. Genius semble être le summum de l'album avec un Caleb qui jongle sur les riffs de guitare de Matthew... la famille Follwill a décidé de mettre le paquet en se déchaînant comme des morts de faim totalement hors de contrôle le temps d'un morceau !
Pour finir Dusty résonne dans une ambiance de bar comme un lent morceau de groupe de troisième zone lors des premières secondes mais petit à petit la sauce prend et l'influence bluesy prend ici toute sa signification avec quelques notes de piano discrètes. Caleb parvient quand même à s'arracher pour livrer un morceau incroyable qui finit dans toute sa splendeur ! L'envoûtement est totale avec Holly Roller Novocaïne et ses riffs de guitare qui en font un des meilleurs titres de Young and Youth Manhood avant de terminer sur le titre caché nommé Talahina Sky qui commence pianissimo pour finir... pianissimo comme un pied de nez au reste de l'album.
En fin de compte, les Kings of Leon ne se sont pas fait priés pour livrer un album exceptionnel au sein duquel les réussites succèdent aux réussites. La formation hirsute sera bientôt rejointe par un cinquième larron, encore un cousin guitariste du nom de Najo pour le second album. Prenons le pari qu'il sera tout aussi velu que les autres membres de la famille et qu'il les incitera à préparer une suite honorable en gardant les mêmes éléments si performants.
Young and Youth Manhood
01. Red Morning Light 3'00
02. Happy Alone 4'00
03. Wasted Time 2'47
04. Joe's Head 3'21
05. Trani 5'01
06. California Waiting 3'10
07. Spiral Staircase 2'55
08. Molly's Chambers 2'16
09. Genius 2'49
10. Dusty 5'14
11. Holly Roller Novocaïne 4'17
12. Talahina Sky 3'47
juro []

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