9/10Killing Joke - Killing Joke

/ Critique - écrit par Lestat, le 18/09/2003
Notre verdict : 9/10 - Drôlement bon... (Ecrivez votre critique)

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Commençons par un peu d'histoire. Le groupe Killing Joke, composé de Jaz Coleman (chant, clavier), Paul Ferguson (batterie), Youth (basse) et Geordie (guitare) est un groupe du début des années 80 du post-punk, surtout connu pour leurs prestations scéniques contreversées et une chanson, eighties, qui aurait bien pu influencer Nirvana, dont la ressemblance avec le Come as you are est assez flagrante.

N'ayant pas leurs précédent albums (juste quelques titres par ci par là), je ne pourrai pas me livrer à quelques comparatifs, ce qui dans un sens est bien dommage, je vous l'accorde. Je laisse toutefois le soin aux fans de le faire, ils y arriveront, sans aucun doute, mieux que moi. Quoi qu'il en soit, on peut dire sans trop s'avancer que le retour de Killing Joke, absent depuis 1996, n'accuse pas le poids des années. En d'autres termes, c'est une grosse tuerie.

La pochette, un peu kitsch, toute en couleurs vives ou fluo, a une bien trompeuse apparence d'album amusant et gentillet. Car à l'intérieur, c'est un monde violent et noir qui accueille l'auditeur. Si pour l'album du retour, le chanteur a dans la voix le braillement élégant rappelant certains métalleux, le groupe n'en oublie pas moins qu'il a été punk. Autant dire que le monde et la société en prennent pour leur grade...
J'ai évoqué le métal et d'ailleurs, on pourrait s'amuser longtemps au jeu des sonorités : Mudvayne, Nine Inch Nails, Deftones, Fear Factory, Tool... des visions musicales parfois divergentes que Killing Joke mélange et nous livre pour notre plus grand bonheur. D'autant plus que le groupe n'est pas revenu les mains vides. Dans ses bagages, c'est Dave Grohl que l'on retrouve. A la batterie. Décidément, après Queen of the Stone Age, l'actualité est bien chargée pour l'ex-Nirvana.

Parlons un peu des titres. Le premier, Death and resurection show, est une excellente mise en bouche, avec ses guitares lourdes et sa lente montée en puissance. Total Invasion, qui suit, remet le couvert avec des effets de voix plus poussés, notamment en intro. Le troisième titre est un vrai morceau de bravoure : Asteroid, ses envolées vocales, ses "never shoot me down" violemment éructés et ses guitares qui partent à un train d'enfer. Un excellent titre sponsorisé par le Service de Nettoyage des Oreilles Bouchées qui laisse littéralement sur le flanc. Implant aurait pu être un morceau mudvaynien, combinant couplets calmes et refrains ruh... hurlés, où Jaz Coleman tient la note avec une aisance qui n'est pas sans rappeler Maynard James Keenan. Citons également Loose Canon et son obsédant refrain ou You'll never get to me, fausse ballade qu'il m'est impossible de décrire. Il faudrait que je demande à Loïc s'il connaît un mot pour désigner un flow bourrin mais qui a quand même l'air calme. Un morceau étonnant qui persiste longtemps en tête...

Si l'album est moins joyeux qu'il en a l'air, certains titres ont d'étranges relents de parodie, comme Dark Forces dont l'intro semble singer certains groupes death avant de partir dans des paroles assez glauques qui décidément ne donnent plus envie de rire.

Killing Joke pour son nouvel album nous offre une belle claque dont on ne sort pas indemne. Une sorte d'exutoire où le groupe semble cracher tout ce qu'il a sur le coeur avant, qui sait, de disparaître à nouveau pour quelques années. Après tout, c'est la marque des grands...
Un peu métal, un peu indus, parfois un peu death mais toujours punk dans l'âme, assurément une véritable bouffée d'oxygène pour qui cherche un album original un peu hybride dans ses styles musicaux. Et l'occasion rêvée pour se plonger dans la discographie antérieure de ces fous furieux d'Anglais, histoire de voir quand commença le chaos.

Killing Joke est un groupe parfois mal connu du grand public qui gagne à le devenir. Les blagues les plus courtes sont les meilleures dit-on. Esperons que celle-ci traîne encore quelques temps, en attendant la chute... mortelle.

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