8/10Julia Stone par les cornes

/ Critique - écrit par nazonfly (), le 06/06/2012
Notre verdict : 8/10 - Par les cornes (Ecrivez votre critique)

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On avait découvert l'Australienne Julia Stone dans le duo qu'elle faisait avec son frère Angus, Angus and Julia Stone, en 2007 avec l'album A book like this suivi par Down the way sorti en 2010. Leur version de You're the one that I want de Travolta et Newton-John avait même fait partie du troisième numéro des Reprises de poids.

Julia Stone, de son côté, a quitté un temps son frère pour un premier album solo en 2010, The memory machine. Deux ans plus tard, elle nous revient avec un nouvel effort personnel By the horns.

Une ouverture avec du lait bio

Bizarrement ce nouvel album débute par le titre le plus faible, Let's forget all the things we say (avec Benjamin Biolay). Non pas franchement que Julia Stone y
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soit pour quelque chose : les arrangements de corde passent plutôt bien, la belle voix chaude caresse l'oreille dans le sens du poil cilié. C'est donc du côté de Benjamin que ça pêche : franchement on a rien contre Biolay mais sa voix pas franchement mélodieuse a du mal à se mettre au niveau de la Miss Stone. Quand on laisse boucler le CD, la comparaison avec les deux chansons finales, By the horn et The line that ties me, est franchement au détriment de l'ouverture. On n'accusera pas Julia Stone de démarche marketing avec ce duo mais le choix de ce titre comme premier single de l'album est étrange.

Orage en sourdine

Au fil de By the horns, Julia Stone nous offre en tout cas différents exemples de sa palette : Bloodbuzz Ohio est une belle chanson folk où le monde se
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trémousse gentiment en sourdine derrière une voix bien mise en avant et reléguant la guitare, la batterie, la trompette, le piano en arrière-plan. Pour un peu, on comparerait presque ce titre avec l’œuvre de Moriarty. It's all okay prend un chemin différent par une petite ritournelle au piano qui boucle et boucle encore tandis que I'm here I'm not here verse dans la petite bluette romantique qui coule mieux que du miel. On s'enfonce ainsi dans une torpeur bienvenue qui atteint une sorte de climax dans l'orageux I want to live here. Il faut dire que la voix chaude de Julia, rappelant celle d'Alisan Shaw des Cranes, n'est pas pour rien dans cette atmosphère soyeuse comme une soirée d'été.

Au-dessus du vide

Mais c'est avec By the horn que l'album du presque même nom devient
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magnifique : cette voix est désormais complètement à la limite, au bord du gouffre, prête à chaque instant à se briser sur ce doux piano. Typiquement le style de chanson qui prend aux tripes, même si on peut regretter les chœurs un peu trop présents. Enfin The line that ties me enfonce le clou : presque plus de chœurs, plus de batterie, plus de guitare, juste ce piano larmoyant et cette voix douce toujours sur un fil tendu au dessus du vide. Et je vous en conjure : attendez quelques instants avant d'appuyer de nouveau sur le bouton de lecture de votre chaîne pour réécouter le début, le choc risque d'être rude.

Et n'oubliez pas de revenir sur Krinein en début de soirée pour le clip du duo Julia Stone/Benjamin Biolay.

Julia Stone – By the horns

01. Let's forget all the things we say (avec Benjamin Biolay)
02. Bloodbuzz Ohio
03. It's all okay
04. I'm here I'm not here
05. Justine
06. Break apart
07. With the light
08. I want to live here
09. By the horn
10. The line that ties me

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