7/10Katerine - Robots après tout

/ Critique - écrit par Vincent.L, le 11/04/2007
Notre verdict : 7/10 - Album-concept «borderline» (Ecrivez votre critique)

Temps de lecture estimé de l'article : 2 minute(s) - 5 réactions

Pour beaucoup, Philippe Katerine est une espèce de nouveau fou chantant. Un gars complètement barré qui propose des chansons débiles sans queue ni tête. Et pourtant, Katerine n'en est pas à son premier coup d'essai. En effet, il commence sa carrière au début des années 1990. Il propose alors une chanson française très influencée par la pop anglaise. Il appartient pendant dix ans à une vague de rock français assez peu médiatisée (dans laquelle on trouve entre autres Autour de Lucie, François Breut, Dominique A ou encore Bertrand Burgalat). De ses premiers albums, on peut notamment retenir L'Education anglaise (1994), Mes mauvaises fréquentations (1996) et le double album L'homme à trois mains/Les Créatures (1999), marqué par le single Je vous emmerde, premier véritable succès pour l'artiste.

Electro-disco-pop minimaliste rigolote

Après l'album 8ème ciel en 2002, la signature de plusieurs BO, la composition de titres avec sa compagne Hélena Noguera et des collaborations diverses, Philippe Katerine sort en 2005 le disque Robots après tout. Un disque qui en deux ans a acquis un impressionnant succès, allant jusqu'à être nommé dans plusieurs catégories aux Victoires de la musique 2007. Pourtant, ce Robots après tout est loin d'être son meilleur opus. Inspiré musicalement par Kraftwerk et Giorgio Moroder (si on veut vraiment trouver des références), c'est surtout un disque concept, rempli de second degré, d'anecdotes inintéressantes au possible et de délires qui sonnent parfois diablement juste. On pense notamment aux quatre (improbables mais réels) tubes que constituent Borderline, Après moi, Louxor j'adore et surtout 100 % VIP, largement repris comme jingle à la télévision. Ces quatre titres disco-pop sont très drôles et se moquent gentiment d'un milieu dans lequel le bonhomme semble désormais être bien rentré.

Mais l'artiste n'est pas que très cocasse. Les titres Numéros et 78.2008 montrent qu'il peut (presque) encore faire des titres sérieux. Ces plages mélodiques aux ambiances mélancoliques s'apprécient à un autre niveau que le reste des chansons. Car il faut l'avouer, à part pour le fantastiquement crétin Le train de 19h, les huit titres restants, avec leur electro-disco-pop minimaliste rigolote, lassent assez vite. En effet, même s'il est hilarant, le titre Le 20.04.2005 (sur une rencontre avec Marine Le Pen) est terriblement moche musicalement. Tout comme Titanic qui sonne volontairement faux, l'ultra couillon Patati Patata ! (à mourir de rire) ou encore le faussement minimaliste 11 septembre.

La question après un tel album est de savoir si Philippe Katerine va pouvoir se sortir du personnage complètement surexcité et extravagant qu'il s'est créé. Et surtout, savoir si la France (le grand public), pays de modes s'il en est, risque de le juger « has been » dès son prochain album.


Katerine - Robots après tout
01. Etres humains
02. Borderline
03. Numéros
04. Le train de 19h
05. Louxor j'adore
06. Le 20.04.2005
07. Titanic
08. 100% V.I.P.
09. Patati Patata !
10. Excuse-moi
11. Qu'est-ce qu'il a dit ?
12. 78.2008
13. Après moi
14. 11 septembre

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